Sam Altman est en discussion avec Donald Trump pour céder 5 % du capital d’OpenAI à l’État américain, soit environ 42,6 milliards de dollars au vu de sa valorisation actuelle. Une offre très généreuse en apparence, mais qui cache une stratégie bien plus calculée.

Le timing est tout sauf anodin, alors que l’éditeur de ChatGPT prépare activement son entrée en Bourse et espère, avant de procéder, franchir la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars de valorisation. Un objectif ambitieux puisqu’OpenAI ne dégage toujours pas de profits et investit massivement dans ses centres de données. Mais ce projet ne date pas d’hier : Sam Altman en parle depuis 2021, et s’inspire du fonds permanent d'Alaska.
Créé dans les années 1970 pour partager les revenus du pétrole local avec la population, il permet aux habitants de l’État de toucher un chèque chaque année.
Comment ça marcherait
Transposée à l’intelligence artificielle (IA), cette logique donnerait naissance à un « dividende numérique » : une part des richesses créées par l’IA reversée directement aux citoyens américains. Si l’équivalent de cette participation de 42,6 milliards de dollars était partagé entre les 133 millions de foyers du pays, chacun toucherait environ 320 dollars.
Mais le scénario le plus probable est différent : plutôt qu’un versement immédiat, le fonds accumulerait la valeur de la participation, pour ensuite redistribuer une partie des gains, une fois OpenAI enfin rentable. Cette proposition reste pour l’instant à l’état d’ébauche, et devrait passer devant le Congrès pour être validée. Elle trouve toutefois un écho inattendu des deux côtés de l’échiquier politique.
Donald Trump lui-même a déjà affirmé vouloir permettre aux Américains de profiter des retombées économiques de l’IA. À l’opposé, le sénateur démocrate Bernie Sanders pousse une version bien plus radicale : il réclame que l’État récupère non pas 5 %, mais la moitié du capital des géants du secteur.

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Redorer une image écornée
Si cette initiative est effectivement louable, ses motivations sont bien entendu intéressées, remarque le MIT Technology Review. Elle permettrait évidemment de redorer l’image de l’IA auprès du grand public. Car une majorité d’Américains doute de la capacité des entreprises à utiliser cette technologie de façon responsable, et s’oppose à la construction de data centers près de chez eux. De même, beaucoup craignent de l’impact de la technologie sur l’emploi.
Mais ce n’est pas tout. Rester dans les bonnes grâces de l’administration Trump est devenu vital pour les géants de l’IA. Récemment, la Maison-Blanche a par exemple contraint OpenAI à repousser le lancement de son modèle GPT-5.6 pour des raisons de sécurité, à l’instar de Fable 5 d’Anthropic.
En s’associant financièrement au gouvernement, OpenAI espère bénéficier d’un traitement de faveur et surtout, s’épargner d’éventuelles mesures hostiles, notamment face à la concurrence chinoise.