La start-up néerlandaise TechTics a développé un robot autonome qui ramasse les mégots de cigarettes sur les plages

11 août 2021 à 18h30
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robot © TechTics
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Pour nettoyer les 4,5 billions de mégots jetés dans la nature chaque année, il va falloir une belle quantité de robots…

Vous êtes peut-être en train de vous prélasser sur une plage, et sans vouloir gâcher vos vacances, si vous jetez un coup d’œil autour de vous, il est probable que le sol soit jonché de mégots de cigarette. Si ce n’est pas le cas, estimez-vous chanceux : chaque année, plus de 4,5 billions de mégots, dont 23 milliards rien qu’en France, finissent dans la nature, et les plages ne sont bien sûr pas épargnées. Selon une étude brésilienne réalisée en 2019, ce serait même « la forme la plus fréquente d’objets personnels trouvés sur les plages ».

BeachBot, alias BB, le robot nettoyeur

Cette pollution n’est pas anodine, puisqu’un mégot de cigarette peut mettre jusqu’à 14 ans à disparaître. Au contact de l’eau, ces détritus sont susceptibles de libérer plus d’une trentaine de produits chimiques, qualifiés de « très toxiques » pour la faune et la flore aquatiques, mais également les humains par des scientifiques américains dans le cadre d’une étude datée de février dernier. Bien que l’éducation reste sans doute la méthode à préconiser, une entreprise néerlandaise nommée TechTics a conçu un petit robot qui pourrait aider à nettoyer les plages.

Le nom de ce chasseur de mégots qui traînent : BeachBot, abrégé BB. Sa paternité revient à Edwin Bos et Martijn Lukaart, cofondateurs de TechTics. Ils ont mis deux ans pour concevoir leur prototype. Le robot sillonne les plages à la recherche de carcasses de cigarette et les capture à l’aide d’une petite pince. Une fois sa « poubelle » interne pleine, il retourne à la base pour vider sa précieuse cargaison.

Pour rendre ce cheminement possible, les équipes de TechTics ont élaboré le premier algorithme de détection basé sur l'IA qui cible spécifiquement les mégots de cigarettes. Elles ont été épaulées par des étudiants de l'université technologique de Delft, aux Pays-Bas.

Comme souvent avec ce genre de tâche, le système implique un système d’apprentissage automatique. Le robot doit apprendre à reconnaître un mégot de cigarette à différents stades de décomposition grâce à des milliers de photographies de sa cible.

BB a besoin de vous

À ce stade, vous devez vous demander comment Edwin Bos et Martijn Lukaart vont obtenir une telle base de données. Vont-ils s’amuser à photographier tout mégot de cigarette croisé sur leur chemin ? Publier une annonce pour dénicher un fétichiste du mégot qui aurait consciencieusement établi un tel catalogue au fil des années ? Rien de tout cela ; ils ont opté pour Microsoft Trove . Cette application met en relation les développeurs d'IA et des preneurs de photos.

Concrètement, Microsoft Trove facilite la création de bases de données grâce à la collaboration : les gens inscrits prennent des clichés en échange d’une rémunération. Ici, elle s’élève à 25 centimes par image validée. En juillet dernier, TechTics avait obtenu environ 200 clichés. L’entreprise s’est fixé comme objectif d’en avoir 2 000. Finalement, les mégots que vous avez repérés tout à l’heure pourraient bien vous rapporter quelques deniers…

robotscan © TechTics
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Un robot qui n’est pas le messie

Toutefois, selon, Christian Liensberger, responsable du programme Trove, cette démarche ne doit pas être perçue uniquement par le prisme financier, mais aussi d'un point de vue éthique et moral. Il espère notamment que prendre des photos de déchets contribuera à sensibiliser le public.

Il met également en avant la satisfaction qui peut en découler : « […] beaucoup [de contributeurs de Trove] ont l'impression de faire partie d'une équipe, d'agir ensemble, d'aider réellement. Il est important pour les gens de contribuer à quelque chose de durable. Le robot fait tout le travail. Il va sur la plage, et c'est le héros du nettoyage. Mais pour nettoyer, il a besoin de toutes ces personnes qui lui fournissent des données cohérentes. Sans cela, le robot se heurtera à des situations nouvelles qu'il ne comprendra pas. Les machines comme celle-ci ne fonctionnent que grâce aux gens ».

Une idée partagée par Edwin Bos, qui prévient que son robot n’a rien d’une solution miracle : « Nous pensons que notre robot, en fin de compte, pourrait ne pas être la solution finale à ce défi, car le plus gros problème avec les déchets sauvages reste le comportement humain. Nous devons nous assurer qu'ensemble nous gardons nos plages propres. La partie la plus intéressante de notre concept est que nous avons une interaction homme-robot grâce à laquelle le public peut aider à rendre les robots plus intelligents ».

10 mégots ramassés en 30 minutes...

Il faut dire que BB n’est pas vraiment une foudre de guerre actuellement : en 30 minutes, il ne ramasse qu’une dizaine de mégots de cigarette. Sa batterie lui offre une autonomie d’environ une heure.

Malgré tout, pour épauler BB dans sa mission et le rendre plus efficace, TechTics lui fabrique deux comparses dans le but de les faire œuvrer en trio. Ces « deux petits assistants » se focaliseront sur la détection.

Tout ceci n’est qu’une étape pour Edwin Bos : « Nous commençons par les mégots de cigarettes. C'est l'objet le plus jeté dans la nature au monde. À l'avenir, nous voulons que les robots puissent détecter d'autres types de déchets ».

À terme, il souhaite que les robots travaillent de manière autonome en étant alimentés par l'énergie solaire. Bref, si dans quelques années, vous croisez un robot en train de fureter autour de votre serviette de plage, ne soyez pas trop surpris.

megot © TechTics
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Source : Microsoft

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