La Marine nationale a réussi à déployer un drone sous-marin américain depuis un sous-marin nucléaire d'attaque en plongée, au large de Toulon. Une manœuvre inédite, qui ouvre la voie à de nouvelles capacités opérationnelles.

Le ministère des Armées nous apprend qu'entre le 16 et le 20 mars 2026, un sous-marin nucléaire d'attaque français a projeté et récupéré un drone sous-marin américain en plongée, depuis son dry deck shelter (DDS), ou valise sèche en français, au large de Toulon. Une première pour la Marine nationale, réalisée en coopération avec l'US Navy et la Direction générale de l'Armement (DGA). Ces essais, réussis, posent les jalons d'un emploi opérationnel de drones sous-marins par les forces françaises.
Un drone sous-marin lancé en plongée, la Marine nationale teste ses capacités du haut du spectre
Pendant cinq jours au large de Toulon, un sous-marin nucléaire d'attaque français a répété la même opération. Elle consistait à ouvrir son dry deck shelter (on en reparle dans un instant) laisser partir un drone sous-marin américain en mission autonome, puis le rapatrier à bord, et ce, à chaque fois, sans jamais remonter à la surface pour reprendre de l'air ou ajuster quoi que ce soit. Une contrainte technique redoutable, qui exige une précision absolue.
Au cœur de l'opération, on retrouve cette pièce d'équipement méconnue du grand public, le fameux dry deck shelter, ou DDS. Il s'agit d'un module étanche fixé sur le dos du sous-marin, qui permet de faire entrer ou sortir du matériel, en l'occurrence ici, un drone, sans que l'eau n'envahisse le bâtiment. Voyez cela comme à un sas de décompression, avec une chambre intermédiaire qui fait le lien entre l'intérieur pressurisé du sous-marin et l'immensité des fonds marins.
Entre deux sorties, le drone a pu collecter des mesures océanographiques, cartographiant en quelque sorte le milieu marin environnant. Une façon de démontrer que ces engins ne sont pas de simples cobayes de labo, mais des outils potentiellement utiles, et ce dès maintenant. Le ministère des Armées assume son objectif d'intégrer ce type de drones dans de vraies missions opérationnelles.

France-États-Unis, une interopérabilité sous-marine qui fonctionne
Cet essai aura demandé une préparation minutieuse, impliquant trois acteurs complémentaires, qui ont dû se coordonner. D'abord, les Américains ont transmis les spécifications techniques de leur drone ainsi que les procédures pour le récupérer en toute sécurité. Les forces sous-marines françaises ont ensuite planché sur le déroulé concret de l'essai. Et la Direction générale de l'Armement, elle, a veillé à la rigueur technique de l'ensemble.
Le domaine sous-marin est l'un des plus secrets qui soit, comme le rappelle le ministère de Armées. Que la France et les États-Unis aient accepté de travailler ensemble sur des équipements aussi sensibles, en échangeant des données techniques confidentielles et en appliquant des procédures communes d'une grande complexité, en dit long sur le niveau de confiance mutuelle atteint, malgré les déclarations encore brûlantes de Donald Trump à l'encontre de la France.
En réussissant cet essai aux côtés de l'US Navy, l'une des marines les plus avancées au monde, la France envoie un signal fort sur le niveau de ses forces sous-marines. Mais surtout, ces essais réussis au large de Toulon posent les bases d'un emploi opérationnel des drones sous-marins, une perspective que l'armée française entend désormais explorer sérieusement.