En 2027, l'OTAN organisera Steadfast Defender, son grand exercice militaire triennal. La Marine nationale française y jouera un rôle clé, et la préparation est déjà bien lancée.

La Marine nationale compte beaucoup sur le prochain exercice Steadfast Defender pour prendre un peu plus d'importance encore au sein de l'OTAN. © T.Louradour / Marine nationale
La Marine nationale compte beaucoup sur le prochain exercice Steadfast Defender pour prendre un peu plus d'importance encore au sein de l'OTAN. © T.Louradour / Marine nationale

L'année prochaine, l'OTAN mobilisera des dizaines de milliers de soldats pour Steadfast Defender, son exercice triennal majeur. La Marine française s'est fixée l'objectif, à cette occasion, de décrocher la certification pour commander la composante maritime de la force de réaction de l'Alliance. Avec un groupe aéronaval unique en Europe, son excellence en lutte anti-sous-marine, et sa posture nucléaire singulière au sein de l'Union européenne, la France a tous les atouts pour y parvenir.

Steadfast Defender, l'exercice OTAN qui ne fait pas semblant et qui fait rêver la Marine française

Lancé en 2021, l'exercice Steadfast Defender se tient tous les trois ans et met à l'épreuve les structures de commandement de l'Alliance à travers deux grands types d'activités. D'un côté, il y a les exercices de postes de commandement (CPX), purement stratégiques, et de l'autre les manœuvres en mer grandeur nature, les LIVEX. Ces derniers couvrent un théâtre assez vaste allant de la mer du Nord à la Méditerranée, en passant par la Baltique et l'Atlantique.

Derrière chaque grand exercice militaire, il y a un chef d'orchestre discret, l'état-major des armées (EMA). Son rôle pour 2027 sera de définir précisément ce que la France va mettre sur la table, et comment. « Très concrètement, quand on projette des forces, on se demande quels bateaux ou avions de la Marine envoyer, quels avions de l'armée de l'Air et de l'Espace, avec quelle logistique ? », résume le capitaine de vaisseau Paul, du bureau Emploi 2 de l'EMA, dans le magazine Cols bleus de la Marine nationale. En clair, on décide qui envoie quoi, où, et avec quels moyens pour tenir la distance.

Les chiffres de la dernière édition donnent un peu le vertige. Imaginez qu'en 2024, l'exercice avait mobilisé 90 000 soldats venus des 31 pays membres de l'Alliance, pendant cinq mois, avec plus de 1 000 véhicules, une cinquantaine de navires et 80 avions. Une démonstration de force à l'échelle d'un continent. Et en 2027, l'ambition est encore revue à la hausse, et cette fois, la Marine nationale se voit confier une mission supplémentaire, taillée sur mesure.

Seule puissance nucléaire de l'UE, la France défend une stratégie militaire à 360 degrés

En 2027, la Marine nationale ambitionne d'être certifiée pour prendre le commandement de la composante maritime de la force de réaction de l'OTAN, l'ARF, pour Allied Reaction Force. Cet objectif passera par l'exercice Dynamic Mariner, affilié à Steadfast Defender. Un engagement de taille, peut-être, mais cohérent avec le poids réel de la Marine dans l'Alliance.

Car dans l'OTAN, la Marine nationale occupe une place à part. Elle est la seule en Europe à pouvoir aligner un groupe aéronaval complet autour d'un porte-avions, un vrai agrégateur de forces alliées. Elle excelle aussi en guerre des mines et en lutte anti-sous-marine, progresse sur les drones, des domaines où ses partenaires viennent régulièrement chercher son savoir-faire.

La France occupe aussi une position unique en ce qu'elle est le seul État de l'Union européenne à posséder l'arme nucléaire, le Royaume-Uni, également puissance nucléaire sur le continent, ayant quitté l'UE depuis le Brexit. Avec une approche à 360 degrés, la France jouit d'une vraie singularité qui nourrit une ambition stratégique claire, qui est de ne pas se limiter à un seul théâtre d'opérations. Pendant que certains alliés concentrent leurs efforts sur la frontière est de l'Europe, face à la menace russe, Paris revendique une capacité à intervenir sur tous les fronts, en Europe d'abord, mais aussi bien au-delà.