Yahoo! Search : "nous sommes au top sur l'interface"

22 février 2010 à 18h31
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De passage en Europe, Yoelle Maarek, chercheur au laboratoire Yahoo! Labs en Israël, a présenté l'avenir du moteur de recherche de la société Internet au lendemain des accords signés avec Microsoft. En effet, vendredi dernier, la Commission Européenne et les autorités de régulation américaines ont donné leur feu vert au partenariat de 10 ans annoncé par les deux parties l'été dernier. A l'heure actuelle, seules les autorités de la concurrence de Corée, de Taïwan et du Japon doivent donner leur aval pour que les fruits de cette entente soient déployés au sein de ces trois pays.

Commençons par rappeler que la société Yahoo! se placera en régie publicitaire sur les sites de Yahoo! et Bing. Par ailleurs, Yahoo! bénéficiera des serveurs de Microsoft et notamment tout ce qui touche à l'infrastructure de gestion (climatisation/refroidissement des machines). Yahoo! tient à le crier haut et fort : « nous sommes toujours dans la course », déclare Yoelle Maarek - également ex-employée de chez Google - « et nous sommes en compétition avec Bing ».

Mme Maarek explique qu'après deux batailles axées sur l'infrastructure matérielle et l'analyse de liens, le troisième enjeu réside dans l'expérience offerte à l'utilisateur, ou, pour reprendre le terme technique anglais le frontend. Cela se traduit par l'affichage des résultats et des fonctionnalités secondaires telles que l'auto-remplissage d'une requête. « Lorsque je travaillais chez Google, nous avions beaucoup de respect pour Yahoo! parce que l'on voyait bien qu'ils prenaient des risques », ajoute Yoelle Maarek.

Pour Yahoo! il s'agit véritablement de redorer son image en expliquant que même si la part de marché de son moteur de recherche n'atteint pas les sommets de celle de Google, la firme n'en reste pas moins innovante. Yoelle Maarek explique notamment que la technologie Search Monkey fut reprise par Google et rebaptisée Rich Snippets. Pour mémoire, Search Monkey permettait aux éditeurs et/ou blogueurs de présenter comme ils le souhaitent leurs sites au sein des résultats de recherche (par exemple avec quelques liens de navigation) via un jeu de métadonnées (RDF). « Dites-nous de quelle manière vous souhaitez que l'on présente vos résultats et de notre côté nous vérifions juste que le site est légitime », explique-t-elle ainsi. En France Allociné fait notamment usage de cette technologie.

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Yahoo! souligne également avoir été le premier à déployer son assistant de recherche offrant la remplissage automatique des requêtes. « Je le sais bien, c'est moi et mon équipe qui en étions chargés », affirme la chercheuse avant de préciser : « Yahoo! l'a fait en 2007 et Google en 2008 ». Cette petite fonctionnalité qui passerait presque inaperçue requiert pourtant une lourde infrastructure puisque les serveurs doivent retourner des suggestions à la vitesse de frappe des internautes.

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Alors qu'est-ce qui différencie Google de Yahoo! ? « Yahoo! n'est pas une boîte d'ingénieurs mais de chercheurs », nous explique-t-on. Alors que Yahoo! cherche à satisfaire l'ensemble des utilisateurs, les ingénieurs de Google produiraient des outils répondant à leurs propres besoins et donc « un peu trop geek pour l'utilisateur lambda ». La culture interne serait également différente car si les chercheurs de Yahoo! se doivent de publier les fruits de leurs recherches en les mettant à disposition de tout le monde, Google interdirait cette pratique pour conserver le secrets des travaux effectués en interne. « Nous attirons les chercheurs qui souhaitent publier, nous sommes jugés sur nos publications, comme un prof à la fac », explique M. Maarek. Ce sont d'ailleurs précisément, les critiques reçues pour une publication qui permettent aux chercheurs de se remettre en cause ou d'approfondir un projet.

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A l'avenir Yahoo! devrait donc accélérer ses travaux sur la présentation des résultats notamment en regroupant les informations et médias de plusieurs sites Internet partenaires au sein d'un même module (Web of Things). Yahoo! devrait également analyser le surf d'un internaute afin de mieux cerner la requête demandée à partir d'une page web précise. « Si je fais une requête sur le mot "football" sur Yahoo! Sport à priori je veux des résultats sportifs », déclare Yoelle Maarek. L'enjeu reste véritablement de ne pas trop cibler l'internaute. « Nous souhaitons repérer les intentions d'une personne mais pas l'identifier en tant qu'individu. Il ne faut pas pouvoir regrouper les résultats au travers de vos requêtes », ajoute-t-elle en mentionnant la bourde d'AOL en 2006.

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En utilisant les serveurs de Microsoft pour procéder aux calculs des résultats, Yahoo! devrait économiser quelque 100 millions de dollars qui seront réinvestis directement sur l'infrastructure utilisée pour le frontend. Reste à savoir si la part de marché suivra et saura repasser au-dessus des 20%. Quoiqu'il en soit Yahoo! semble vouloir communiquer davantage sur ses efforts dans le domaine de la recherche et ne souhaite pas être laissé pour compte sur ce marché.
Modifié le 18/09/2018 à 14h42
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