En Chine, les milliards déferlent sur les VTC

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Uber et Didi Kuaidi sont à couteaux tirés en Chine où ils aspirent à un contrôle sans partage du marché des VTC. Tous deux sont soutenus par les plus grandes sociétés Internet locales.

Les capitaux déversés dans l'industrie chinoise des VTC en disent long sur les attentes des investisseurs. En l'espace de quelques jours, l'américain Uber et son rival chinois Didi Kuaidi ont respectivement levé 1,2 et 3 milliards de dollars. Le premier est soutenu par le Google chinois, Baidu. Le second - issu de la fusion de Didi Dache et de Kuaidi Dache en février - est porté par l'Amazon local, Alibaba, et le géant de l'Internet Tencent.

La levée de fonds d'Uber - la quatrième supérieure au milliard de dollars depuis le début de l'année ! - a été confirmée par son PDG et fondateur Travis Kalanick auprès du site chinois Sina.com, et relayée par Reuters. Celle de Didi Kuaidi, d'un montant sans précédent pour la société, a été rapportée par l'agence Bloomberg. Sa valorisation atteindrait désormais 16,5 milliards de dollars, contre 8 milliards pour l'entité chinoise d'Uber.

Forte poussée d'Uber en Chine

Les deux applications chinoises qui ont donné naissance à Didi Kuaidi avaient toutes deux été créées en 2012, trois ans après Uber. Selon le cabinet Analysys, elles seraient parvenues à contrôler 99 % du marché chinois des VTC en décembre 2014. Alors qu'elles ferraillaient pour gagner des parts de marché, elles ont décidé de lier leurs forces pour tenter de faire barrage à Uber. L'américain, présent en Chine depuis 2013 et soutenu par Baidu depuis fin 2014 à hauteur de 600 millions de dollars, a rapidement su gagner du terrain.


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En février 2015, Didi Dache et Kuaidi Dache ont fusionné pour mieux rivaliser avec Uber - Crédit : Beijingtoday.


Une étude de CNIT Research parue en juin dernier créditait l'américain de 8 % de parts de marché au premier trimestre 2015, et d'un peu plus de 11 % au second. Selon Travis Kalanick, cité par Bloomberg lors de la conférence Baidu World, Uber contrôlerait aujourd'hui au moins 30 % du secteur en Chine, contre 1 % en tout début d'année. Implanté dans une vingtaine de métropoles, il compte s'étendre à cent autres localités.

Le plan de défense de Didi Kuaidi

Pour s'efforcer de contenir la poussée d'Uber dans son pays, Didi Kuaidi devra « brûler du cash », selon les mots de son président, Jean Liu, également cité par Bloomberg. Pour que le modèle économique de la société survive, elle doit gagner une taille qu'il lui permettra d'atteindre la bonne structure de coûts. Sa technique pour endiguer l'exode de chauffeurs et de clients vers la concurrence : des primes et des courses gratuites.

Sur le plan commercial, Didi Kuaidi ne manque pas d'idées pour tenter de freiner la progression d'Uber. C'est le cas de Hitch, son service d'autopartage permettant aux chauffeurs occasionnels de partager leur trajet et leurs frais kilométriques. Plus récemment, le chinois a lancé des... bus. Valeur ajoutée, rapporte Recode : ils sont équipés de la climatisation et du Wi-Fi et se posent en alternative « premium » aux réseaux classiques.

L'américain aussi contesté en Chine

Dans ses cartons, Didi Kuaidi a également un service de partage de voitures ressemblant à UberPool, où les particuliers peuvent partager leur trajet avec plusieurs personnes. Autre innovation envisagée : commander un chauffeur sans voiture. Le but : qu'il conduise votre auto afin, par exemple, de vous ramener de soirée.

Didi Kuaidi profitera aussi de la... grogne contre Uber. Celle des conducteurs, dont une partie se plaint d'une baisse des primes d'incitation (tout comme chez le chinois d'ailleurs). Celle des taxis qui dénoncent, comme ailleurs, une concurrence déloyale. Et celle la justice, qui a récemment perquisitionné deux de ses bureaux.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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