Dans une rare mise à jour officielle, l'agence spatiale chinoise (CNSA) a confirmé que la sonde Tianwen-2 poursuit sa route nominalement vers l'astéroïde Kamoʻoalewa. Sa mission devrait consacrer l'Empire du Milieu comme une puissance de premier plan dans l'exploration de l'espace.

Vue d'artiste d'un astéroïde. ©buradaki / Shutterstock
Vue d'artiste d'un astéroïde. ©buradaki / Shutterstock

En 2016, la sonde OSIRIS-REx de la NASA a atteint l'astéroïde Bennu pour y effectuer un prélèvement. Sept ans plus tard, elle a marqué l'histoire en rapportant 121,6 grammes de poussière et de roches carbonées sur Terre. De quoi offrir aux scientifiques des indices précieux sur la formation du Système solaire et l'origine de l'eau sur Terre. La Chine veut réitérer l'exploit.

Un satellite qui intrigue les scientifiques

Lancée le 28 mai 2025 par une fusée Long March 3B, Tianwen-2 entame actuellement la phase finale de son voyage vers Kamoʻoalewa. Si tout se passe comme prévu, elle arrivera à destination en juillet 2026. Ce petit astéroïde de 40 à 100 mètres de diamètre fascine la communauté scientifique : il s'agit d'un « quasi-satellite » de la Terre qui, selon certaines analyses, pourrait être un fragment de notre propre Lune, éjecté lors d'un impact massif il y a des millions d'années.

Cette mission s'inscrit dans la lignée directe de Tianwen-1, le premier grand succès planétaire de la Chine. En 2021, le pays a réussi l'exploit de placer un orbiteur autour de Mars, tout en faisant atterrir le rover Zhurong sur la surface de la planète rouge dès sa première tentative. La CNSA entend désormais capturer de la poussière d'astéroïde, un défi technique encore plus complexe.

Tianwen-2, avec la Terre en fond, dans une image partagée en octobre 2025. ©CNSA
Tianwen-2, avec la Terre en fond, dans une image partagée en octobre 2025. ©CNSA

Un système de collecte polyvalent

Pour garantir le succès de la collecte, la Chine a conçu un système polyvalent. Contrairement aux missions précédentes qui se contentaient d'un seul mode, Tianwen-2 utilisera plusieurs méthodes distinctes selon la nature du terrain.

Le premier s'apparente à la mission OSIRIS-REx. Concrètement, la sonde effectuera un contact ultra-rapide avec la surface pour aspirer des fragments de régolithe. Le second, lui, consistera à forer et et extraire des échantillons plus profonds si la surface est trop rocheuse.

Cette mission, au-delà de la démonstration de la force de frappe technique de la Chine, sert également de banc d'essai pour le futur : les technologies de navigation autonome et de forage sont les piliers de Tianwen-3, dont l'objectif sera de rapporter des échantillons de Mars jusqu'à la Terre.

Source : Space News