Si le vaste contrat établi par OpenAI avec le Pentagone est une victoire côté business, pas sûr qu'il s'agisse de la décision la plus sage pour la réputation de l'entreprise. Car la fronde continue de grossir.

Le logo d'OpenAI. ©Prathmesh T / Shutterstock
Le logo d'OpenAI. ©Prathmesh T / Shutterstock

Le 27 février dernier, OpenAI a annoncé la conclusion d'un deal majeur avec le département de la Défense américain. Un timing curieux : la veille, le gouvernement annonçait que sa rivale Anthropic était désormais considérée comme un risque pour la chaîne d'approvisionnement.

En cause, le refus de son P.-D.G, Dario Amodei, que ses intelligences artificielles (IA) facilitent la surveillance de masse et intègrent des armes autonomes. Si Sam Altman, patron d'OpenAI, assure avoir obtenu ces garanties, la pilule n'est pas passée auprès du public. Les désinstallations de ChatGPT ont explosé de 295 %, et les employés sont également monté au créneau.

On ne peut plus équivoque

Dans une publication partagée ce samedi 7 mars, Caitlin Kalinowski, qui dirigeait l'unité dédiée au hardware chez OpenAI, a fait part de sa démission. Il ne s'agit pas de n'importe qui : après presque six ans chez Apple où elle a travaillé le design des MacBook, l'ingénieure a passé plus d'une décennie chez Meta, où elle a notamment piloté le projet Orion, des lunettes de réalité augmentée avancées qui n'ont pas encore été commercialisées.

« J'ai démissionné d'OpenAI. Je suis très attaché à l'équipe Robotique et au travail que nous avons accompli ensemble. Cette décision n'a pas été facile à prendre », explique-t-elle. Et la raison de son départ ne fait aucun doute : « L'IA joue un rôle important dans la sécurité nationale. Mais la surveillance des Américains sans contrôle judiciaire et l'autonomie létale sans autorisation humaine sont des questions qui méritaient davantage de réflexion qu'elles n'en ont reçu », poursuit-elle.

Plusieurs départs

Kalinowski, qui affirme vouloir poursuivre ses efforts dans l'IA physique par la suite, n'est pas la seule employée d'OpenAI à avoir claqué la porte. L'accord avec le Pentagone a causé une véritable onde de choc en interne, malgré la promesse de Sam Altman d'amender le texte pour prévenir les usages les plus controversés.

Un autre chercheur, Aidan McLaughlin, a publiquement regretté le contrat, tandis qu'un autre salarié a confié que ses collègues admiraient Anthropic pour s'être opposée au Pentagone. En parallèle, Claude connaît ses plus grandes heures de gloire, et demeure en tête de l'App Store américain.

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