Le 2 avril 2026, l'armée de l'Air et de l'Espace a réalisé ses premiers tirs anti-drone au missile Hellfire depuis un MQ-9 Reaper. Une première historique pour la défense aérienne française.

Le MQ-9 Reaper, drone MALE sur lequel la France compte beaucoup. © Olivier Le Comte / Défense / armée de l'Air et de l'Espace
Le MQ-9 Reaper, drone MALE sur lequel la France compte beaucoup. © Olivier Le Comte / Défense / armée de l'Air et de l'Espace

Voilà une étape très importante pour la défense aérienne française. Le 2 avril, sur l'île du Levant, dans le Var, le MQ-9 Reaper, un drone MALE (moyenne altitude longue endrance) a tiré pour la première fois des missiles Hellfire sur des cibles drones, avec succès. En à peine trois mois, l'armée de l'Air et de l'Espace a transformé son drone de surveillance en véritable chasseur de petits aéronefs.

Lutte anti-drone France : le MQ-9 Reaper tire des missiles Hellfire pour la première fois

Le 2 avril 2026, sur le champ de tir de l'île du Levant, dans le Var, l'armée de l'Air et de l'Espace a fait dans l'inédit. Pour la première fois, un MQ-9 Reaper a visé et abattu des drones cibles à l'aide de missiles Hellfire. Ces tirs d'expérimentation, menés conjointement avec la Direction générale de l'Armement (DGA) et le Centre d'expertise aérienne militaire (CEAM), se sont conclus par un plein succès.

La rapidité d'exécution est salutaire, puisqu'il faut rappeler que le missile Hellfire n'était entré en service dans l'armée de l'Air et de l'Espace que trois mois avant ces tirs. C'est la Weapons School du Centre d'expertise aérienne militaire, l'école chargée de développer les nouvelles tactiques de combat aérien, qui a piloté cette adaptation, main dans la main avec les équipages de la 33e escadre de surveillance, de reconnaissance et d'attaque.

Le MQ-9 Reaper est ce qu'on appelle un drone MALE, pour moyenne altitude, longue endurance, qui est capable de rester en vol pendant 32 heures, en déployant son envergure de 20 mètres bien au-dessus des nuages, jusqu'à 14 000 mètres l'altitude. Beau bébé de 4,76 tonnes piloté à distance par quatre aviateurs (un pilote, un opérateur-capteur, un officier de renseignement et un exploitant image), il excelle depuis plusieurs années maintenant dans la surveillance et la frappe de précision. À son tableau de chasse s'ajoute désormais une nouvelle mission, celle de traquer et neutraliser les drones adverses

L’armée de l’Air et de l’Espace réalise ses premiers tirs anti-drone depuis un MQ-9 Reaper. Ici, avant l'impact. © armée de l'Air et de l'Espace
L’armée de l’Air et de l’Espace réalise ses premiers tirs anti-drone depuis un MQ-9 Reaper. Ici, avant l'impact. © armée de l'Air et de l'Espace
Et là, après l'impact. © armée de l'Air et de l'Espace

La France renforce son arsenal aérien face aux nouvelles menaces

Le drone MQ-9 Reaper rejoint un arsenal anti-drone déjà bien étoffé au sein des armées françaises. L'armée de l'Air et de l'Espace peut déjà compter sur le Rafale, l'hélicoptère Fennec et des systèmes de défense sol-air pour contrer les menaces aériennes, et des drones spécialement conçus pour abattre d'autres drones sont attendus prochainement. L'idée est de disposer à terme d'une réponse adaptée à chaque type de menace, du plus simple au plus complexe.

Dans ce dispositif, le Reaper occupe une place à part. Là où d'autres systèmes interviennent ponctuellement, lui peut patrouiller silencieusement pendant des heures au-dessus d'une zone sensible, l'œil grand ouvert grâce à ses capteurs haute définition, avant de frapper si une menace drone se présente, que ce soit à basse ou moyenne altitude. Un profil qui en fait bien un acteur clé de la lutte anti-drone.

Les drones sont devenus une menace incontournable sur tous les champs de bataille. On le voit depuis quatre ans en Ukraine, mais aussi au Moyen-Orient depuis plus d'un mois. En équipant son Reaper d'une capacité anti-drone, l'armée française prend acte de cette réalité et renforce une défense aérienne pour les conflits d'aujourd'hui et de demain.