Il y a dix-huit mois, Xiaomi livrait ses premières voitures électriques. Aujourd’hui, le constructeur chinois gagne déjà de l’argent et se fixe un objectif de 550 000 véhicules livrés en 2026. La gamme commence aussi à s’élargir, et d'intéresser les marchés au-delà de l'empire du Milieu.

Pour renforcer sa présence, Xiaomi prépare plusieurs nouveaux modèles pour 2026. Parmi eux, un SUV à cinq places et un SUV à sept places avec autonomie étendue - ©Tada Images / Shutterstock
Pour renforcer sa présence, Xiaomi prépare plusieurs nouveaux modèles pour 2026. Parmi eux, un SUV à cinq places et un SUV à sept places avec autonomie étendue - ©Tada Images / Shutterstock

Quand Xiaomi a lancé sa première berline électrique au printemps 2024, personne, surtout les constructeurs automobiles, n'a eu peur de cette percée de la marqué, surtout connue pour ses smartphones. Et à tort. Car en seulement dix-huit mois après ses premières livraisons, l’activité automobile de Xiaomi est devenue rentable. À titre de comparaison, comme le rappellent nos confrères de Bloomberg, Tesla avait mis près de deux fois plus de temps pour atteindre ce palier.

Lei Jun, le fondateur et dirigeant de Xiaomi, voit désormais les choses en grand. Lors d’un direct télévisé, il a indiqué vouloir livrer 550 000 véhicules en 2026. Il ne fait que continuer sur sa lancée.Comme on le disait récemment, en Chine, Xiaomi a multiplié les livraisons ces derniers mois et ses modèles ont rapidement trouvé leur public. Les volumes ont progressé à un rythme soutenu et certains constructeurs locaux ont commencé à réagir. Et si l'on sort des frontières, en Europe comme aux États-Unis, plusieurs groupes automobiles observent désormais les performances de Xiaomi avec attention.

Le SU7 et le YU7 donnent la cadence sur le marché chinois

En Chine, deux modèles cartonnent auprès des automobilistes : le SUV SU7 et le YU7, un autre véhicule de la marque. Selon Karl‑Thomas Neumann, ancien dirigeant de Volkswagen Chine, le SU7 Ultra envoie un signal fort aux constructeurs occidentaux. Quant à Marques Brownlee, journaliste et influenceur spécialisé dans la technologie, il a vanté la qualité de l’intégration logicielle du modèle, qu’il considère « incroyable ».

Pour renforcer sa présence, Xiaomi prépare plusieurs nouveaux modèles pour 2026. Parmi eux, un SUV à cinq places et un SUV à sept places avec autonomie étendue. Les véhicules seront dotés d'une batterie électrique et d'un petit moteur à essence qui recharge la batterie en cas de besoin, pour augmenter l’autonomie. Les équipes de la marque veillent par ailleurs surtout à s'adapter aux exigences locales et aux standards de sécurité des marchés étrangers.

Pourtant, les débuts ont été chaotiques pour Xiaomi. Deux incidents impliquant le SU7 ont poussé les autorités chinoises à publier de nouvelles normes sur la sécurité des batteries et l’assistance à la conduite. Mais ces bâtons dans les roues n'ont pas ralenti des ventes qui continuent de croître et de plaire aux consommateurs.

Selon nos confrères de Bloomberg, pour l'ex PDG de Volkswagen Chine le Xiaomi U7 Ultra est un « signal d'alarme retentissant » pour les constructeurs automobiles occidentaux - ©Tada Images / Shutterstock
Selon nos confrères de Bloomberg, pour l'ex PDG de Volkswagen Chine le Xiaomi U7 Ultra est un « signal d'alarme retentissant » pour les constructeurs automobiles occidentaux - ©Tada Images / Shutterstock

Xiaomi investit dans les puces pour soutenir ses VE et anticiper les contraintes du marché

Après ce succès dans l’électrique, Xiaomi a développé sa propre puce, le Xring O1, présentée en mai dernier. Ce processeur de 3 nanomètres est destiné aux nouvelles tablettes et aux systèmes embarqués des véhicules électriques. Lei Jun a expliqué que fabriquer ce composant en interne permet à l’entreprise de mieux contrôler la performance de ses appareils et la cohérence entre matériel et logiciel. Les ingénieurs peuvent ainsi calibrer la puissance du processeur selon les besoins des différents produits, et réduire la dépendance aux circuits intégrés fournis par des tiers.

Et on peut dire qu'il a eu le nez creux, compte tenu de la pénurie sur le marché mondial des composants. Plusieurs fournisseurs de puces mémoire ont rencontré des difficultés d’approvisionnement, et Xiaomi craint que cette situation fasse grimper le prix de ses smartphones et autres appareils électroniques. La société prépare donc des stratégies pour sécuriser ses stocks et limiter les effets d’une éventuelle pénurie. Elle organise ses chaînes de production et planifie la fabrication interne de certaines puces afin de garantir la continuité des livraisons et la stabilité des performances de ses produits.

Source : Bloomberg (accès payant)