Chez Hyundai, des milliers d’ouvriers ont commencé à quitter leur poste plus tôt cette semaine. En cause, l’arrivée programmée de robots humanoïdes sur les chaînes de production, une perspective qui inquiète les travailleurs au plus haut point.

Le robot Atlas de Boston Dynamics. ©Boston Dynamics
Le robot Atlas de Boston Dynamics. ©Boston Dynamics

En 2021, le constructeur sud-coréen mettait la main sur Boston Dynamics, spécialiste américain en robotique, notamment à l’origine du chien robot Spot. L’entreprise conçoit aussi l’humanoïde Atlas, dont elle a dévoilé une nouvelle version an janvier dernier.

D’une hauteur d’1 mètre 90, il peut soulever plus de 45 kilogrammes et se déplacer avec une mobilité proche de celle d’un humain, fait-elle valoir. Sa présentation a d’ailleurs marqué les esprits, jusqu’à faire bondir l’action Hyundai de 85 % dans la foulée. Et le groupe prévoit évidemment d’en déployer plus de 25 000 unités dans ses usines à travers le monde. Une ambition qui n’est pas forcément au goût des salariés.

Les salariés exigent des garanties

Car les négociations salariales annuelles entre Hyundai et son syndicat, qui représente environ 40 000 salariés à Ulsan, en Corée du Sud, sont dans l’impasse depuis plusieurs mois. Les ouvriers ont donc décidé de passer à l’action : du 13 au 15 juillet, ils ont quitté leur poste 2 heures plus tôt, et une initiative similaire est prévue du 20 au 22 juillet. L’impact est impressionnant : environ 5 000 véhicules en moins sont produits, ce qui devrait provoquer une perte d’environ 134 millions de dollars pour la marque.

Au cœur de ce bras de fer, on retrouve, sans surprise, le fameux robot humanoïde. Le syndicat exige des garanties claires avant leur arrivée : passer d’un salaire horaire à un salaire fixe pour se prémunir contre une possible réduction du temps de travail ; repousser l’âge de la retraite de 60 à 65 ans ; obtenir des primes plus généreuses, dans la lignée de celles déjà accordées chez Samsung ou SK Hynix.

Une affaire suivie de près

De son côté, la direction assure qu’Atlas viendra en complément des équipes humaines, et non pour les remplacer. Un responsable de l’usine Metaplant aux États-Unis, qui sera la première à accueillir l’humanoïde, a d’ailleurs rappelé que certaines tâches, comme la manipulation de pièces souples ou de câbles, resteront l’apanage des mains humaines.

Ce qui se passe chez Hyundai est scruté de près : les syndicats ont-ils la capacité de peser face à l’arrivée des robots humanoïdes en usine ? La réponse sera déterminante, alors que cette technologie devrait être de plus en plus exploitée dans les années à venir.