La NASA doit lancer son télescope Roman ce dimanche 30 août à 13h26, heure de Paris, depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride. Une fusée Falcon Heavy de SpaceX doit propulser l’observatoire vers le point de Lagrange L2. Le décollage sera diffusé en direct sur le site de la NASA et sur X.

Le télescope Roman pèse 10 500 kilogrammes et embarque un miroir principal de 2,4 mètres de diamètre, identique en taille à celui de Hubble, mais 80 % plus léger grâce à des matériaux plus récents. Son champ de vision est pourtant au moins 100 fois plus large que celui de son aîné, pour un coût total de 4,3 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d'’euros).

Sa destination, le point de Lagrange L2, est à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Une conférence scientifique et un point presse de pré-lancement ont réuni, hier, plusieurs responsables de la NASA, dont Nicky Fox, directrice associée du Directorat des missions scientifiques, aux côtés de Shawn Domagal-Goldman, directeur de la Division d’astrophysique, et de Julie McEnery, scientifique du projet.

Ce n'est pas le moment pour la sieste dominicale.

Un successeur de Hubble tourné vers la matière noire

La mission doit sonder la matière noire et l’énergie sombre. Ces deux composantes représentent 95 % du cosmos. Sa caméra principale, la WFI, totalise 288 mégapixels et capte des longueurs d’onde comprises entre 0,48 et 2,30 micromètres, pour une résolution de 0,11 seconde d’arc. Un instrument coronographe doit aussi masquer la lumière des étoiles, pour repérer directement des exoplanètes en orbite autour d’elles. James Webb observe des objets un par un, alors que Roman doit balayer de vastes portions du ciel pour des études statistiques à grande échelle. Sur cinq années de mission, prolongeables de cinq années supplémentaires, l’observatoire doit cartographier des milliards de galaxies. Ce lancement intervient cinq ans après celui de James Webb, en 2021.

Le télescope porte le nom de Nancy Grace Roman, première femme nommée à un poste de direction à la NASA, en 1961, en tant que première astronome en chef de l’agence. Diplômée d’astronomie en 1946 puis docteure de l’université de Chicago en 1949, elle a dirigé, dans les années 1960, le comité d’astronomes et d’ingénieurs à l’origine du télescope Hubble, avant de convaincre le Congrès américain d’en faire une priorité. La chercheuse a aussi porté plusieurs observatoires orbitaux précurseurs, entre 1966 et 1972. Ces missions ont validé la viabilité de l’astrophysique spatiale. Ed Weiler, scientifique en chef de Hubble jusqu’en 1998, l’a surnommée « la mère de Hubble ».

©NASA/Sydney Rohde (Rocz)
©NASA/Sydney Rohde (Rocz)

La sixième mission scientifique de la NASA sur Falcon depuis Kennedy

Ce lancement sera le sixième d’une mission scientifique majeure de la NASA sur une fusée Falcon depuis le Centre spatial Kennedy, après IXPE, Psyche, GOES-U, Europa Clipper et IMAP. La mission Apollo 11 avait décollé du pas de tir 39A vers la Lune, en 1969, avant que le site ne soit loué à SpaceX en 2014. La NASA a validé, le 28 août, la revue de préparation au lancement, dernière étape avant le décollage. Le contrat de lancement, attribué à SpaceX en 2022, est de 255 millions de dollars (environ 220 millions d’euros).

Haute de 70 mètres, la fusée Falcon Heavy est composée de deux boosters latéraux et d’un étage central, propulsés au total par vingt-sept moteurs Merlin, pour une charge utile de 63 800 kilogrammes au maximum en orbite basse, contre 50 000 kilogrammes lorsque les boosters latéraux sont récupérés.

Le booster B1072, à son troisième vol, a auparavant propulsé les satellites ViaSat-3 F3 et GOES-U. Le second booster, B1104, doit voler pour la première fois, tandis que l’étage central B1105 sera perdu en mer pour maximiser la charge utile emportée.

Les prévisionnistes militaires de la base donnent environ 60 % de chances de conditions favorables pour aujourd’hui, avec une fenêtre de secours fixée à demain, à 13h26 également. L’observatoire doit ensuite patienter environ un mois de trajet puis trois mois de vérifications avant de livrer ses premières observations scientifiques.

Comment suivre le lancement en direct

La couverture démarre à 12h20, heure de Paris, sur le site web de la NASA et via NASA+, son service de streaming.

En plus de l'événement en direct, disponible dès à présent sur la chaîne YouTube de la NASA, via la vidéo en tête de notre article, trois comptes de l’agence sur X doivent aussi relayer l’événement en direct, @NASARoman, @NASAUniverse et @NASAKennedy, tout comme les pages Facebook et Instagram de la NASA.

Vous pouvez également vous inscrire au programme Virtual Guest de la NASA, pour recevoir des ressources et des notifications propres à la mission.

Une conférence de presse doit suivre le décollage, à 9h30, heure locale.