SpaceX va tenter une manœuvre jamais réalisée sur son prochain vol de test : la capture de Starship en plein vol grâce aux bras de sa tour de lancement. Une prouesse qui, si elle réussit, bouclerait enfin la promesse initiale du programme.

Starship lors de son 13e vol d'essai. ©SpaceX
Starship lors de son 13e vol d'essai. ©SpaceX

Ce vendredi 23 juillet, le 13e vol de Starship s’est déroulé presque sans accroc : les 33 moteurs Raptor du booster Super Heavy ont propulsé l’ensemble jusqu’à la séparation des étages, puis la fusée a poursuivi sa route seule vers l’espace. Elle a largué avec succès ses 20 premiers satellites Starlink V3 avant de rallumer brièvement l’un de ses moteurs en orbite, une manœuvre clé pour les futures missions.

Un succès malgré tout en demi-teinte. Car, si Starship a amerri intacte dans l’océan Indien, le booster, lui, a échoué : plusieurs de ses moteurs n’ont pas réussi à se rallumer pour le freinage. C’est un nouvel échec de récupération pour cet étage, après un incident similaire lors du 12e essai. Mais cette fois, SpaceX a décidé d’aller de l’avant.

« Mechazilla » va entrer en scène

Dès le lendemain sur X, Elon Musk a annoncé la prochaine étape « Sauf découverte d'un problème lors de l'analyse des données de vol, SpaceX tentera de capturer le vaisseau avec la tour au prochain vol », a-t-il écrit. En effet, la tour de lancement de Starbase est équipée de deux bras mécaniques surnommés « chopsticks » (baguettes en français), qui font partie du système surnommé Mechazilla en interne.

Leur rôle : refermer leur emprise sur l’étage en approche pour le stabiliser en plein vol, sans qu’il ait besoin de pieds d’atterrissage ni de parachute. Ce système a déjà fait ses preuves lors de la capture du booster Super Heavy en 2024. Mais il n’a encore jamais été tenté avec la fusée elle-même.

La manœuvre demande une précision redoutable : il faut aligner l’engin en pleine descente avec les bras de la tour, au mètre près et sans marge d’erreur. Avant de s’y risquer, SpaceX devra ainsi obtenir le feu vert de la Federal Aviation Administration (FAA), l’autorité américaine de l’aviation civile, qui doit valider chaque nouvelle étape du programme.

Crucial pour la suite

Cette manœuvre sera d’autant plus complexe que le Starship reviendra d’une vitesse bien plus élevée que son booster : environ 28 000 km/h contre 5 000 km/h. Le freinage représente un défi thermique et aérodynamique bien plus exigeant que pour le Super Heavy.

Logiquement, Elon Musk a indiqué par le passé que la capture par Mechazilla ne serait envisagée qu’après plusieurs amerrissages réussis en douceur. L’état quasi intact des tuiles du bouclier thermique observé après ce dernier vol a visiblement levé ce dernier verrou.

Si la capture réussit, il s'agirait d'une première mondiale pour un étage orbital de cette catégorie. Surtout, cela marquerait un vrai pas en avant vers une fusée entièrement réutilisable. Cette étape est cruciale pour SpaceX, qui vise des cadences de vol élevées pour des coûts de lancement drastiquement réduits.