La crise de la mémoire vive s'accentue encore un peu plus. Désormais, les prix grimpent tellement vite que certains magasins refusent même d'afficher des tarifs fixes…

Le marché de la mémoire vive n'est pas au beau fixe. ©Kinek00 / Shutterstock
Le marché de la mémoire vive n'est pas au beau fixe. ©Kinek00 / Shutterstock

Confrontés à un marché en surchauffe, des revendeurs japonais commençaient, il y a quelques semaines, à rationner la vente de barrettes de mémoire vive. De leur côté, des enseignes connues aux États-Unis, à l'instar de Central Computers ou Micro Center, proposent maintenant leurs produits au prix du jour, comme s'il s'agissait de produits frais.

En quelques semaines, des kits grand public ont doublé ou triplé de prix. Les 32 Go qui coûtaient 100 à 130 dollars cet automne dépassent les 400 dollars, tandis que des kits de 64 Go frôlent les 900 dollars. Une pratique

Les fabricants fournissent les data centers avant tout

Mais pourquoi une telle envolée des prix ? Il ne suffit pas de chercher très loin. Des géants comme Microsoft, Google, Amazon ou NVIDIA passent des commandes absolument colossales en DRAM pour répondre à la demande insatiable des data centers d'intelligence artificielle (IA). Et bien entendu, ils paient bien plus cher que le grand public pour mettre la main sur le précieux sésame.

En conséquence, les spécialistes comme Samsung, SK Hynix ou Micron privilégient les lignes de production les plus rentables. À cela s'ajoutent d'autres facteurs qui n'arrangent pas la situation, notamment la transition accélérée vers la DDR5, les fluctuations douanières américaines ainsi qu'une production mondiale qui n'avait tout bonnement pas anticipé une telle ruée sur la DRAM.

Une tendance qui affecte directement les consommateurs, notamment de PC, mais aussi de consoles et même smartphones. Une hausse des prix semble inévitable : alors que Valve a déjà prévenu que le prix de sa Steam Machine dépendrait directement du marché, AMD et NVIDIA ont fait savoir que leurs prochaines cartes graphiques pourraient coûter plus cher pour compenser le coût de la mémoire.

Des puces de DRAM. ©Shutterstock
Des puces de DRAM. ©Shutterstock

Quelles solutions ?

Pour leur part, les acteurs concernés essayent de s'ajuster au mieux en faisant le plein de provisions. Le champion de la production de DRAM, SK Hynix, a en outre fait savoir qu'il multiplierait par huit sa production en 2026. Mais est-ce que cela sera suffisant, alors que les géants de l'IA continuent d'annoncer des partenariats mirobolants pour accroître leur puissance de calcul ?

Malheureusement, il semblerait que sur le court terme, aucune solution envisageable n'existe. Outre une accélération drastique de la production, il faudrait aussi que la demande du côté du cloud ralentisse… ou que la bulle de l'IA éclate enfin, comme le prédisent certains analystes.

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Sources : The Verge, PC World