Thales décroche un contrat-cadre majeur avec l'Allemagne pour équiper ses soldats de systèmes optroniques de nouvelle génération. Une commande XXL qui renforce aussi l'empreinte industrielle du groupe français outre-Rhin.

Sous l'impulsion de Rheinmetall, maître d'œuvre du programme allemand IdZ-ES (« Fantassin du futur »), qui vise à moderniser l'équipement des soldats de la Bundeswehr, Thales vient de décrocher un contrat-cadre majeur pour équiper les soldats de la Bundeswehr. L'entreprise française devra lui livrer plusieurs milliers de viseurs thermiques XTRAIM, déjà testés sur le terrain et ô combien utiles en ce qu'ils sont capables de repérer une menace dans le noir total, ainsi qu'une toute nouvelle génération de systèmes de vision nocturne pensée pour transformer le fantassin en véritable « soldat augmenté », mieux connecté et mieux protégé. Les premières livraisons interviendront dès 2027.
Thales décroche un beau contrat pour équiper les soldats allemands
Le contrat signé par Thales est donc compris dans le programme « Infanterist der Zukunft – Erweitertes System » (IdZ-ES), piloté par l'industriel allemand Rheinmetall. Le groupe français y jouera le rôle de fournisseur d'optronique, avec à la clé plusieurs milliers d'unités à livrer. Le premier jalon a été fixé à 2027, année de lancement des premières livraisons, avant une montée en cadence qui doit rapidement grimper à plusieurs centaines d'unités produites chaque mois.
Le contrat mobilise notamment le viseur thermique XTRAIM, un équipement déjà rodé sur le terrain depuis 2024 et vendu à environ 20 000 exemplaires à travers le monde. Plutôt compact, il combine un viseur reflex à point rouge et l'imagerie thermique dans un seul boîtier de moins de 550 grammes et de moins de 170 millimètres de long, remplaçant à lui seul deux équipements que les fantassins devaient jusqu'ici porter séparément. Il s'adapte aussi bien aux fusils d'assaut HK416, HK417 et ACAR qu'aux mitrailleuses légères type Minimi, en calibres 5,56 mm et 7,62 mm, et son détecteur infrarouge, activable d'une simple pression, permet d'engager une cible dans le noir avec les deux yeux ouverts, un vrai plus pour les combats en intérieur.
L'autre grand volet du contrat, et de loin le plus important en volume, puisqu'il représente la grande majorité des unités commandées, concerne un tout nouveau système de vision nocturne, héritier de la gamme NightRise. Il associe deux technologies jusque-là séparées, l'intensification de lumière (qui amplifie la moindre lueur ambiante, comme le clair de lune) et l'imagerie thermique (qui détecte la chaleur des corps), pour offrir une vision nette de nuit quelles que soient les conditions. Le tout s'accompagne d'un affichage en réalité augmentée directement devant les yeux du soldat, un peu comme un tableau de bord tête haute, avec les informations tactiques utiles superposées à ce qu'il voit réellement. Ce système, conçu pour communiquer facilement avec le reste de l'équipement déjà utilisé par les troupes, doit devenir la pièce maîtresse du futur écosystème optronique du soldat chez Thales, et c'est l'armée allemande qui pourra l'étrenner en premier.
Thales renforce de vieux liens avec l'Allemagne
Au-delà de la fourniture d'équipements et du gros contrat signé, Thales met aussi la main au portefeuille en promettant d'investir plusieurs millions d'euros outre-Rhin pour étendre ses capacités de production et de maintenance. L'objectif est, à la fois, de répondre à la demande croissante de « massification » des armées, et de rapprocher physiquement le groupe de ses clients militaires.
Avec plus de trente-cinq ans d'expérience, Thales revendique déjà 120 000 systèmes de vision nocturne vendus dans 55 pays. Le groupe, qui emploie plus de 85 000 personnes dans 65 pays, est implanté en Allemagne depuis 140 ans maintenant.
L'entreprise y emploie environ 2 300 personnes, réparties sur neuf sites, qui fabriquent notamment des systèmes de reconnaissance, des radars, des éléments de communication, mais qui font aussi dans la cybersécurité et la fabrication de composants satellites à Ulm.