Connu pour son stockage cloud chiffré, Internxt intègre aussi un antivirus à son écosystème. Accessible sur Windows, macOS et Linux, le module entend renforcer l’offre du fournisseur espagnol sans prendre la forme d’un logiciel indépendant.

Fondée en 2020 à Valence, Internxt s’est d’abord fait connaître avec un service de stockage cloud chiffré conçu comme une alternative européenne à Google Drive, Dropbox et OneDrive. L’entreprise espagnole cherche désormais à bâtir un écosystème de services orienté confidentialité et souveraineté numérique, dans lequel se côtoient stockage et synchronisation, transfert de fichiers, VPN, outil de nettoyage et protection contre les malwares.
Dans cet ensemble, Internxt Antivirus n’existe pas comme un produit indépendant. Internxt ne propose pas non plus d’antivirus gratuit : le module est directement intégré à l’application de bureau Internxt Drive et accessible avec les forfaits compatibles. Disponible sur Windows, macOS et Linux, il permet d’analyser l’ensemble de l’ordinateur ou des fichiers choisis, puis de supprimer les menaces détectées. Son code public révèle une intégration de ClamAV, le moteur antivirus open source maintenu par Cisco Talos. Une proposition à part, pensée comme le prolongement d’une offre de stockage cloud plus que comme une suite de sécurité à part entière.
Installation et prise en main d’Internxt Antivirus
Sans grande surprise, l’installation suit un parcours classique : création du compte, téléchargement depuis le tableau de bord Internxt, puis exécution de l’application. Une fois l’opération terminée, un didacticiel propose de faire le tour du logiciel ou de passer directement à l’interface… Au moment même où Windows affiche une notification promotionnelle pour la licence à vie d’Internxt. À peine vient-on d’ouvrir son portefeuille que le service cherche déjà à nous vendre autre chose. Pas très élégant.

La suite entretient le flou. En cliquant sur le bouton de téléchargement de l’antivirus, on s’attendait naturellement à installer un logiciel dédié. C’est pourtant Internxt Drive qui se lance, sous la forme d’un client de synchronisation logé dans la zone de notification. On se retrouve donc face à ses dossiers et à ses sauvegardes, sans trop comprendre où est passé l’antivirus. Il faut ouvrir les paramètres du client, puis rejoindre le menu dédié pour enfin le trouver.
Une fois le bon menu trouvé, nouvelle déconvenue : Internxt Antivirus se résume à deux boutons. « Analyse du système antivirus », formulation assez bancale censée lancer une analyse globale, et « Analyse personnalisée », qui permet de sélectionner un fichier ou un dossier. Pas de réglages avancés ni d’autres modes visibles ici. Il semblerait donc que l’on soit davantage face à un scanner à la demande qu’à un antivirus au sens classique du terme.

L’ergonomie ne facilite pas vraiment les choses. Fermer la fenêtre d’Internxt Drive fait aussi disparaître celle de l’antivirus, et même épinglée à la barre des tâches, l’application ne se rouvre pas toujours. Il faut alors retourner la chercher dans la zone de notification. Un fonctionnement inutilement laborieux pour un outil qui ne propose déjà presque aucun réglage.
Lors de nos essais, interrompre une analyse a également suffi à faire planter l’interface sur Windows, au point de devoir relancer le client, tandis que sur macOS, notre abonnement n’a pas été reconnu au premier lancement. Une déconnexion suivie d’une reconnexion a finalement débloqué l’antivirus.
Protection en temps réel et détection d’Internxt Antivirus
On ne fera pas durer le suspense : Internxt Antivirus ne propose pas de protection en temps réel. Ici, pas de surveillance continue du système ; il faut déclencher soi-même une analyse générale ou ciblée.
Internxt ne le présente pourtant pas comme un simple scanner. Sur son site, l’éditeur promet une protection avancée contre les malwares, le phishing et les ransomwares, et évoque même une protection complète de l’appareil et des fichiers. Des formules qui cadrent mal avec un module limité aux analyses manuelles et à la suppression des menaces détectées. Aucun outil consacré au phishing ou à la surveillance des ransomwares n’apparaît dans l’application.
Le scanner repose sur ClamAV, un moteur antimalware open source maintenu par Cisco Talos et surtout pensé pour être intégré à d’autres logiciels, serveurs ou passerelles de messagerie. ClamAV ne se présente d’ailleurs pas comme une suite de sécurité complète, mais comme un outil d’analyse de fichiers que les éditeurs peuvent intégrer à leurs propres produits.
Difficile toutefois d’en apprécier l’efficacité réelle. Ni Internxt Antivirus ni ClamAV ne disposent de résultats récents chez AV-TEST ou AV-Comparatives. Les rares évaluations directes du moteur remontent à 2015, bien trop anciennes pour juger sérieusement ses performances aujourd’hui. Nos essais permettent donc surtout d’évaluer le fonctionnement de son intégration, pas d’en déduire un taux de détection global.
Performances et impact système d’Internxt Antivirus
Pour évaluer son impact, nous avons testé Internxt Antivirus sur un PC portable sous Windows 11, équipé d’un AMD Ryzen 7 3700U, de 8 Go de RAM et d’un SSD de 500 Go, ainsi que sur un MacBook doté d’une puce Apple M1, de 8 Go de mémoire vive et de macOS 26.5.2.
Sous Windows, l’analyse générale n’a jamais voulu démarrer, malgré plusieurs relances du client. L’analyse personnalisée s’est montrée à peine plus coopérative : impossible de sélectionner directement la racine du disque C, et le choix de plusieurs dossiers ne permet pas de savoir clairement ce qui est réellement pris en compte. Le scanner a tout de même fini par parcourir 10 138 fichiers en 10 minutes et 24 secondes, soit environ 16 éléments par seconde. Une cadence correcte, sans être remarquable, qu’il reste difficile de comparer faute d’indication sur le volume total et la nature des fichiers analysés.
Mesurer l’impact du scan se révèle tout aussi compliqué. Dans le Gestionnaire des tâches, le client de synchronisation et le module antivirus se confondent dans une série de processus estampillés « Internxt », sans qu’aucun ne permette d’identifier clairement le scanner. Impossible, dès lors, d’isoler proprement sa consommation de celle de Drive et de la synchronisation. À l’usage, les ralentissements ne font pourtant aucun doute : le PC perd nettement en fluidité, et l’interface d’Internxt devient particulièrement poussive pendant l’analyse.
L’expérience est plus convaincante sous macOS, mais pas franchement légère. Le processus clamscan apparaît explicitement dans le Moniteur d’activité, ce qui permet cette fois de suivre précisément les ressources mobilisées. L’analyse d’un peu plus de 10 000 fichiers s’est achevée en 15 minutes et 43 secondes. La charge processeur a tourné autour de 90 %, soit presque un cœur pleinement mobilisé, tandis que la mémoire a dépassé 1 Go. Malgré cette consommation élevée, le Mac est resté fluide pendant toute l’opération, contrairement au PC sous Windows.
Transparence et confidentialité d’Internxt Antivirus
Internxt Universal Technologies est établie à Valence, en Espagne, et relève donc du RGPD. Côté antivirus, l’éditeur affirme que les analyses sont réalisées localement et qu’aucune donnée liée aux fichiers examinés ne quitte l’application. Un fonctionnement cohérent avec l’intégration de ClamAV, exécuté directement sur la machine. Une promesse rassurante pour un outil amené à parcourir une grande partie des fichiers stockés sur l’ordinateur.
La politique de confidentialité prévoit des clauses générales sur l’analyse de l’usage des services, qui peut notamment porter sur l’adresse IP et les performances de l’application. Elle ne comporte toutefois aucune information propre au module antivirus. Internxt ne précise pas si les noms ou chemins de fichiers, leurs empreintes, l’historique des scans ou les diagnostics sont enregistrés, transmis ou conservés, ni pendant combien de temps.
Depuis juin 2026, le client Windows intègre également Sentry, un service de suivi des erreurs. Internxt ne documente ni les informations intégrées aux rapports, ni leur durée de conservation, ni les mesures prises pour en retirer d’éventuelles données liées aux fichiers. Aucun réglage ne permet par ailleurs de désactiver l’envoi de diagnostics ni de savoir précisément quelles données techniques remontent à l’éditeur. Pour un service qui a fait de la confidentialité sa carte de visite, on attendait beaucoup mieux.
Fonctionnalités additionnelles d’Internxt
Internxt Drive reste le cœur de l’offre, avec stockage chiffré, synchronisation et sauvegarde des fichiers. Le Cleaner, intégré au même client de bureau, repère les fichiers inutiles ou en double avant de proposer leur suppression, sans véritable possibilité de retour en arrière.
Le VPN fonctionne à part, sous la forme d’une extension pour Chrome et Firefox. Il couvre cinq pays au maximum et ne protège que le trafic du navigateur, sans aucun réglage avancé. Lors de notre test dédié, il s’est aussi montré vulnérable aux fuites WebRTC.
Prix et positionnement d’Internxt Antivirus
Internxt commercialise trois abonnements annuels, réglés mois par mois. Les tarifs mis en avant sur le site ne valent que pour le premier prélèvement, avant un passage au plein tarif dès le mois suivant. Tous les prix sont affichés hors taxes.
- Essential : 1,99 € HT le premier mois, puis 9,99 € HT/mois pour 1 To, avec sauvegarde, VPN limité à la France et antivirus ;
- Premium : 3,99 € HT le premier mois, puis 19,99 € HT/mois pour 3 To, avec en plus le Cleaner, la gestion des versions, le partage et Meet ;
- Ultimate : 5,99 € HT le premier mois, puis 29,99 € HT/mois pour 5 To, avec WebDAV, CLI, NAS, Rclone et cinq pays pour le VPN.
La première année revient ainsi à 111,88 € HT pour Essential, 223,88 € HT pour Premium et 335,88 € HT pour Ultimate. Ces tarifs peuvent encore se défendre pour du stockage chiffré zero-knowledge, beaucoup moins si l’on vient d’abord chercher un antivirus. Impossible d’y souscrire séparément : il faut payer pour l’ensemble de l’écosystème afin d’accéder à un scanner sans protection en temps réel, presque dépourvu de réglages et particulièrement instable sous Windows.
Une fois la TVA ajoutée, Essential revient à environ 134 € la première année pour 1 To. À titre de comparaison, pCloud facture de son côté près de 177 € TTC par an pour 2 To, option de chiffrement zero-knowledge comprise. Le concurrent reste plus cher, mais double l’espace disponible et propose un service de stockage plus abouti. Sans antivirus, certes, mais au vu des limites d’Internxt Antivirus, l’argument pèse assez peu.
Les formules à vie sont actuellement proposées à 380 € HT pour 1 To, 580 € HT pour 3 To et 780 € HT pour 5 To. Internxt les présente face à des prix barrés de 1 900 € HT, 2 900 € HT et 3 900 € HT, soit une réduction affichée de 80 %. Des montants de référence tellement élevés qu’ils semblent surtout là pour rendre la promotion spectaculaire. Même remisées, ces offres restent un pari sur la pérennité d’un éditeur encore jeune et sur le suivi de modules qui manquent aujourd’hui de maturité.
L’avis de la rédaction sur Internxt Antivirus
Internxt Antivirus a au moins le mérite d’être clair sur son ambition une fois qu’on a réussi à le trouver : analyser des fichiers à la demande, localement, à l’aide de ClamAV. Sur macOS, le scanner fonctionne correctement et la machine reste utilisable pendant l’analyse, malgré une consommation de ressources élevée. Comme outil d’appoint inclus dans Drive, il peut rendre service.
Le problème, c’est qu’Internxt le présente comme une protection complète contre les malwares, le phishing et les ransomwares, alors qu’il lui manque l’essentiel : pas de surveillance en temps réel, aucun module dédié au phishing ou aux ransomwares, presque aucun réglage, aucun résultat indépendant récent et une intégration particulièrement instable sous Windows. À cela s’ajoutent une ergonomie laborieuse et une politique de confidentialité trop vague sur les diagnostics et les données techniques remontées par l’application.
Nous ne le recommandons donc ni comme solution de sécurité principale, ni comme unique raison de souscrire à Internxt. Pour protéger réellement son ordinateur, mieux vaut s’en remettre aux protections intégrées de macOS ou à Microsoft Defender sur Windows ou, quitte à payer, se tourner vers une suite complète et éprouvée comme Bitdefender, ESET, G DATA ou F-Secure, toutes européennes, ou vers des références internationales comme Avast et Norton.
- moodPas d'essai gratuit
- phishingPas d'anti-phishing
- local_atmPas d'anti-ransomware
- groupsPas de contrôle parental
Internxt Antivirus est davantage un scanner à la demande qu’un véritable antivirus. Intégré à Internxt Drive et fondé sur ClamAV, il analyse les fichiers localement et fonctionne plutôt correctement sur macOS. L’absence de protection en temps réel, le manque de réglages et les nombreux problèmes rencontrés sous Windows l’empêchent toutefois de remplacer Microsoft Defender ou une suite de sécurité complète.
- Analyses réalisées localement
- Moteur ClamAV open source
- Prise en main très simple une fois le module trouvé
- Inclus dans l’abonnement Internxt Drive
- Aucune protection en temps réel
- Interface et réglages réduits au strict minimum
- Intégration confuse dans Internxt Drive
- Nombreux problèmes de stabilité sous Windows
- Aucun résultat indépendant récent sur l’efficacité
- Peu d’informations sur les diagnostics et les données techniques collectées
- Impossible d’y souscrire séparément ou d’utiliser un antivirus gratuit