Les FAI étaient "à genoux devant Bouygues"

Thomas Pontiroli
15 mai 2016 à 19h31
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Cette actualité a rencontré un certain succès durant la semaine. Nous la republions aujourd'hui afin que ceux qui ne l'aient pas lue puissent le faire.

Dans la semaine qui a suivi l'échec de la méga-fusion des télécoms en France, les discussions ont continué dans le plus grand secret, rapporte le JDD. Orange, SFR et même Free et l'État se sont pliés en quatre pour tenter de convaincre Martin Bouygues de revenir sur sa décision, tombée comme un couperet vendredi 1er avril au soir.

Déçus que cette fusion ne puisse avoir lieu, tous les acteurs de la consolidation ont fait un dernier effort afin d'enlever les éléments de blocage qui, selon certains, étaient « des points de détail à l'échelle de l'opération ».
Ainsi Orange, qui se portait acquéreur de Bouygues Telecom, lui a proposé de prendre la plus grosse part de la pénalité en cas d'échec du rachat. SFR, de son côté, proposait de supporter davantage les garanties de passif.

Même Xavier Niel avait assoupli ses conditions

Xavier Niel, qui aurait multiplié les clauses suspensives afin de pouvoir se retirer à tout moment, et l'État - le ministre de l'Économie Emmanuel Macron en tête -, actionnaire inflexible d'Orange, ont aussi mis de l'eau dans leur vin. Free a finalement accepté de lever les conditions suspensives sur le transfert des antennes relais, selon le JDD. Quant à l'État, il était même prêt à ramener le gel de la participation de Bouygues à deux ans et demi.

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Martin Bouygues avait mis fin au duopole Itineris/SFR sur les télécoms en 1994 - Crédit : BT.


L'impression que Bouygues a « baladé »  tout le monde

« Martin Bouygues aurait pu nous demander n'importe quoi. On était à genoux devant lui », témoigne un cadre d'un des opérateurs au journal. « Il n'y avait plus d'obstacles, assure un des négociateurs. J'ai vraiment cru que l'opération aboutirait. » Que trois opérateurs et l'État aillent à Canossa ne suffira pas. Martin Bouygues refusa tout net ce nouveau paquet. Un proche arguant que « la confiance avec Xavier Niel a été rompue ».


Ce nouveau revers, alors que toutes les planètes étaient finalement alignées, a étonné les parties prenantes du dossier. Un proche d'Orange se demande même « si Bouygues ne nous a pas baladés depuis le début ». Une hypothèse est que Bouygues attend la présidentielle de 2017 pour reprendre les parts de l'État dans Orange.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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