Le département de la Défense américain est décidé à tirer parti des géants de l'intelligence artificielle (IA). C'est au tour de Google de collaborer bien plus étroitement avec le Pentagone, qui va exploiter la puissance de Gemini.

Vue aérienne du Pentagone, qui abrite le quartier général du département de la Défense américain. ©Faysal06 / Shutterstock
Vue aérienne du Pentagone, qui abrite le quartier général du département de la Défense américain. ©Faysal06 / Shutterstock

C'est un aspect qui secoue le monde de l'IA en ce moment. Alors que les États-Unis poursuivent leurs frappes militaires en Iran, les autorités veulent absolument utiliser les modèles de pointe dans leur programme de défense. Et gare aux refus : Anthropic a été placée sur liste noire car elle s'opposait à deux usages controversées.

De son côté, OpenAI a passé un accord avec le Pentagone mais depuis, sa cote de popularité en a pris un coup. Visiblement, pas de quoi effrayer Google.

Les agents Gemini débarquent au Pentagone

La firme de Mountain View déploie ses agents IA Gemini auprès des 3 millions d'employés du Pentagone, civils comme militaires. Ainsi, huit agents préconfigurés seront d'abord mis à disposition, couvrant des tâches administratives comme la synthèse de réunions, la création de budgets, ou encore la vérification de la conformité des actions envisagées avec la stratégie de défense nationale.

Dans un premier temps, ils seront uniquement actifs sur les réseaux non classifiés, là où se concentre la majorité des utilisateurs, mais des négociations sont en cours pour étendre l'accès aux réseaux classifiés et top secret. À terme, certaines IA pourraient avoir un impact opérationnel direct, en assistant par exemple à la planification militaire ou à l'estimation des ressources nécessaires pour des opérations. Pour rappel, l'armée a exploité Claude à des fins de renseignement, ainsi que pour la sélection de cibles et la réalisation de simulations de champ de bataille dans le cadre de ses attaques en Iran.

Selon Bloomberg, la planification d'un exercice militaire impliquant jusqu'à 50 000 soldats, qui prenait auparavant six mois, a été ramenée à six semaines grâce au portail IA utilisé par le département de la Défense.

Google Gemini
  • Un modèle de génération puissant
  • Une base de connaissances actualisée en temps réel
  • Gratuit et intégré à l'écosystème Google
8 / 10

Fronde interne ?

Outre OpenAI et Google, le département de la Défense exploite aussi la technologie de xAI pour optimiser ses activités. Une accélération massive, qui peut bien entendu poser question.

D'ailleurs, il n'est pas certain que les employés de Google apprécient. En 2018, des milliers d'entre eux ont protesté contre sa participation au Project Maven, un programme militaire visant à développer une IA pour analyser des flux vidéo issus des drones de combat américains à l'étranger. La pression interne avait alors été suffisamment forte pour que l'entreprise renonce à renouveler son contrat.

Mais le contexte a drastiquement changé, et le géant du Web a même levé certaines de ses restrictions sur la coopération militaire. En février, ses principes d'IA ont discrètement été modifiés : ses engagements pour ne jamais concevoir ni déployer d'outils IA destinés aux armes ou à la surveillance ont tout bonnement disparus du texte.

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Source : Bloomberg