Thales et Exail Technologies ont signé, en fin de semaine, l'accord définitif de leur rapprochement à 3,9 milliards d'euros. Le géant de la défense s'apprête à racheter le spécialiste français des drones sous-marins et de la navigation inertielle.

Thales met la main sur le numéro deux mondial de la navigation sous-marine. © Exail / Balao
Thales met la main sur le numéro deux mondial de la navigation sous-marine. © Exail / Balao

Près d'un mois après l'annonce du 6 juillet, Thales a signé, jeudi, l'accord de rachat d'Exail Technologies, officialisé ce vendredi 31 juillet. L'industriel français de la défense va racheter les actions au prix fixé dès le départ, un expert indépendant a été chargé de vérifier que ce prix est bien équitable pour les actionnaires, et l'opération doit s'achever d'ici 2028, une fois les autorisations réglementaires obtenues. De quoi faire du spécialiste des drones sous-marins un vrai pilier de la stratégie sous-marine de Thales.

L'accord de rachat à près de 4 milliards d'euros entre Thales et Exail est signé

Le 30 juillet 2026, Thales et Exail Technologies ont donc posé leur signature au bas de l'accord de rapprochement négocié depuis début juillet. Les conditions annoncées le 6 juillet n'ont pas bougé d'un centime. Les deux acteurs partent sur 134 euros par action, soit 44 % de plus que le cours affiché en Bourse le 25 juin dernier. Une prime généreuse, destinée à convaincre les actionnaires de céder leurs titres, et qui valorise surtout au total Exail à 3,9 milliards d'euros.

Le conseil d'administration d'Exail a d'ailleurs accueilli l'opération à l'unanimité, même s'il ne s'est pas encore prononcé formellement. Pour cela, le cabinet Ledouble, représenté par Olivier Cretté et Romain Delafont, a été nommé expert indépendant. Sa mission est désormais de livrer une attestation d'équité, préalable indispensable avant que le conseil ne rende son avis motivé définitif sur l'opération.

Reste que l'opération ne se bouclera pas si facilement. Le rachat de la participation de la famille Gorgé, propriétaire de 35,51 % du capital, est attendu d'ici le troisième trimestre 2027, sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence. Viendra ensuite l'offre publique, qui portera aussi bien sur les actions que sur les obligations ODIRNANE d'Exail, et devra être soumise à l'examen de l'Autorité des marchés financiers (AMF), pour une clôture visée début 2028 au plus tard.

Thales s'offre le numéro deux mondial de la navigation inertielle navale

Exail Technologies est basée en France et est cotée en Bourse à la fois à Paris et aux États-Unis, ce qui veut dire que n'importe quel investisseur peut acheter ou vendre ses actions des deux côtés de l'Atlantique. L'entreprise est contrôlée par la famille Gorgé et emploie environ 2 200 collaborateurs. Spécialiste de la robotique maritime, avec notamment des drones capables de détecter et neutraliser des mines sous-marines, un savoir-faire qui en fait le numéro un européen du secteur, Exail a généré 479 millions d'euros de chiffres d'affaires l'an dernier.

La société, qui développe des systèmes capables de guider un navire avec précision même sans GPS, grâce à une technologie de fibre optique complémentaire du gyroscope laser de Thales, est le numéro deux mondial de la navigation inertielle navale. Côté drones, ses deux produits phares s'appellent UMIS, dédié à la lutte anti-mines, et DriX, une gamme de drones de surface à usage civil comme militaire.

Pour Thales, cette opération va lui permettre d'associer les deux savoir-faire et de générer 500 millions d'euros de revenus additionnels d'ici dix ans, en plus d'ouvrir la voie à des capteurs quantiques de nouvelle génération. Pour le groupe français, c'est aussi une façon d'asseoir son empreinte dans la défense sous-marine.