Intégré à Internxt Drive, Internxt Cleaner promet de débarrasser l’ordinateur de ses fichiers inutiles en quelques clics. Un bonus a priori pratique, qui nous a pourtant réservé quelques surprises, et pas les meilleures.

Notre avis sur Internxt Cleaner. © Clubic
Notre avis sur Internxt Cleaner. © Clubic

Autour de son service de stockage chiffré, Internxt construit progressivement un écosystème européen tourné vers la confidentialité et la souveraineté numérique. Après le VPN et l’antivirus, l’éditeur espagnol a aussi glissé un nettoyeur dans les paramètres de Drive. Caches, journaux, fichiers temporaires : le module trouve vite de quoi faire le ménage. Il faut toutefois savoir précisément ce que l’on supprime, car ici, pas de retour en arrière possible. Testé sur Windows et macOS, Internxt Cleaner nous a surtout rappelé qu’un bouton « Nettoyer » ne suffit pas à faire un bon outil.

Internxt Cleaner : installation et prise en main

Comme Internxt Antivirus et Internxt VPN, Internxt Cleaner n’est pas un logiciel indépendant. Le module se trouve dans les paramètres du client Internxt Drive, aux côtés des options de synchronisation, de sauvegarde et de compte. Une fois le bon menu repéré, il suffit de lancer une analyse pour obtenir une estimation de l’espace susceptible d’être libéré.

Le nettoyeur répartit les éléments détectés dans plusieurs catégories. Sur Windows, on retrouve les caches d’applications, les fichiers journaux, le stockage web et le cache web, ainsi qu’une rubrique consacrée aux données propres au système. Toutes sont cochées par défaut.

Sur Windows, Internxt Cleaner coche tout par défaut. À vous de faire le tri. © Clubic
Sur Windows, Internxt Cleaner coche tout par défaut. À vous de faire le tri. © Clubic

Le comportement diffère sur macOS, où seuls les caches d’applications et du web sont présélectionnés, tandis que les journaux, la corbeille et le stockage web restent désactivés. Internxt n’explique pas cette différence de traitement entre les deux systèmes.

L’interface paraît simple au premier abord, mais se montre rapidement peu pratique dès que l’on cherche à contrôler le nettoyage, comme nous l’avons appris à nos dépens.

Sur macOS, Internxt Cleaner se montre un peu moins pressé de tout supprimer. © Clubic
Sur macOS, Internxt Cleaner se montre un peu moins pressé de tout supprimer. © Clubic

Internxt Cleaner : analyse des résultats

À l’issue du scan, Internxt Cleaner affiche le volume total récupérable, puis permet d’ouvrir chaque catégorie pour en consulter le contenu. Le niveau de détail reste toutefois très limité. Sur Windows comme sur macOS, les résultats prennent la forme d’une succession de noms de fichiers, d’extensions, de journaux et d’identifiants techniques qui ne parleront guère à la plupart des utilisateurs et utilisatrices.

Le nettoyeur n’indique par ailleurs ni le chemin complet des éléments, ni l’application à laquelle ils sont rattachés, ni leur rôle, ni la raison pour laquelle leur suppression serait recommandée. Les intitulés les plus longs sont tronqués dans une fenêtre impossible à agrandir, ce qui empêche non seulement de lire leur nom en entier, mais aussi d’identifier leur format, donc de comprendre de quel type de fichier il s’agit. Aucun indicateur ne permet non plus de distinguer un cache sans enjeu d’une donnée dont l’effacement pourrait entraîner une déconnexion, la perte d’un historique ou la réinitialisation d’un réglage.

Une rubrique ouverte, les autres sélections passent au second plan. Et les noms tronqués n’aident pas. © Clubic

La présentation visuelle générale n’est guère plus instructive. Un cadran coloré représente les catégories sélectionnées et évolue à mesure que l’on coche ou décoche les différentes rubriques. À défaut de légende, il faut toutefois deviner à quoi correspond chaque segment. La visualisation se contente finalement de répéter des volumes déjà indiqués dans la liste, sans aider à déterminer ce qui peut être supprimé sans risque.

Internxt Cleaner : sélection et nettoyage

Internxt Cleaner permet au moins de décocher chaque élément individuellement. Cette souplesse reste cependant difficile à exploiter, faute d’informations suffisantes. Par là même, l’organisation de l’interface complique encore la vérification. Une fois une catégorie ouverte, son contenu prend presque toute la place et le parcours pousse naturellement à lancer le nettoyage après avoir terminé sa sélection dans cette rubrique. Les autres catégories cochées sont pourtant toujours prises en compte, sans que rien ne le rappelle explicitement.

Nous en avons fait les frais lors de notre essai sur Windows. Après avoir conservé un seul fichier temporaire dans la catégorie consultée, nous avons poursuivi le parcours sans voir que les autres rubriques étaient encore sélectionnées. Internxt Cleaner a donc supprimé 130 fichiers, soit 14,2 Mo. Sans conséquence majeure sur notre machine de test, l’erreur pourrait se révéler bien plus gênante sur un ordinateur utilisé au quotidien.

130 fichiers et 14,2 Mo avaient déjà disparu quand nous avons compris notre erreur. Nettoyage interrompu en urgence. © Clubic

La fenêtre de confirmation prévient pourtant bien que la suppression est définitive et ne peut pas être annulée. Elle n’indique toutefois ni les catégories concernées, ni le nombre de fichiers, ni le volume qui sera effacé. Aucun point de restauration, passage par la corbeille ou autre solution de récupération n’est proposé. Après coup, le bilan se contente d’indiquer le nombre de fichiers supprimés et l’espace libéré, sans préciser lesquels ont disparu. Une absence de précautions problématique pour une opération irréversible, à plus forte raison quand l’interface favorise elle-même les erreurs de sélection.

Internxt Cleaner prévient que la suppression est définitive, mais oublie de rappeler ce qui va disparaître. © Clubic

Que fait Internxt Cleaner de plus que les outils intégrés à Windows et macOS ?

La comparaison avec les recommandations de nettoyage intégrées à Windows ne tourne pas à l’avantage d’Internxt Cleaner. Car si les volumes restent difficiles à mettre en regard, les deux outils ne recherchant pas nécessairement les mêmes fichiers, leur manière de présenter les résultats est radicalement différente.

Lors de nos essais, Windows ne présélectionnait aucun des éléments proposés, décrivait les conséquences de chaque suppression et fournissait, pour les fichiers personnels, leur chemin, leur taille et parfois leur date de dernière ouverture. Les téléchargements, la corbeille et les fichiers synchronisés dans le cloud faisaient en outre l’objet d’avertissements explicites.

À côté, les recommandations de nettoyage de Windows prennent le temps d’expliquer ce qu’elles proposent. © Clubic

Sur macOS, le parallèle est moins direct, le système ne permettant pas de sélectionner manuellement les caches système et applicatifs. Ses réglages de stockage classent toutefois les fichiers par catégories et facilitent le repérage des éléments volumineux ou inutilisés. macOS efface également de lui-même les historiques et les caches dont la suppression est jugée sans risque lorsque l’espace vient à manquer.

En l’état, difficile donc d’identifier ce qu’Internxt Cleaner apporte face aux outils déjà intégrés aux deux systèmes, plus prudents et plus pédagogiques.

Internxt Cleaner : confidentialité et transparence

Le client Internxt Drive, qui intègre le module de nettoyage, est open source, ce qui permet en théorie d’examiner son fonctionnement.

La documentation consacrée à Internxt Cleaner se révèle en revanche très sommaire. Elle explique comment lancer une analyse et supprimer les éléments détectés, mais ne précise pas si les noms et chemins de fichiers, les résultats du scan ou l’historique des nettoyages peuvent être enregistrés ou transmis avec les diagnostics du client. Internxt conserve bien des journaux locaux dans Drive, mais ceux-ci mélangent les activités des différents modules et ne constituent pas un rapport exploitable pour l’utilisateur.

Internxt Cleaner semble donc fonctionner localement, ce qui rassure sur le sort des fichiers analysés. L’éditeur reste en revanche flou sur les données techniques enregistrées ou transmises avec les diagnostics. Aucun problème de confidentialité n’est établi, mais la transparence laisse à désirer.

Internxt Cleaner : prix

Comme pour l’antivirus et le VPN, impossible d’acheter Internxt Cleaner sans souscrire à Internxt Drive. Le module est réservé aux formules Premium et Ultimate, proposées à partir de 19,99 € HT par mois pour 3 To de stockage chiffré, facturées à l’année.

L’avis de la rédaction sur Internxt Cleaner

Internxt Cleaner repère bien les caches, journaux et autres fichiers temporaires, puis permet de les décocher un à un avant suppression. Son fonctionnement apparemment local et son intégration à un client open source jouent également en sa faveur. Malgré tout, ces qualités peinent à compenser des résultats obscurs, des intitulés tronqués et un manque d’explications qui empêchent de savoir précisément ce que l’on s’apprête à effacer.

Le principal problème résulte essentiellement de l’interface, qui favorise les erreurs alors même que le nettoyage est définitif. Catégories présélectionnées, absence de récapitulatif avant validation, aucun moyen de restaurer les fichiers et bilan trop vague après coup : Internxt Cleaner demande de valider presque à l’aveugle une opération irréversible, sans filet de sécurité en cas de pépin. Face aux outils intégrés à Windows et macOS, plus explicites et mieux encadrés, ce bonus rudimentaire ne justifie pas un abonnement à Internxt Drive. Il ne constitue pas non plus un critère décisif si vous hésitez entre Internxt Drive et une autre solution de stockage.

Internxt Cleaner
    4.3 / 10

    Internxt Cleaner analyse caches, journaux et fichiers temporaires depuis le client Internxt Drive, puis permet de choisir les éléments à supprimer un par un. L’outil fonctionne, mais son interface peu claire, ses résultats difficiles à interpréter et l’absence de récapitulatif ou de restauration rendent le nettoyage risqué. Face aux fonctions déjà intégrées à Windows et macOS, ce bonus peine à justifier à lui seul une formule Premium ou Ultimate.

    Les plus
    • Analyse réalisée localement
    • Sélection possible fichier par fichier
    • Client Internxt Drive open source
    • Choix par défaut plus prudents sous macOS
    • Intégré directement à Internxt Drive
    Les moins
    • Toutes les catégories présélectionnées sous Windows
    • Résultats obscurs, tronqués et dépourvus de contexte
    • Interface propice aux erreurs de sélection
    • Aucun récapitulatif précis avant suppression
    • Nettoyage irréversible, sans restauration possible
    • Bilan trop vague après l’opération
    • Peu d’intérêt face aux outils intégrés à Windows et macOS
    • Réservé aux formules Premium et Ultimate