Amazon continue de laisser ses employés souffrir malgré les blessures et arrêts de travail

Alexandre Boero Contributeur
06 avril 2019 à 20h49
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Entrepot

Le géant du e-commerce est régulièrement accusé de ne pas prendre soin des employés de ses centres de distribution dans divers rapports et témoignages.

Alors que l'activité dans les entrepôts d'Amazon aurait entraîné la mort de plusieurs travailleurs depuis 2013, la société fait face à un troublant témoignage relayé par The Guardian. Nos confrères britanniques ont dévoilé une enquête dans laquelle ils font état des conditions de travail difficiles au sein des locaux de la société et du manque de considération, de suivi et d'accompagnement financier dans les soins des salariés.

Renvoyée sur le terrain malgré la nécessité d'une opération

Michelle Quinones, 27 ans, a pris son poste de préparatrice de commandes en juillet 2017, dans un centre de distribution américain d'Amazon, situé à Fort Worth, au Texas. Pendant plusieurs mois, la jeune femme s'affère à remplir ses objectifs en respectant les taux obligatoires de commandes fixés par ses supérieurs.

Seulement, Michelle a commencé à souffrir des symptômes du syndrome du canal carpien (douleurs, engourdissements, picotements du poignet aux doigts). Elle est alors redirigée vers le centre médical interne d'Amazon, qui la renvoie malgré tout plusieurs fois sur le terrain. En novembre 2017, le syndrome prend de l'ampleur et impose alors à Michelle Quinones une opération du poignet pour réparer ses tendons, ce que l'assureur des accidents du travail d'Amazon n'a autorisé qu'en février... 2019, après une année devant les tribunaux.

Pas de reclassement proposé

« Cela fait 17 mois que ça dure. J'ai fini par tout perdre. J'ai perdu mon appartement. J'ai dû rentrer chez moi dans le New Jersey », a déclaré Quinones, qui a également dû laisser tomber l'université. La jeune femme indique avoir été contrainte de retourner travailler, sans qu'aucune tâche moins douloureuse pour son poignet et sa main, autrement dit un reclassement, ne lui soit proposée avant décembre 2018. Juste avant l'audience devant le tribunal.

Amazon, qui avait engagé un enquêteur privé pour surveiller son employée et tenter de bloquer les demandes d'indemnisation, indique suivre « toutes les lois sur l'indemnisation des travailleurs des États du Texas, et cette affaire n'est pas différente. Michelle n'est plus employée par Amazon, mais continue à avoir un gestionnaire de cas » pour l'accompagner. Une avocate texane, Kim Wyatt, précise pour sa part représenter régulièrement des employés d'Amazon ayant des problèmes similaires.

Les cadres d'Amazon aussi touchés

Les centres de distribution d'Amazon ne sont pas les seuls à être accusés. The Guardian rapporte le cas de Ronald Ashley, Responsable des ressources humaines d'Amazon, à la situation bien plus confortable donc, en poste au siège de Seattle. En février 2016, Ronald se fracture la colonne vertébrale en chutant lors d'un voyage d'affaires. Ses médecins établissent le diagnostic du patient, qui souffre également du VIH. Amazon refuse alors de lui verser des indemnités au-delà de trois mois d'invalidité. Pour Ronald Ashley, la situation se dégrade, tant sur le plan physique que sur le plan financier, ne pouvant plus assumer ses frais de santé.

L'homme démissionne en octobre 2016 et écrit à Jeff Bezos en personne le mois suivant. Le boss d'Amazon lui répond alors qu'il lui rétablit son statut d'employé d'Amazon. Ronald Ashley est décédé un mois plus tard d'une crise cardiaque, à seulement 53 ans.

Amazon a communiqué auprès du Guardian : « Les employés sont le cœur et l'âme de nos opérations et nous travaillons fort pour leur assurer un environnement de travail sûr, confortable et moderne, ainsi que des possibilités de mobilité ascendante ».

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