Music Maker 15 & Sequel 2: face à face en musique

Stéphane Ruscher
Spécialiste informatique
18 novembre 2008 à 15h56
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A l'ère de MySpace et YouTube, n'importe qui peut créer un morceau de musique, le mettre en ligne et le partager (potentiellement) avec des millions d'utilisateurs. Néanmoins, plusieurs conditions sont nécessaires. D'abord, il est bon de rappeler à toute fin utile qu'il peut être avantageux de savoir chanter, jouer d'un instrument ou composer quelque chose d'à peu près harmonieux (la précision est importante, car on serait parfois tenté de penser que certains artistes ont sauté cette étape). Ensuite, il faut les bons outils. Ici, on ne parle pas forcément de Cubase, Pro Tools et autres Logic Studio réservés aux professionnels. S'il s'agit simplement de mettre ses créations en ligne, un simple logiciel « grand public » peut suffire pour enregistrer sa voix, sa guitare et éventuellement quelques boucles ou instruments MIDI, virtuels ou non.

Pour trouver de tels logiciels, il n'est pas nécessaire de se ruiner. Les deux outils que nous allons tester dans les pages suivantes sont commercialisés à moins de 100 euros. Le premier, Music Maker 15 Premium, est assez connu dans son genre. Son éditeur, Magix, propose de nombreux logiciels de création multimédia, mais Music Maker reste le produit le plus emblématique de la marque. Conçu à la base comme un simple logiciel d'assemblage de boucles pré-enregistrées, Music Maker a su évoluer au fil de ses versions et s'impose aujourd'hui comme un logiciel relativement complet au regard de son bas prix. La version 15, qui coïncide avec le 15e anniversaire de la société berlinoise, entend apporter son lot d'améliorations annuel. En face, on trouve le géant Steinberg, plus connu pour ses solutions pour professionnels (Cubase, Wavelab, Nuendo...) que pour son intérêt pour le grand public (même si l'éditeur allemand a proposé par le passé des logiciels grand public comme Cubasis ou Clean). Avec Sequel, disponible pour Windows et Mac OS X, Steinberg joue explicitement sur le terrain de Music Maker. La version 2 du logiciel est sortie cet été, l'occasion pour nous de le comparer à Music Maker 15. Lequel de ces deux outils fera de vous une rock star ? La réponse dans les pages qui suivent.

Magix Music Maker 15 Premium

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Magix fait partie des éditeurs qui mettent un point d'honneur à publier une nouvelle version de leurs logiciels par an. Cette démarche n'est pas forcément judicieuse dans la mesure où elle force parfois les éditeurs à ajouter des fonctionnalités de manière un peu artificielle, afin de justifier le passage à une nouvelle version. Cela devient d'autant plus compliqué que Magix Music Maker en est déjà à sa quinzième version, et propose aujourd'hui un éventail de fonctionnalités particulièrement complet, aussi bien pour la création de musique à base de boucles que pour l'enregistrement de pistes MIDI et audio. C'est donc avec un peu d'appréhension que l'on installe cette version 15...

Interface

Au premier abord, peu de choses semblent avoir changé par rapport à Magix Music Maker 2008 : l'interface ressemble à s'y méprendre à celle de son prédécesseur et on retrouve ainsi la disposition classique du type GarageBand ou Acid : le banc de montage des pistes dans la partie supérieure, la bibliothèque de son dans la partie inférieure et les contrôles entre les deux. Chaque piste comporte une partie « Timeline » et un panneau de réglage permettant de paramétrer son volume sonore, de la désactiver ou de la jouer en solo, de l'activer pour l'enregistrement ou encore de lui appliquer des effets. On notera tout de même un léger nettoyage de l'interface, moins chargée en icônes, et des couleurs moins agressives : le banc de montage abandonne le blanc de la version précédente pour des tons de bleus jurant moins avec le reste de l'interface et les clips sont agrémentés d'effets de reflet façon Aero, plutôt agréables.

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La principale nouveauté dans l'interface de Music Maker 15 réside en fait dans l'ajout d'un nouveau mode Easy. Celui-ci permet, comme son nom l'indique, de faciliter l'utilisation du logiciel aux néophytes. Concrètement, il masque automatiquement un certain nombre de fonctionnalités jugées trop avancées, et propose une fenêtre d'information assez bien faite : en passant la souris sur chaque élément de l'interface, elle affiche des informations sur leur fonctionnement. Le mode Easy part d'une bonne idée, mais il faut savoir qu'il limite considérablement les fonctionnalités du logiciel, et ne conviendra réellement que dans un but d'initiation, qui devrait être assez rapide puisque même en mode « avancé », Music Maker demeure très simple d'utilisation.

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Le mode Easy permet d'expliquer le fonctionnement de certains modules aux néophytes


Assemblage de boucles

Le but premier d'un logiciel comme Music Maker est l'utilisation de boucles pré-enregistrées pour assembler rapidement un morceau. Les puristes hurleront évidemment au scandale mais comme lors du test précédent, on leur rappellera que l'on n'a pas forcément besoin d'être Jimi Hendrix ou Jean-Sébastien Bach pour créer rapidement une bande son destinée à un montage ou une maquette (on pourra toujours créer ses propres sons par la suite), et dans ces cas, les boucles proposent un point de départ intéressant. Magix Music Maker 15 propose, dans sa version premium, une bibliothèque de 3 500 boucles pré-enregistrées. Comme pour les versions précédentes, celles-ci sont réparties en plusieurs styles, avec une prédominance des genres électroniques et urbains (techno minimale, ambient, chillout, hip hop, R&B...) et quelques genres plus traditionnels tels que le rock ou la BO de film, ce dernier proposant des boucles particulièrement dramatiques du meilleur effet (timbales, chevauchées héroïques...). L'interface permet de sélectionner très facilement les boucles : on sélectionne un genre, puis un type d'instrument (basse, batterie, pads, séquences...), puis enfin une des boucles proposées. Par rapport à la version 2008, on remarquera une amélioration dans le classement des boucles : il est désormais possible, dans de nombreux cas, de sélectionner jusqu'à 7 tonalités différentes, ce qui permet de varier considérablement les « compositions », plutôt que de se limiter à une seule tonalité tout le long du morceau.

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La bibliothèque de sons est assez efficace pour accéder aux boucles rangées par genre musical


Un simple clic sur une boucle permet d'écouter celle-ci dans le contexte du morceau, si ce dernier est en cours de lecture : l'intérêt d'un tel logiciel est en effet de permettre l'ajustement automatique du tempo des boucles sans distorsion du son. Une fois glissées/déposées sur une des pistes, leur longueur est ainsi automatiquement calée pour coller au tempo. Les blocs peuvent être déplacés, copiés, ou redimensionnés. En quelques clics, vous pouvez ainsi créer une base à partir de deux ou trois boucles (une ligne de basse, un rythme et une séquence par exemple), et créer rapidement une structure en les déplaçant ou les copiant de manière à créer des refrains ou des couplets...

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Ajout d'instruments et de voix

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Une fois la structure du morceau créé, il est possible de le personnaliser en ajoutant ses propres mélodies et même ses propres voix et instruments acoustiques ou électriques, à condition de disposer du matériel adéquat. Au niveau des instruments, Music Maker 15 propose un panel assez complet de sonorités à travers plusieurs modules virtuels, qui permettent de se passer (toutes proportions gardées) de synthétiseurs, de boites à rythmes et même d'instruments acoustiques. Pour les amateurs de musique électronique, on trouvera principalement deux modules particulièrement intéressants. Le premier, déjà présent dans la version précédente, est le synthétiseur Revolta. Celui-ci est inspiré des synthétiseurs analogiques que l'on trouve fréquemment dans la musique électronique, et qui permettent de créer des sons à partir de forme d'ondes simples (sinus, carré, dents de scie, triangle) modulées par des filtres et des amplificateurs. La création de sons analogiques est assez ludique et permet de « sculpter » le son en modifiant les réglages des potentiomètres, mais si vous ne vous sentez pas l'âme d'un designer sonore, de nombreuses préselections sont proposées.

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Le synthétiseur Revolta reproduit le fonctionnement des synthés analogiques


L'autre classique de la musique électronique, la boite à rythme, est également présente à travers un nouveau module nommé Beatbox 2. Ce dernier offre des possibilités d'édition plus poussées que son prédécesseur et rappellera notamment Ultrabeat, la boite à rythme proposée avec le séquenceur Logic d'Apple. Beatbox 2 propose d'éditer jusqu'à 16 pistes simultanées, chacune d'entre elles étant associée à un son que l'on peut choisir parmi une bibliothèque assez étendue (là encore les sons peuvent être choisis individuellement mais le logiciel propose également des « kits » prédéfinis). Les sons se placent de manière visuelle sur une grille qui peut contenir une à quatre mesures. Beatbox 2 ne contente pas d'être une boite à rythme puisque le module propose même un module de synthèse permettant de créer des mélodies ou des lignes de basse sans quitter la boite à rythme. A noter que Robota, la boite à rythme « basique » orientée techno, reste présente dans le logiciel. Celle-ci est moins puissante mais peut être plus immédiate pour certains styles « hardcore ».

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Beatbox 2 : une nouvelle boite à rythme plus performante


Pour les amateurs de sons plus « traditionnels », on retrouve les deux modules de l'édition précédente. Le premier, Vita, est un lecteur d'échantillons proposant de nombreuses sonorités telles que des pianos, des pianos électriques, des guitares, des cordes, des cuivres ou encore des basses. Tous ces instruments ne sont pas d'une qualité irréprochable et pourront sonner un peu « artificiels », mais ils permettent d'agrémenter les compositions de sons moins électroniques que ceux générés par Revolta. Le second module « réel » est le batteur virtuel LIVID. Celui-ci peut jouer selon 4 genres musicaux différents (rock, pop, funk ou latin), 4 styles et plusieurs types de partie (refrain, couplet, intro, pont...) avec quelques variations au niveau des sons utilisés. De manière générale, les sons sont d'assez bonne qualité, mais Livid a tendance à en faire beaucoup trop et il vaudra mieux avoir recours à la boite BeatBox, qui propose des « kits » de batterie réels, pour composer des rythmes simples. En plus de ces instruments fournis en standard, la grande force de Music Maker est de permettre l'ajout d'instruments virtuels aux formats VSTi et DXi. D'un autre côté, cela contribue à faire de Music Maker un logiciel à tout faire, très puissant, mais qui s'éparpille quelque peu. Précisons enfin que les pistes MIDI peuvent être éditées via une vue de type « Piano roll » (notes représentées sur une grille), pour « caler » les notes dans le tempo, ou pour modifier, supprimer ou même ajouter des notes.

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Le module Vita propose des sons acoustiques tels que des pianos, des cordes ou des guitares


Effets et mixage

Comme tout séquenceur audio qui se respecte, Magix Music Maker 15 propose une batterie d'effets. Ceux-ci peuvent être insérés pour chaque piste (on parlera d'effets « Inserts »), définis au préalable et envoyés à une ou plusieurs piste (les effets dits « Send »), ou encore appliqués au mixage final. En quantité comme en qualité, il n'y a pas grand-chose à redire à ces effets : on y trouve à peu près tout ce dont un utilisateur lambda peut avoir besoin en matière de delay, de distorsion, de reverb ou encore de compression. Là où le bât blesse clairement, c'est dans leur ergonomie. Selon le type d'effet choisi, on aura ainsi droit à plusieurs interfaces, certaines reproduisant le fonctionnement de racks, d'autres de pédales de guitare. Pour ajouter encore à la confusion, un rack d'effets distinct est attribué aux effets de mastering (compression, égaliseur, effets de stéréo, maximisation). Au final, on ne sait plus trop où donner de la tête : les modules sont bien conçus en eux-mêmes mais on ne sait plus à quoi ils correspondent ou comment appliquer tel ou tel effet, tant les possibilités sont nombreuses. Un peu de ménage serait le bienvenu sur ce point ! C'est d'autant plus dommage que, tout comme pour les instruments, la version Premium de Magix Music Maker 15 permet d'ajouter des effets tiers aux standards DirectX ou VST, ce qui enrichit les possibilités du logiciel.

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L'interface des effets est confuse et un peu disparate


Le mode « Live »

Music Maker 15, tout comme son prédécesseur, inclut un module Live Performer destiné, comme son nom l'indique, à utiliser Music Maker dans le cadre d'une performance live (ou d'une émission de radio, un podcast...). Ce mode consiste à délimiter des passages dans vos morceaux (par exemple : refrain, couplet) et les attribuer à 16 « pads » que l'on peut déclencher à la souris, ou via des touches du clavier. En théorie, c'est plutôt simple. En pratique, le fonctionnement est un peu plus tordu que dans le mode similaire présent dans Sequel 2 : pour créer un passage à assigner à un pad, il faut cliquer sur celui-ci, ce qui crée une barre de couleur au-dessus des pistes. Il faut alors redimensionner celle-ci de manière à ce qu'elle corresponde à la section que l'on souhaite assigner. La tâche est compliquée par la petite taille des poignées de redimensionnement. Une fois les pads correctement configurés, le module propose les mêmes options que celui de Sequel : un mode « Live » où l'on peut actionner les pads manuellement en réglant le nombre de mesures avant le passage à la prochaine section, et un mode « Sequence » où l'on définit à l'avance l'ordre de lecture des sections. En plus de ce mode, le module Live Performer propose également des Live Pads. Ici, le principe est de glisser/déposer directement, sur deux séries de 8 pads, des sons de la bibliothèque ou des boucles de votre projet que vous pouvez donc « dégainer » à volonté pour agrémenter la séquence en cours de lecture. Les pads peuvent également être assignés à des touches de votre clavier MIDI, si vous en possédez un et le logiciel permet même la synchronisation MIDI entre deux ordinateurs, ce qui permet de jouer à deux sur le même morceau.

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Le module Live Performer permet d'arranger ses séquences en direct


Notre avis

Magix Music Maker 15 confirme tout ce qu'on aime dans ce logiciel, à savoir ses fonctionnalités très avancées pour un séquenceur « grand public » et notamment la possibilité d'ajouter des effets et instruments virtuels au format VST ou DirectX. Pour son prix, il offre des possibilités étendues, aussi bien pour un utilisateur lambda ayant besoin d'une bande son en quelques clics pour un montage, que pour un musicien en herbe ou encore un créateur de podcasts. Néanmoins, si la version 15 confirme les qualités du logiciel de Magix, et ajoute quelques nouveautés intéressantes comme la boite à rythmes Beatbox 2, elle perpétue aussi ses défauts, à savoir une certaine complexité malgré l'apparition d'un mode Easy, et toujours des problèmes de stabilité : lors de nos tests, nous avons du subir plusieurs plantages purs et simples du logiciel. Malgré ses défauts, il reste un logiciel très efficace et amusant à utiliser.

Music Maker 15 Premium

6

Les plus

  • Nombreuses fonctionnalités
  • Instruments virtuels inclus
  • Ajout de plugins VST

Les moins

  • Ergonomie parfois bizarre
  • Plantages assez fréquents

0

Ergonomie7

Fonctionnalités9

Stabilité7



  • Télécharger la version d'évaluation de Magix Music Maker 15

Steinberg Sequel 2

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Plus réputé pour ses outils professionnels comme Cubase, Wavelab ou Nuendo, l'éditeur allemand Steinberg s'est lancé sur le terrain de la création musique « grand public » avec Sequel, la réponse de l'éditeur à Music Maker ou Garageband. Après une version 1.0 accueillie assez fraichement, l'éditeur rempile avec une version 2 plus aboutie. Comment le poids lourds du séquenceur midi/audio s'adapte-t-il aux besoins des musiciens en herbe ayant besoin d'un outil rapide et simple ? Voyons cela de plus près.

Interface

L'interface de Sequel surprend au premier abord par son dépouillement : les menus sont réduits au strict nécessaire, et toutes les fonctionnalités sont accessibles depuis des icônes sobres et esthétiques mais pas forcément très parlantes. En fait, il suffit de s'y plonger un peu et d'y passer quelques minutes pour comprendre son fonctionnement. La disposition générale des éléments n'est pas vraiment différente de ce qu'on trouve chez la concurrence : on retrouve le banc de montage dans la partie supérieure et l'accès aux différents modules d'édition ou à la bibliothèque audio dans la partie inférieure de l'écran. Chaque piste est agrémentée d'un panneau permettant de régler rapidement le volume, le panoramique, et les boutons Mute, Solo et Rec.

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En observant la partie basse, on constate une série de 6 icônes, affichant chacune un module dans le panneau du bas. La première permet d'accéder à la table de mixage. On appréciera le fait que celle-ci, contrairement à celle de Music Maker, n'affiche que les pistes créées. La deuxième icône ouvre l'inspecteur de piste : il s'agit d'une version nettement plus complète du panneau de réglages des pistes qui permet d'accéder aux options sus mentionnées (volume, panoramique, Mute, Solo...) mais aussi d'attribuer plusieurs effets aux pistes et de régler leur égalisation. Suit la bibliothèque de sons, sur laquelle nous reviendrons, et l'éditeur qui propose comme son nom l'indique d'éditer chaque objet de manière plus détaillée (avec visualisation de la forme d'onde pour un objet audio et du « piano roll » pour un objet MIDI). Enfin, les deux dernières icônes donnent respectivement accès à l'arrangeur, qui permet d'attribuer des passages du morceau à des « pads » pour le jouer en live, et aux options de configuration. On pourrait croire que cette disposition « fourre-tout » est déconcertante mais il n'en n'est rien : au bout de quelques minutes, on trouve ses marques très facilement.

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L'interface de Sequel est déconcertante au premier abord mais vite intuitive


Assemblage de boucles

La bibliothèque de boucles, base du logiciel, est organisée de manière encore plus précise que du côté de Music Maker. Un peu à la manière de GarageBand, elle permet de sélectionner des boucles selon leur genre musical et leur instrument mais aussi selon leurs sous genres (big beat, britpop, House, downtempo, rockabilly...) et caractéristiques : sombre, dissonant, électrique, mineur, majeur, distordu, etc. Difficile de juger de la pertinence des choix de classement proposés mais une chose apparaît comme une évidence : les sons sont très nombreux, variés et de qualité. Comme pour Music Maker, ces boucles peuvent être de deux types : audio ou midi. Les premières sont généralement des instruments acoustiques ou électriques enregistrés en studio, et que l'on ne peut pas modifier outre mesure. Les seconds sont des séquences contenant des notes jouées par des instruments virtuels.

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La bibliothèque de sons est organisée de manière très précise


Comme pour Music Maker, un simple clic suffit pour écouter la boucle, que l'on n'a plus qu'à glisser-déposer dans une des pistes. Celle-ci sera créée automatiquement si elle n'existe pas. Une fois une boucle placée, elle peut être redimensionnée en saisissant ses coins inférieurs (gauche ou droit), mais également découpée ou étendue pour être répétée sur plusieurs mesures. On remarquera en revanche que l'édition des courbes de volume est un peu plus compliquée qu'avec Music Maker : il faut, au préalable, cliquer sur le bouton permettant d'éditer la courbe d'automatisation pour voir celle-ci en surimpression sur les pistes. Vous pouvez alors augmenter le volume global mais aussi ajouter des points pour modifier la courbe.

Ajout d'instruments et de voix

Tout comme Music Maker, Sequel ne se limite pas à un jeu de Lego musical, mais permet également de créer ses propres mélodies et d'enregistrer ses propres voix. En revanche, le logiciel s'avère plus limité au niveau des modules qu'il propose pour cette tâche : là où Magix offre de nombreux instruments virtuels (synthétiseur, boites à rythmes, lecteur d'échantillon, batteur virtuel...), Sequel ne propose qu'une bibliothèque de sons unifiée. On trouvera tout de même largement de quoi faire entre les nombreux claviers, cuivres, cordes, synthétiseurs et autres percussions proposées, et certains sons sont d'ailleurs joués par un synthétiseur analogique virtuel (sans que celui-ci soit visible) mais les amateurs de plug-ins seront déçus : hormis les sons inclus dans le logiciel, il est impossible d'ajouter des modules VST ou DirectX. D'un autre côté, cette démarche, là encore assez proche de GarageBand, a le mérite d'être plus simple à appréhender pour un néophyte qui cherchera avant tout le son de tel ou tel instrument, et non à ouvrir un module externe pour cela.

En revanche, on appréciera la possibilité d'activer un clavier virtuel qui transforme (toutes proportions gardées) le clavier de votre ordinateur en piano. Évidemment, cela ne remplace absolument pas de vraies touches noires et blanches, mais cela permet tout de même de composer quelques mélodies, notamment dans des situations d'espace réduit telles qu'un train. Pour enregistrer une piste MIDI, il suffit de la créer et de l'activer pour l'enregistrement grâce au bouton correspondant. Puis, démarrez l'enregistrement à l'aide des boutons de contrôle. Vous n'aurez alors qu'à jouer avec votre clavier, virtuel ou réel, votre séquence. La démarche est la même pour les pistes audio, si vous disposez d'une interface permettant de brancher un micro ou une guitare.

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Une fois créées, les pistes peuvent également être modifiées en passant par la section Editeur du panneau inférieur. Dans le cas d'une piste audio, vous pourrez éditer la forme de l'onde comme vous le feriez dans un éditeur de son tel qu'Audacity. Dans le cas d'une piste MIDI, c'est une grille de type Piano Roll qui s'ouvre : celle-ci vous permet d'éditer les notes individuellement, sans avoir besoin de lire une partition.

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Effets et mixage

Sequel propose trois types d'effets. Les effets de piste, les effets globaux et les effets de sortie. Les premiers s'appliquent comme leur nom l'indique à une piste particulière. Trois effets peuvent être appliqués : un compresseur (qui ne peut pas être interchangé pour un autre effet) et deux effets « libres » à choisir entre une série d'effets de distorsion (contenant notamment un simulateur d'ampli pour les guitaristes), de modification de la dynamique (gate, maximisation), de modulation (phaser, flanger, tremolo, chorus...) de délai ou encore de réverbération. Les effets globaux (généralement appelés effets « send ») sont définis de manière globale (étonnant, non ?) et peuvent être appliqués aux pistes de son choix. Deux effets send peuvent être choisis parmi le même « catalogue » évoqué ci-dessus. Là encore, on utilisera les Send lorsque vous souhaitez appliquer, par exemple, une même reverb à plusieurs pistes. Cela évite d'assigner un effet reverb à chaque piste et permet ainsi d'économiser des ressources. Enfin, les effets de sortie sont affectés uniquement à la piste Master et constituent la « touche finale » de votre projet. Par défaut, ils incluent un effet d'amélioration de la stéréo et un module de maximisation du volume. Vous pouvez en outre ajouter deux autres effets de sortie parmi ceux proposés.

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Plusieurs types d'effets peuvent être appliqués aux pistes individuelles ou à tout le projet


Les effets sont applicables aux pistes audio comme aux pistes MIDI. Néanmoins, ces dernières disposent également de deux effets supplémentaires : le Chorder et l'arpégiateur. Le premier permet, en appuyant sur une touche du clavier, de jouer un accord parmi les nombreux proposés. Les puristes hurleront une fois de plus au scandale, mais cela peut être utile dans certains cas. Le deuxième effet est plus fréquemment utilisé, notamment dans la musique électronique : il permet, à partir d'une note ou d'un accord joué, de créer automatiquement un arpège selon plusieurs motifs (montant, descendant, montant/descendant, aléatoire...).

Le mode « Live »

Tout comme Magix Music Maker, Sequel propose un mode « live », permettant de définir, dans vos morceaux, différentes parties pour les assigner à des pads que vous actionnerez à la souris, ou avec votre clavier ou contrôleur MIDI. Pour cela, le logiciel propose une piste Arrangeur (que l'on peut afficher ou masquer). Celle-ci surplombe les autres pistes et permet de délimiter des blocs qui correspondront à des parties de votre morceau (ex : refrain, couplet...). Chaque sélection créée est assignée à un pad et vous n'avez qu'à cliquer sur l'un d'entre eux pour jouer la section. Le mode arrangeur permet quelques subtilités : vous pouvez tout d'abord définir au bout de combien de mesures ou de temps l'arrangeur passe à la partie suivante. Un mode séquentiel permet également de créer à la volée une séquence de plusieurs parties qui seront alors jouées dans l'ordre défini. Ce mode fort pratique permet ainsi d'allonger ou de modifier la structure de morceaux. Dans le cadre d'une performance live, cela peut permettre une part d'improvisation supplémentaire.

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Notre avis :

Pour un utilisateur qui souhaite disposer d'une solution d'une grande simplicité d'utilisation et bien intégrée, Sequel est une réussite. Le logiciel dispose d'une interface très bien conçue que l'on maîtrise en quelques minutes, propose une bibliothèque de sons très variée et de très bonne qualité, et offre des possibilités intéressantes comme un mode Live bien conçu. En revanche, il est plus limité, dans son approche, que Music Maker 15. Cela peut être vu comme une qualité ou comme un défaut : d'un côté on a une solution bien intégrée qui se suffit à elle-même, de l'autre un logiciel plus versatile qui permet d'ajouter des instruments et effets VST, mais d'une utilisation un peu plus complexe. En outre, nous n'avons pas constaté les problèmes de stabilité rencontrés du côté de Magix. C'est pourquoi on le conseillera davantage à des néophytes, pour qui il offre un confort d'utilisation inégalé, à part peut être par GarageBand d'Apple.

Sequel 2

8

Les plus

  • Utilisation enfantine
  • Interface bien intégrée
  • Bibliothèque de sons variée
  • Compatible Windows et Mac

Les moins

  • Fonctionnalités limitées
  • Pas de prise en charge VST

0

Ergonomie9

Fonctionnalités8

Stabilité8



Quel logiciel pour devenir une rock star ?

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Comme souvent, nous avons ici deux approches sensiblement différentes pour un même type de produit. D'un côté, Magix Music Maker 15 Premium tente de proposer un maximum de fonctionnalités pour rapprocher son logiciel d'une offre semi-pro, une intention louable mais qui se heurte fatalement à une certaine complexité. Au final, le produit reste relativement simple à utiliser, mais on se prend les pieds dans le tapis sur certains points, comme l'application d'effets qui est loin d'être facilitée par la multitude de modules aux interfaces disparates. En outre, le logiciel souffre toujours d'un manque de stabilité. On appréciera en revanche la qualité de certains modules comme le Live Performer ou la boite à rythme Beatbox 2 qui nous a séduits par ses nombreuses possibilités.

Du côté de Steinberg, Sequel 2 offre moins de fonctionnalités a priori mais une approche beaucoup plus intégrée et intuitive : l'interface, bien qu'un peu étrange à première vue (icônes trop stylisées), se maîtrise en quelques minutes, le logiciel ne multiplie pas les modules et se concentre sur l'essentiel, à l'image du GarageBand d'Apple : un accès simple à une bibliothèque de boucles et d'instruments virtuels, une gestion des effets intuitive et efficace qui ne fait pas appel à des interfaces imitant des pédales d'effet ou des racks et juste ce qu'il faut pour enregistrer sa voix ou ses instruments. En contrepartie, les possibilités d'extension sont moindres et le logiciel ne propose pas la puissance de certains modules de Music Maker (notamment Beatbox 2 et le synthétiseur virtuel Revolta). Si on s'en tient au postulat de départ, c'est à dire faire de la musique le plus simplement possible, Sequel nous semble plus abouti et plus stable.

Terminons par quelques précisions sur le logiciel de Steinberg. Tout d'abord il faut savoir que malgré son positionnement grand public, il semble difficile de le trouver ailleurs que chez des marchands spécialisés dans la musique assistée par ordinateur. A l'inverse, Magix Music Maker peut être trouvé dans n'importe quelle grande surface. L'autre problème de Sequel concerne son mode de protection qui fait appel à un système d'activation de licence plutôt contraignant, signé Syncrosoft (le recours à un dongle USB Syncrosoft n'est cependant pas nécessaire). Les éditeurs de logiciels musicaux ont une démarche de plus en plus paranoïaque par rapport au piratage, et ont souvent tendance à protéger leurs logiciels d'une manière qui peut paraître abusive. En revanche, il faut également préciser un fait assez appréciable, et également répandu dans le domaine de la M.A.O : la boite inclut la version Windows et la version Mac OS X du logiciel. Nous avons réalisé notre test sur la première, mais la version Mac est rigoureusement identique. Évidemment, sur Mac OS X, Sequel n'est pas forcément aussi intéressant dans la mesure où Apple fournit déjà un GarageBand tout à fait fonctionnel avec ses ordinateurs...

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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