Yamaha présente trois amplificateurs rétro et des enceintes pour les audiophiles

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
08 avril 2020 à 09h00
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© Yamaha

Les amplificateurs A-S1200, A-S2200 et A-S3200 ainsi que les nouvelles enceintes NS-3000 reprennent certaines technologies haut de gamme développées par la marque.

Il est l'heure de nous plonger dans l'univers audiophile à la Japonaise. Si Yamaha n'est peut-être pas la première marque à vous venir à l'esprit, son expérience plus que centenaire s'est pourtant construite au fil de produits grand public et haut de gamme. Développée depuis quelques années, sa série 5000 a déjà été l'occasion d'affirmer son expérience en la matière avec un amplificateur, une platine vinyle ou encore une paire d'enceintes... Que du haut de gamme au design rétro.

Un socle commun, une philosophie toute japonaise

Les trois amplificateurs présentés par la marque, très proches car présentés dans des châssis quasi-identiques, sont des exemples probant de l'approche de la marque japonaise.

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© Yamaha

Tout d'abord, le côté rétro du design, fleurant bon ce qui se pratiquait dans les années 60-70 : une façade épurée en aluminium, des réglages à base de potards et de commutateurs, mais surtout la présence des bons vieux VU-mètres analogiques. Petit bonus, les trois modèles accueillent une prise Jack 6,35 mm pour raccorder un casque audio.

Autre point assez caractéristique du haut de gamme Yamaha : le développement de composants dédiés à cette série d'amplificateurs (même s'ils sont ici principalement issus de la série 5000). Le gros transformateur torique et les condensateurs de filtrages de l'amplificateur M-5000 (uniquement pour le A-S3200) ont ainsi été imaginés et fabriqués par Yamaha, à l'instar de nombreux petits composants.

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© Yamaha

Sans trop entrer dans les détails, le reste de la fiche technique et descriptive s'ancre totalement dans ce que l'on attend d'amplificateurs haut de gamme. Une architecture tout en composants discrets (par opposition aux petits composants CMS) et facilement réparables, une topologie dual-mono isolant le canal gauche et le canal droit sur des circuits respectifs et, d'une manière générale, une séparation de chaque étage de l'amplificateur sur des cartes dédiées.

Les trois amplificateurs disposent d'un étage phono (pour les platines vinyles), adapté aux cellules à aimant mobile et à bobine mobile. Pour rappel, cet étage se différencie d'un préamplificateur classique par son gain plus élevé (de par la nature peu sensible des cellules phono) ainsi que par la mise en place d'une correction dite « RIAA ». Cette dernière permet de prendre en compte l'égalisation appliquée à un vinyle lors de son pressage.

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© Yamaha

Toutefois, même s'ils sont très proches dans leur conception, les amplificateurs se différencient sur quelques points précis.

Le A-S2200 ne présente qu'une véritable différence notable avec le A-S1200, à savoir la présence d'une entrée double XLR trois broches, connectique associée aux amplifications symétriques. (EDIT) Prise XLR ou non, le fonctionnement des 3 amplificateurs se base sur une technologie de Yamaha appelée Floating and Balanced Power Amplifier, laquelle symétrise le signal et sépare les circuits d'alimentation de la terre (alimentation flottante). Cette méthode d'amplification est également connue sous la dénomination Circlotron depuis les années 50 (la techno étant un peu adaptée par Yamaha).

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© Yamaha

Une autre différence, difficilement quantifiable et toujours un peu brumeuse, est l'utilisation d'un câblage de raccordement bornier-amplificateur « plus haut de gamme » sur le S2200. En façade, un petit switch supplémentaire permet de basculer entre les modes aimant mobile et bobine mobile. Un second commutateur permet de gérer le gain de l'amplification casque. Enfin, on note la présence de pieds en laiton plaqué argent, une touche de luxe que la marque justifie également par une meilleure isolation mécanique. Un concept qui se défend, tout en flirtant largement avec la sphère ésotérique de l'audio, pour ne pas dire autre chose.

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© Yamaha / un châssis dans le châssis pour le haut de la gamme

Le A-S3200, qui fonctionne également en symétrique, va encore un peu plus loin dans l'approche haut de gamme. Ainsi, la marque intègre un châssis interne dans le châssis principal, afin d'isoler le bloc d'alimentation dans un espace blindé (blindage électromagnétique) tout en upgradant les condensateurs de filtrage, et rajoute, pour le support, les pieds de l'amplificateur M-5000 (de la série 5000 donc).

Cette simple (enfin pas si simple) différence alourdit de près de 2 kg le S3200 par rapport au S-2200, soit 24,7 kg au lieu de 22,7 kg. Oui, nous parlons d'assez beaux bébés.

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© Yamaha

N'oublions pas la douloureuse note :

  • Yamaha A-S1200 : 2 200 euros
  • A-S2200 : 3 300 euros
  • A-S3200 : 6 000 euros

Mais avant de crier au vol face à ces tarifs très élevés, rappelons qu'il s'agit de produits de niche, en tous cas de séries bien plus réduites qu'un produit plus grand public. Pour les intéressés, les trois amplificateurs seront disponibles dans le courant du mois d'avril.

Une enceinte en cerise sur le gâteau

Ne partez-pas si vite ! Il faut bien une paire d'enceintes dédiées pour faire sonner l'un de ces trois amplificateurs. En l'occurrence, les NS-3000 sont directement dérivées des modèles très haut de gamme NS-5000 (15 000 euros la paire).

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© Yamaha

La marque est un peu plus avare en détails quant à ces modèles, mais nous savons néanmoins qu'il s'agit d'enceintes au format bibliothèque (plus petite que le format colonne), mais plutôt destinées à reposer sur un piétement dédié, un élément en métal livré en standard. Leur topologie n'est pas de trois voies, comme sur la NS-5000, mais de deux voies, ce qui signifie ici que les basses/médiums et les aigus sont assurés par deux haut-parleurs distincts.

Ici, la membrane des deux haut-parleurs est en zylon, un polymère très avancé que Yamaha n'hésite pas à comparer au béryllium (métal très rare utilisé sur les tweeters haut de gamme ou les casques Utopia/Stellia de Focal) en termes de rapidité de propagation mécanique.

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© Yamaha

La séparation en deux voies est assurée par un filtre propriétaire, développée de A à Z par Yamaha. Cet élément, à priori simple, peut pourtant faire toute la différence (surtout lorsqu'il est mal conçu), car il doit à la fois séparer les gammes de fréquences (à une fréquence de coupure donnée) tout en dosant son approche.

Basé sur un boomer (basses/médiums) de 16 cm et un tweeter de 3 cm de diamètre, la marque annonce une réponse en fréquence de 39 Hz - 60 kHz (relevée à +- 10 dB) et une puissance nominale de 60 W (puissance de crête de 120 W).

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© Yamaha

Terminons sur les dimensions et le poids du produit (à l'unité) : 244 x 394 x 326 mm pour 13,1 kg. Il faudra également vous armer d'un peu plus de patience, puisque la NS-3000 n'arrivera qu'en juillet de cette année. Pour le tarif : 8 200 Euros la paire (très haut de gamme donc), auquel il faudra rajouter 1 000 pour la paire de pieds dédiés.
Modifié le 15/04/2020 à 20h15
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