En plein déploiement en mer, la frégate FREMM Normandie a réussi un exercice de tir d'artillerie anti-drone dans un brouillard à couper au couteau. Une démonstration de force qui tombe à pic pour la Marine française.

Un entraînement explosif pour la FREMM Normandie. © Marine nationale
Un entraînement explosif pour la FREMM Normandie. © Marine nationale

La frégate multi-missions (FREMM) Normandie ne chôme pas en mer. Comme nous l'apprend la Marine nationale, elle vient de boucler avec succès un exercice d'artillerie pensé pour une menace bien précise. Il s'agit évidemment des drones, ces nouveaux indésirables des théâtres d'opération. La frégate a engagé deux cibles simulant des drones volant à 80 nœuds, dans des conditions météo particulièrement dégradées. Un résultat qui confirme l'efficacité de la modernisation récente du navire et qui renforce sa préparation opérationnelle.

La FREMM Normandie prend les drones à toute vitesse dans sa ligne de mire

Nous parlions de nouveaux indésirables, mais à ce stade, les drones ne sont plus franchement une curiosité technologique sur le champ de bataille. Ils sont devenus une menace à part entière, rapide et difficile à intercepter. C'est précisément pour s'y préparer que la FREMM Normandie a conduit son exercice en mer, en engageant deux cibles de type ALBA simulant des drones volant à basse altitude, à 80 nœuds environ, soit près de 150 km/h.

Deux objectifs étaient dans le viseur ce jour-là. D'abord, tester la réactivité des tireurs, avec une capacité à verrouiller une cible mobile en quelques secondes, puisque le temps de réaction est crucial face à un drone. Ensuite, évaluer la précision du canon de 76 mm de la frégate, désormais couplé à la nouvelle conduite de tir STIR installée lors du dernier arrêt technique.

La conduite de tir STIR mérite qu'on s'y attarde un instant, puisque c'est en quelque sorte le cerveau du canon. C'est elle qui calcule, suit et guide le tir vers la cible. Installée lors du dernier arrêt technique de la frégate, elle constitue selon la Marine nationale un gain majeur pour l'autodéfense du navire. Cet exercice en conditions réelles dégradées en a apporté la preuve concrète.

Dans le brouillard et avec des limites dépassées, la frégate marque des points

Ce jour-là, la météo avait décidé de compliquer la tâche. Un brouillard dense a réduit la visibilité à moins de 200 mètres, soit à peine la longueur de deux terrains de football. Dans ces conditions et avec cette purée de pois, détecter, suivre et abattre des cibles volant à 150 km/h est un vrai défi technique sérieux, tant pour les tireurs que pour les équipements embarqués.

Les deux cibles ALBA ont été abattues, et ce au-delà des limites habituelles du système d'armes, ce qui signifie concrètement que la frégate a fait mieux que ce qu'on attendait d'elle. Pour la Marine nationale, c'est la confirmation que la modernisation avec le STIR a bel et bien renforcé l'autodéfense du navire.

Le vice-amiral d'escadre Cluzel, à la tête des forces de l'Atlantique, avait fait le déplacement à bord pour assister à l'exercice en personne. Sa présence traduit toute l'importance stratégique accordée à cet entraînement. Il a pu voir de ses propres yeux que la FREMM Normandie est capable d'opérer efficacement, même quand les conditions s'y opposent.