Thunderbolt sous Windows

03 août 2012 à 17h00
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C'est en septembre 2009 qu'Intel dévoile pour la première fois au public, à l'occasion d'un IDF, une nouvelle interface d'interconnexion alors baptisée LightPeak. Il s'agit pour le fondeur de démontrer qu'il est possible d'offrir des débits bien supérieurs aux interfaces actuelles et notamment face à l'USB 3.0, dont il est pourtant l'un des principaux instigateurs. Et si le projet alors présenté par Intel a pour nom de code LightPeak, c'est en partie parce qu'il est question à l'époque d'utiliser de la fibre optique dans les interconnexions.

Pour sa première apparition LightPeak impressionne : Intel fait en effet la démonstration de deux systèmes reliés par un câble en fibre optique d'une longueur de trente mètres au débit de 100 Gb/s et faisant circuler flux vidéos 1080p, copies de fichiers sur des SSD en RAID et autres transferts de données en réseau.

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Avant Thunderbolt, le prototype Lightpeak montré à l'IDF 2009


D'une démonstration technologique, avec son PCB custom et ses straps à tout va, LightPeak devient un produit fini début 2011 lorsqu'Apple, qui a participé à son développement, intègre ce qu'il convient désormais d'appeler la technologie Thunderbolt à ses MacBook. L'anecdote dira que c'est Steve Jobs lui-même qui a choisi le nom Thunderbolt pour cette nouvelle interface. Une interface qui voit son débit limité à 10 Gb/s et l'usage de la fibre optique cantonné à certains câbles spécifiques non encore disponibles à l'heure où nous publions ces lignes. Un an après l'apparition des premiers Mac équipés de Thunderbolt, et alors que les périphériques compatibles ne sont toujours pas légion, Thunderbolt arrive timidement dans le monde Windows. Tour d'horizon.

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Thunderbolt : la technologie

Pour bien comprendre le fonctionnement de la technologie Thunderbolt, le plus simple est de penser à un gros tuyau qui repose sur les normes PCI-Express et DisplayPort et dans lequel on peut faire circuler in-fine tout type de protocoles (USB, Gigabit Ethernet, Serial-ATA, FireWire, etc). Car Thunderbolt n'est au final qu'un tunnel qui achemine du trafic d'un point à un autre, quel que soit la nature du trafic.

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Pour l'heure, Thunderbolt nécessite un contrôleur dédié puisqu'aucun chipset de carte mère n'intègre nativement l'électronique nécessaire au fonctionnement de l'interface. Un contrôleur que l'on retrouve côté PC mais également sur chaque périphérique Thunderbolt. Tandis que la technologie Thunderbolt s'appuie largement sur le PCI-Express, les contrôleurs actuels, tous signés Intel, sont à la norme PCI-Express 2.0. Il faudra vraisemblablement attendre une prochaine génération de contrôleur pour profiter du PCI-Express 3.0.

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Contrôleur Intel Thunderbolt


Dans les faits, si nous sommes tentés de vulgariser en disant que Thunderbolt n'est qu'un câble PCI-Express, le contrôleur en question communique en réalité avec le reste du système via deux interfaces : d'un côté le PCI-Express, de l'autre le DisplayPort. Précision d'importance, la communication DisplayPort se fait entre le contrôleur et le chipset de la carte mère et ne fait intervenir à aucun moment la partie graphique du CPU.

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Schéma interconnexions Thunderbolt


Ce double choix PCI-Express et DisplayPort permet à Thunderbolt de véhiculer des données mais également un flux vidéo. Dès lors, on peut envisager diverses applications, notamment pour les fabricants d'ordinateurs portables qui peuvent facilement déporter une partie de l'électronique du côté d'un écran optionnel. Cela dans le but de réduire la taille de leur carte mère, et donc in-fine l'encombrement de leurs machines. Le meilleur exemple pour illustrer ce propos reste l'Apple Thunderbolt Display, un écran qui intègre le FireWire 800, l'USB, le son et même le réseau en Gigabit Ethernet, le tout étant opérationnel en branchant entre son Mac et l'écran un seul et unique câble.

En termes de débit, la norme Thunderbolt dans son implémentation actuelle offre une bande passante de 10 Gb/s dans chaque sens. Dans les faits on atteint donc les 1,2 Go/s de bande passante théorique par voie. En face, l'USB 3.0 plafonne à 4,8 Gb/s théoriques soit plus ou moins 600 Mo/s. Et l'on retrouve dans Thunderbolt l'une des grandes idées du SCSI ou du FireWire par exemple : la possibilité de faire du daisy-chain. Autrement dit de brancher un périphérique Thunderbolt à un autre périphérique Thunderbolt pour peu que la connectique soit au rendez-vous. Au total, ce sont jusqu'à six périphériques Thunderbolt qui peuvent être raccordés à la chaîne dont un seul et unique écran.

Thunderbolt : connectique et câbles

La connectique utilisée par la norme Thunderbolt est connue puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'un connecteur Mini DisplayPort. Ce choix est assez intelligent et permet d'utiliser un port Thunderbolt pour relier un moniteur utilisant l'interface DisplayPort alors que le connecteur reste compatible avec les adaptateurs VGA/DVI/HDMI, etc.

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Du côté des câbles, on retrouve pour l'instant un seul type de câble en cuivre. Un câble qui est généralement coûteux : une cinquantaine d'euros ! Un prix qui s'explique par le fait que le câble intègre à chaque extrémité un composant électronique nettoyant le signal afin de soutenir les débits annoncés. C'est du reste la raison pour laquelle chaque extrémité du câble s'avère chaude au contact des doigts. La longueur maximale des câbles en cuivre pour Thunderbolt ne peut excéder 6 mètres. Autre considération, les câbles Thunderbolt véhiculent du courant et peuvent alimenter des périphériques jusqu'à 10 Watts.

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Les câbles optiques dont nous parlions plus haut sont attendus pour cette année à en croire Intel. Ils devraient permettre de véhiculer les données sur de plus grandes distances alors qu'à l'avenir l'optique semble la seule solution viable pour faire grimper les débits de Thunderbolt. Il est intéressant de noter qu'Intel a fait le choix pour les câbles optique de placer l'électronique nécessaire à chaque extrémité du câble. De fait, tout ordinateur pourvu d'un connecteur Thunderbolt pourra accueillir des câbles optiques.

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Thunderbolt sous Windows

La beauté de Thunderbolt sous Windows c'est l'absence totale de pilote dédié. Il n'y a en effet aucun pilote à installer pour le contrôleur Thunderbolt de votre système. Une différence singulière avec les contrôleurs USB 3.0 et leurs pilotes non encore intégrés au sein de Windows (ni même sur Windows Update).

S'il n'y pas de pilote pour l'interface Thunderbolt et son contrôleur en tant que tel, il faudra bel et bien installer des pilotes pour les périphériques externes Thunderbolt que vous relierez à votre système. Tous ne le requièrent pas, mais nos disques de test, comme le LaCie LittleBigDisk ou le G-Raid Thunderbolt, exigent un pilote pour leur contrôleur Serial-ATA embarqué de marque Marvell. Par défaut, lors de leur premier branchement, les disques en question sont reconnus comme des périphériques AHCI standard et sont opérationnels dès le redémarrage de Windows. Si l'on peut se contenter de ce mode de fonctionnement, l'installation du pilote Marvell permet de booster les performances particulièrement sur le LittleBigDisk de LaCie avec ses deux SSD où notre débit moyen en lecture passe de 405 Mo/s à 445 Mo/s une fois le pilote installé sous CrystalDiskMark.

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Windows 7 x64 SP1 : les disques Thunderbolt et leur pilote Marvell


Du reste, un périphérique comme l'adaptateur Thunderbolt vers Ethernet Gigabit d'Apple nécessite l'installation d'un pilote dédié, en l'occurrence le pilote Broadcom pour le contrôleur réseau intégré. Nous avons pu vérifier son bon fonctionnement après quelques tâtonnement pour le téléchargement du bon pilote Windows.

Quid du branchement à chaud ?

Pour nos tests, nous avons eu recours à deux plateformes Windows 7 dotées de l'interface Thunderbolt. Qu'il s'agisse de l'Ultrabook Acer S5 ou de la carte mère DZ77RE-75K d'Intel, les BIOS de présérie ne permettaient pas le branchement/débranchement à chaud des périphériques Thunderbolt sous Windows, l'opération se soldant invariablement par un écran bleu. Toutefois les dernières versions de firmware proposées par Acer mais également par Intel pour sa carte mère sont revenues sur ce problème. De sorte qu'il est maintenant possible de brancher ou débrancher un périphérique Thunderbolt sans provoquer le plantage de Windows. Un bon point, même si dans les faits, de temps à autre, notre système a pu freezer lors du retrait d'un périphérique de la chaîne Thunderbolt par exemple. Reste un détail ennuyeux chez Asus, avec la P8Z77-V Pro Thunderbolt, le retrait sous Windows d'un périphérique Thunderbolt entraîne un écran bleu et ce même avec le dernier BIOS disponible au moment du test.

Quelle carte mère pour Thunderbolt ?

Depuis le lancement de la plateforme Ivy Bridge par Intel, les modèles de cartes mères compatibles Thunderbolt commencent à fleurir deçi delà. Il s'agit pour l'heure exclusivement de modèles à base de chipset Intel Z77. Ainsi Asus, MSI mais aussi Intel ont notamment ajouté à leurs catalogues des cartes mères pourvues de l'interface Thunderbolt.

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Asus P8Z77-V Pro Thunderbolt

Asus propose notamment à son catalogue la P8Z77-V Pro Thunderbolt, une carte mère à chipset Z77, socket LGA-1155 et connectique Thunderbolt. Sans surprise, cette carte mère propose moult fonctionnalités à la Asus, du Wi-Fi embarqué au DTS en passant par le VirtuMVP ou la prise en charge SLI et CrossFireX. Dotée de connecteurs HDMI, DVI et VGA, la carte propose de l'USB 3.0 via un contrôleur ASMedia additionnel mais aussi un contrôleur Serial-ATA supplémentaire pour gérer un total de huit ports SATA.

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Asus P87ZZ-V Pro Thunderbolt


Le détail... c'est que cette richesse en terme d'I/O peut se faire moyennant sacrifice. Le sacrifice se faisant sur les performances Thunderbolt. Un réglage du BIOS permet en effet de choisir entre un câblage 2x du contrôleur Thunderbolt ou 4x. Si ce dernier mode offre des performances théoriques plus élevées au Thunderbolt, cela s'entend sans certains des contrôleurs additionnels Asmedia qui sont alors désactivés (USB 3.0 et Serial-ATA 6 Gb/s notamment). Durant nos tests nous n'avons pas réussi à mesurer l'apport du mode 4x versus le mode 2x : que ce soit avec un disque seul (ce qui paraît logique) ou avec notre chaîne Thunderbolt composée de trois disques en RAID 0 et un déplacement de fichiers vers ces trois volumes.

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Choix du débit pour le contrôleur Thunderbolt : 2 ou 4 lignes PCI-Express


Dans un autre registre, cette P8Z77-V Pro Thunderbolt a le très mauvais goût de disposer de quatre ports USB 3.0 physiques dont deux seulement sont identifiés pour brancher clavier et souris USB. Du coup pour installer Windows depuis une clé USB il faut obligatoirement relier l'unique équerre USB 2.0 livrée pour y brancher votre clé USB histoire d'éviter le message d'erreur de pilote CD/DVD absent au démarrage de l'installation de Windows 7.

Asus ThunderboltEX

Asus propose même une carte d'extension pour ajouter l'interface Thunderbolt à sa carte mère. Oui mais voilà, la carte fille ThunderboltEX n'est compatible qu'avec les cartes mères Asus, et plus particulièrement les cinq modèles aujourd'hui pourvus d'un connecteur baptisé « TB Header » par le fabricant. En effet la carte fille se connecte en PCI-Express, via un connecteur 4x, mais exige également le branchement d'un câble propriétaire qui nécessite la présence d'un connecteur dédié sur la carte mère. A date, seules les cartes mères Asus Maximus V Gene, Sabertooth Z77, P8Z77-V Deluxe, P8Z77-V PRO et P8R77-V sont compatibles avec la carte ThunderboltEX. A noter qu'Asus livre sa carte fille avec un câble DisplayPort qui permet de récupérer le signal vidéo pour le ressortir sur l'interface Thunderbolt. Hélas aucun câble Thunderbolt n'est fourni.

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Carte fille Asus ThunderboltEX : seulement compatible avec les cartes Asus pourvues du TB Header


Intel DZ77RE-75K

Pour nos tests, nous avons retenu la carte mère d'Intel, la DZ77RE-75K. Similaire, pour ne pas dire identique à la DZ77GA-70K que nous vous présentions à l'occasion du lancement de la plate-forme Ivy Bridge, cette carte profite nativement de la connectique Thunderbolt. Pour cela, Intel utilise son propre contrôleur de seconde génération, nom de code Cactus Ridge, un modèle sobrement baptisé dans la nomenclature officielle du fondeur Intel L3310L CIO 10 Gb Controller. On retrouve du côté des sorties, un port Thunderbolt.

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Carte mère Intel DZ77RE-75K

Les périphériques Thunderbolt

Pour ce dossier, nous avons eu à cœur de réunir un maximum de périphériques Thunderbolt. Si malheureusement le Thunderbolt Display n'a pas pu rejoindre notre sélection, nous avons pu tester intensivement diverses solutions de stockage.

LaCie Little Big Disk

Chez Lacie par exemple nous avons pu nous familiariser avec le Little Big Disk, un disque externe de 240 Go, assez compact, et intégrant deux SSD Intel de la série 330, chacun d'une capacité de 120 Go. Nécessitant une alimentation externe, le Little Big Disk dispose de deux connecteurs Thunderbolt et ne propose hélas aucune autre interface. Il embarque un ventilateur assez bruyant alors que le châssis en aluminium a tendance à s'échauffer au fil des heures. Niveau design on retrouve la patte de Neil Poulton avec une façade sobre et un œil bleu qui s'illumine dès la mise en marche de l'ordinateur et clignote lors des accès disque. Un clic sur ce bouton éteint ou allume le disque, selon son état.

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L'électronique interne du Little Big Disk est notamment constituée d'un contrôleur Intel Thunderbolt de première génération et d'une puce Serial-ATA Marvell 88SE9182. Alors que la puce Marvell n'est pas de première jeunesse et bien qu'elle soit câblée sur deux lignes PCI-Express 2.0 1x et compatible Serial-ATA 6 Gb/s, l'ensemble est bridé au Serial-ATA 3 Gb/s. LaCie nous explique avoir opéré ce choix pour des raisons de stabilité.

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Performances du Little Big Disk sous CrystalDiskMark


Annoncé pour des débits de 480 Mo/s en lecture, le Little Big Disk est loin de tirer parti des deux SSD Intel qu'il renferme, la faute au bridage en Serial-ATA 3 Gb/s. CrystalDiskMark nous donne une vitesse de lecture théorique moyenne de 435 Mo/s contre 263 Mo/s en écriture. A noter que sous Windows 7, le RAID propre aux deux SSD du Little Big Disk se configure depuis les outils d'administration système où nous créons un volume agrégé par bande autrement dit une grappe RAID 0.

LaCie 2big

Le 2big de LaCie porte bien son nom ! Ce périphérique de stockage externe affiche certes d'autres ambitions que le Little Big Disk, mais il le fait au détriment des critères d'encombrement. On retrouve le design Neil Poulton avec un châssis en aluminium usiné à la manière d'un radiateur et une façade dépouillée avec un œil bleu lumineux. Un appui long sur le bouton allume ou éteint le disque.

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Le 2big nécessite une alimentation électrique externe et renferme deux disques durs conventionnels. Il offre une capacité de stockage de 4 To pour le modèle que nous avons testé (une déclinaison 6 To est proposée). L'interface Thunderbolt est de mise et ne cherchez-pas une autre connectique. ..

Côté disques durs, LaCie utilise des Baracuda de Seagate, tous deux en 7200 tours/minute. L'électronique du disque est semblable au Little Big Disk avec toujours un contrôleur Marvell 88SE9182. Il est intéressant de noter que les disques durs sont échangeables puisque LaCie a eu la bonne idée de les placer dans des racks parfaitement manœuvrables par l'utilisateur. Comme le Little Big Disk, le 2big dispose d'un système de refroidissement heureusement plus discret en fonctionnement.

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Performances du 2big sous CrystalDiskMark


En termes de performances, LaCie évoque un débit moyen de 319 Mo/s en écriture et 327 Mo/s en lecture. Nos tests confirment les bonnes performances en lecture avec 325 Mo/s alors que le débit en écriture est sensiblement moindre : 263 Mo/s selon CrystalDiskMark.

G-Technology G-RAID Thunderbolt

Filiale d'Hitachi, G-Technology propose diverses solutions de stockage externe dont le G-RAID que nous avons testé. Il s'agit ni plus ni moins que d'un boîtier externe renfermant deux disques durs et utilisant l'interface Thunderbolt. Aux allures de périphériques Mac, le G-Raid utilise un châssis en aluminium brossé qui inspire confiance dans sa fabrication. Le métal perforé devrait aider à une bonne ventilation des disques (un ventilateur thermorégulé est présent au cœur du dispositif) alors que le logo frontal s'illumine en blanc dès que le disque est mis sous tension.

Contrairement aux disques LaCie qui ne disposent pas de bouton On/Off, le G-RAID propose un tel commutateur sur sa face arrière. Cette dernière propose, outre le connecteur d'alimentation pour le transformateur externe, deux connecteurs Thunderbolt... et point final. A noter une différence majeure avec le 2big : quand LaCie propose des disques extractibles, les disques du G-RAID sont fixes.

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La version que nous avons retenue pour nos tests était le modèle 4 To équipé de deux disques durs de 2 To, des disques signés logiquement Hitachi en 7200 tours/minute et Serial-ATA 6 Gb/s avec 32 Mo de cache. Comme pour le 2big de LaCie, il vous faudra créer vous-même un RAID 0 depuis l'outil de gestion des disques de Windows pour profiter des débits supérieurs. A noter que G-Technology utilise un composant Serial-ATA Marvell, modèle 88SE9182, identique à ceux des disques LaCie.

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Performances du G-RAID Thunderbolt sous CrystalDiskMark


Contrairement à LaCie, G-Technology n'annonce pas de débit pour son G-RAID Thunderbolt. Toutefois, selon nos tests, le système peut atteindre des performances maximales théoriques de 234 Mo/s en écriture et 294 Mo/s en lecture. C'est légèrement moins bon qu'avec le 2big de LaCie donc.

Les performances

Pour tester les performances de l'interface Thunderbolt, nous avons utilisé la configuration détaillée ci-après :
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  • Carte mère Intel DZ77RE-75K (BIOS 0045),
  • Processeur Intel Core i5 2400,
  • 4 Go (2x 2 Go) Mémoire DDR3-1600 Corsair @ 1600,
  • SSD Intel Serie 180 Go
  • RAID 0 Intel Serie 520 240 Go
L'ensemble fonctionnait sous Windows 7 x64 SP1 avec les dernières mises à jour Windows et les derniers pilotes Intel (nous utilisons le graphique intégré Intel).

Nous l'avons vu plus haut, aucun de nos périphériques Thunderbolt n'est en mesure ne serait ce que de taquiner les limites de l'interface mise au point par Intel. Quand celle-ci est capable sur le papier d'un débit maximum théorique de 2,5 Go/s, notre disque le plus rapide, le LaCie Little Big Disk affiche 435 Mo/s en lecture et en vitesse de pointe.

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Débit pile RAID 0 Intel Serie 520


Quant à notre pile RAID 0 interne à base de SSD exploitant l'interface Serial-ATA 6 Gb/s, ses débits s'établissent comme suit : 994 Mo/s en lecture, 531 Mo/s en écriture. Du coup, nous allons tirer parti de ce débit généreux en lecture pour envoyer simultanément le même ensemble de fichiers (une image disque de 14 Go) à nos trois dispositifs Thunderbolt.

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Bilan des courses, si les performances en écriture de notre LittleBigDisk sont inférieures aux disques durs externes Thunderbolt, on arrive tout de même à exploiter une partie de la bande passante Thunderbolt : alors que notre source peut débiter un maximum de 994 Mo/s, notre opération de copie flirte avec les 630 Mo/s. A défaut de pouvoir saturer les 2,5 Go/s de Thunderbolt, cette exemple par la pratique montre bien l'intérêt de l'interface et l'une de ses applications potentielles.

Limitations

Au-delà des considérations de débit, de performances et d'implémentation, sans même parler des problèmes de branchement à chaud, ce dossier a permis de mettre en lumière certaines limitations de Thunderbolt ou de ses périphériques. Un point quand même sur les performances : le choix offert par le BIOS d'Asus d'allouer 2 ou 4 lignes PCI-Express au contrôleur illustre un problème réel. Comment les contrôleurs Thunderbolt des Ultrabooks sont-ils câblés ? Sur 2 ou 4 lignes PCI-Express ? Si aujourd'hui l'impact est limité avec les périphériques actuels, qu'en sera-t'il demain ?

Au-delà, on aura noté qu'aucun de nos volumes Thunderbolt ne peut être utilisé comme un disque de boot sur nos machines Windows. De plus, il n'est pas possible d'installer Windows directement sur l'un de ces volumes. Pire, si d'aventure vous utilisez un disque Thunderbolt sur Mac, il faudra le reformater pour l'utiliser sous Windows, la gestion des RAID étant différente sur les deux OS, sans parler des types de partition. Et ce ne sont pas là nos seules déconvenues.

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Branchement sous MacOS X du Little Big Disk de LaCie utilisé habituellement sous Windows


Le fait que le RAID soit géré par Windows de manière dynamique induit des surprises : il suffit parfois de mélanger l'ordre des périphériques sur la chaîne Thunderbolt pour que les volumes RAID n'apparaissent plus dans le poste de travail. Un tour s'impose alors dans les outils d'administration de Windows et la gestion de disque pour « migrer » ces disques et regagner un accès, sans perte de données heureusement.

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Windows 7 et les disques dynamiques : il faut parfois les importer


Nous avons également cherché à connecter deux ordinateurs Windows en Thunderbolt. Pour cela nous avons simplement branché un câble Thunderbolt entre notre plateforme Asus P8Z77-V Pro Thunderbolt et notre système Intel DZ77RE-75K. Il ne se passe tout simplement rien. Aucun nouveau périphérique n'est reconnu, et l'assistant transfert des paramètres de Windows ne donne rien. Impossible donc d'utiliser sur Windows la connectique Thunderbolt entre deux machines pour transférer très rapidement des données. Du moins pour le moment. Notez que sous Mac, on observe le même comportement sauf en passant l'un des deux Mac en mode Target au boot, donnant ainsi accès à l'intégralité de son disque dur depuis le second Mac.

Signalons également un effet de bord de Thunderbolt : puisque la connectique transmet des signaux vidéo, l'électronique des dispositifs que l'on peut chaîner en Thunderbolt doit disposer des composants nécessaires pour séparer le flux vidéo et rediriger le reste des données. C'est ainsi que nos trois disques LaCie et G-RAID se voient tous pourvu d'un PCB complexe avec moult multiplexeurs notamment. Pour l'utilisateur final cela ne change rien sauf bien sûr le prix ! Ces puces additionnelles ont un coût qui risque ne pas aider à la démocratisation de Thunderbolt.

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PCB d'un périphérique Thunderbolt avec support du daisy-chain : moult composants pour la partie vidéo


Conclusion

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Lancée dans un premier temps sur les Mac, la technologie Thunderbolt arrive enfin sur PC. Techniquement, l'interface mise au point par Intel est assurément prometteuse d'autant que les performances théoriques sont sans commune mesure face à ce que proposent les autres interfaces d'interconnexion comme l'USB 3.0 par exemple. Sans compter que Thunderbolt peut véhiculer des flux vidéo, ouvrant des perspectives intéressantes aux utilisateurs professionnels notamment.

Si Thunderbolt nous comble côté performances, il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui c'est le seul point positif de cette interface. Pour le reste, les périphériques Thunderbolt sont à l'heure actuelle trop peu nombreux, trop onéreux et ce alors même que les machines compatibles Thunderbolt sont rares. Seulement quelques Ultrabooks et une poignée de cartes mères pour la plupart armées du chipset Z77 d'Intel. Pour les autres, pas moyen d'adjoindre une carte fille Thunderbolt sauf dans le cas très précis des cartes mères Asus avec carte fille optionnelle. Et que penser du fait que l'interface d'interconnexion haut de gamme d'Intel ne soit pas disponible sur sa plateforme haut de gamme Sandy Bridge Extreme avec les cartes mères X79 ?

Au-delà de ces considérations, il est également notable qu'aujourd'hui tout l'écosystème Thunderbolt est façonné par le Mac. De fait, tous les dispositifs que nous avons pu tester s'ils fonctionnent sous Windows nécessitent l'installation de pilotes spécifiques non fournis par leur fabricant pour en tirer le plein potentiel. Si l'on comprend qu'Apple ne fournisse pas de pilote Windows pour son Gigabit Ethernet Adapter, on s'interroge sur l'absence de pilote Marvell Windows dans les pages du constructeur LaCie...

Malgré des produits à la finition léchée, LaCie ne convainc guère avec son Little Big Disk par exemple. Les SSD qu'il renferme sont effectivement bridés en Serial-ATA 3 Gb/s, offrant de fait des performances plus que modestes alors que les 240 Go sont facturés au prix fort 749 euros TTC (3 euros le giga donc) pour 430 Mo/s en lecture, loin, très loin de saturer l'interface Thunderbolt. Le constat est similaire pour les solutions de stockage LaCie 2big et G-RAID à base de disques durs. Seuls leurs prix plus digestes, et encore c'est vite dite pour LaCie (549 euros tout de même mais pour 4 To soit 13 centimes d'euros le gigaoctet) compense quelque peu leurs performances. Des performances qui auraient fort bien pu s'accommoder de l'USB 3.0.

En bref, Thunderbolt se doit de mûrir. Tant du côté de la stabilité, les branchement / débranchements ayant parfois des effets indésirables, que du côté de la prise en charge. Si le contrôleur Thunderbolt en tant que tel n'a pas besoin de pilotes et est reconnu nativement par Windows 7, ce n'est pas le cas des périphériques. Mais c'est surtout du côté des périphériques qu'il faudra convaincre : un RAID 0 de disques durs en Thunderbolt n'a pas d'intérêt sur le plan des performances, encore moins si la seule interface proposée par le boîtier est le dit Thunderbolt (pas très pratique si d'aventure on voudrait partager ses données avec une machine non Thunderbolt). Du côté de l'écosystème, le risque est grand de voir s'opérer un renfermement, trop élitiste, trop contrôlé finalement par Apple. Et ce risque nous donnerait potentiellement un nouveau FireWire 800 que même Apple a fini par abandonner. Enfin il faut arrêter avec le délire des câbles à 50 euros : quand bien même les justifications techniques, un câble ne peut pas coûter ce prix là !

Thunderbolt a donc du chemin à faire, et nous aurons un œil attentif sur l'évolution de cette technologie dans les mois à venir. D'autant que la fibre optique devrait bientôt rejoindre la proposition de valeur de l'interface.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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