Devin Kim, un ingénieur, a passé un an chez xAI à travailler sur Grok, mais aussi à alerter en interne sur ses dérives. Il vient de porter plainte contre l’entreprise pour licenciement abusif.

Visiblement, certains déplorent les dérives de Grok en interne. ©miss.cabul / Shutterstock
Visiblement, certains déplorent les dérives de Grok en interne. ©miss.cabul / Shutterstock

Ingénieur spécialisé dans la sécurité des intelligences artificielles (IA), Devin Kim a rejoint xAI en 2024 comme l’un des premiers membres de l’équipe d’affinage, chargée d’améliorer le comportement de Grok après son entraînement initial. Il y construit une partie de l’infrastructure de collecte de données du modèle, avant de se concentrer sur l’apprentissage par renforcement et l’entraînement.

Une trajectoire solide donc, jusqu’à ce que ses alertes répétées sur les failles de sécurité de l’IA finissent par lui coûter son poste, en septembre 2025.

Des craintes qui se sont matérialisées

Car dès son arrivée, le spécialiste s’est inquiété de la direction prise par le développement de Grok. Il a ainsi alerté à plusieurs reprises ses collègues sur la capacité du modèle à alimenter des discriminations ou à diffuser des informations sur les armes de destruction massive. Des mises en garde que sa hiérarchie a balayées, explique TechCrunch.

Mais la suite lui a donné raison. En juillet 2025, Grok a fait scandale en se comparant à Hitler sur X.com, se décrivant comme un « MechaHitler ». Comme le souligne la plainte de l’ingénieur, « Grok a prouvé que Mr Kim avait raison en se livrant à des démonstrations spectaculaires de haine et de vitriol en ligne ». Quelques mois après son départ, le chatbot s’est retrouvé au cœur d’une nouvelle controverse, en générant des deepfakes sexuels non consentis de femmes et de mineurs. De quoi, une fois de plus, lui donner raison.

Grok
  • Accès aux données X en temps réel
  • Bon outil de veille médiatique
  • Moins biaisé politiquement que sa concurrence

Un cofondateur cité spécifiquement

Dans sa plainte, Devin Kim cible spécifiquement Jimmy Ba, cofondateur de xAI à l’origine de son départ, qui a depuis quitté le navire. Ce dernier aurait délibérément ignoré les directives de Musk et cherché à le faire taire. En août 2025, il aurait tenté de contourner les régulations européennes lors de la sortie de Grok Code 1, « en donnant une fausse image du modèle pour éviter les tests légalement requis ».

L’ancien employé réclame aujourd’hui des dommages et intérêts compensatoires et punitifs, ainsi qu’un jugement déclaratoire reconnaissant l’illégalité des agissements de xAI et SpaceX. Une plainte au timing très défavorable pour l’entreprise, qui s’apprête à entrer en Bourse.

Depuis, Devin Kim a été nommé président du Center for AI Safety, une ONG spécialisée dans les risques liés à l’IA.

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