C’est fait : le télescope Nancy Grace Roman s’est envolé ce dimanche 30 août à bord d’une surpuissante fusée Falcon Heavy. Retour en images sur un lancement voué à révolutionner notre compréhension de l’Univers.

Le rendez-vous était donné à 7h26 heure locale, soit 13h26 en France métropolitaine, depuis le pas de tir historique LC-39A du Centre spatial Kennedy. Et cette fois, il n’y a eu aucun contretemps : la fusée Falcon Heavy de SpaceX, du haut de ses trois boosters, a décollé pile à l’heure prévue. Un lancement qui vient couronner plus d’une décennie de développement, pour un bijou de technologie à 4,3 milliards de dollars.
Un lancement sans accroc
Et le spectacle a été au rendez-vous. Les 21 moteurs Merlin 1D du Falcon Heavy ont rugi puis, 2 minutes 30 après le lancement, ses deux boosters latéraux se sont détachés pour amorcer leur retour vers la Terre avant d’atterrir en douceur à Cape Canaveral. Des images sensationnelles, comme à chaque fois.
Le reste de la mission s’est déroulé sans accroc. Le télescope s’est en effet séparé de l’étage supérieur 31 minutes après le décollage, sous les applaudissements des équipes au sol. Le centre de contrôle de la NASA, situé au Goddard Space Flight Center dans l’État du Maryland, a reçu ses premiers signaux 7 minutes après le lancement, avant de confirmer le déploiement des panneaux solaires du Nancy Grace Roman, en hommage à la première cheffe de l’astronomie à la NASA, un peu plus d’une heure plus tard.
De quoi arracher quelques larmes à Nicky Fox, responsable scientifique de la NASA, visiblement submergée par l’émotion. « Désormais, Roman va nous offrir un nouvel atlas de l’univers, repousser les limites de la découverte et nous montrer ce qui est possible », s’est félicité Jared Isaacman, administrateur de l’agence spatiale.
Il a même reçu un appel téléphonique de Donald Trump en pleine conférence de presse. Le président américain a félicité le dirigeant, bien qu’il ait envisagé, en 2025, de mettre fin au programme du Nancy Grace Roman.
À la recherche de la matière noire
Mais le télescope a encore un long chemin. Direction, à présent, le point Lagrange L2, à environ 1,6 million de kilomètres de la Terre, là où orbite déjà le James-Webb. Un trajet qui doit durer plus de 3 mois, avec une première phase d’une quarantaine de jours consacrée à la mise en route et aux vérifications des instruments.
Une fois sur place, l’engin entrera clairement dans le vif du sujet : percer les mystères de la matière et de l’énergie noires, qui composent l’essentiel de l’Univers sans jamais avoir été observées directement. Il partira, en outre, à la chasse aux exoplanètes grâce à son coronographe de pointe. Un travail que le télescope pourra mener à une vitesse inédite, car il scannera le ciel jusqu’à 1 000 fois plus rapidement que Hubble. Ses premières images sont attendues courant 2027.
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