Un pic de commandes de pizzas près du Pentagone coïncide avec les menaces de Donald Trump contre l'Iran. Cette technique d'OSINT improbable, qui fait le buzz, s'impose désormais comme baromètre des tensions géopolitiques.

Qui l'eût cru, que les pizzas serviraient à prédire de grands événements militaires ? © Pablo Morales Food / Shutterstock
Qui l'eût cru, que les pizzas serviraient à prédire de grands événements militaires ? © Pablo Morales Food / Shutterstock

Dans la nuit de mardi à mercredi, les commandes de pizzas ont grimpé de 167% chez Papa John's, à quelques kilomètres du Pentagone. Mercredi 28 janvier, tôt dans la matinée aux États-Unis, le président Donald Trump a publié un message évoquant une armada américaine qui fait route vers l'Iran. Simple coïncidence ? Pas pour les adeptes du « Pentagon Pizza Index », cet indicateur OSINT aussi surprenant qu'efficace qui scrute les livraisons de pizzas pour détecter les crises militaires imminentes.

Le Pentagon Pizza Index : de l'anecdote au renseignement open source efficace

Si le buzz de Papa John's Pizza a été remis au goût du jour avec l'assaut de l'armée américaine au Venezuela, il faut savoir que l'anecdote fondatrice date d'août 1990. À l'époque, Frank Meeks, propriétaire de 43 franchises Domino's à Washington, remarque une commande record de 21 pizzas à la CIA. Le lendemain, l'Irak envahit le Koweït et déclenche la guerre du Golfe. La corrélation intrigue, mais c'est en décembre 1998, lors de l'impeachment de Clinton et de l'opération Desert Fox, qu'elle se confirme vraiment.

Le raisonnement est le suivant : quand une crise couve, les équipes du Pentagone enchaînent les nuits blanches. Pas le temps de rentrer dîner à la maison. La pizza devient le carburant des salles de guerre, comme la Red Bull celle des pilotes du Dakar. En juin 2025, l'indice s'emballe avant que Trump n'annonce des frappes contre les sites nucléaires iraniens de Fordow et Natanz.

Et début janvier, l'explosion est spectaculaire, avec une hausse de 1 250% d'augmentation avant l'opération au Venezuela, qui a abouti à la capture deu président local Nicolas Maduro, désormais détenu aux États-Unis. Une vraie donnée de renseignement. Ce mardi 27 janvier, avec 167%, on est resté en-deçà. Mais le niveau « DOUGHCON », cette parodie de l'échelle DEFCON militaire, est passé à 4, suffisant pour déclencher l'alerte sur les réseaux sociaux.

Des pizzerias sous surveillance permanente, avec Google Maps et de l'OSINT en ingrédients

Ce sont pas moins de six pizzerias qui sont désormais surveillées en temps réel grâce aux données de fréquentation Google Maps. Des comptes comme Pentagon Pizza Watch agrègent ces informations et les croisent avec d'autres signaux. On sait par exemple que l'affluence dans certains bars proches du Pentagone chute quand l'activité militaire s'intensifie, un autre indicateur inattendu. L'OSINT, le renseignement en données ouvertes, est ici utilisé à merveille par les observateurs.

Les marchés prédictifs ont flairé le filon. Sur Polymarket, une plateforme en ligne très addictive qui permet de parier sur tout et n'importe quoi, un trader a empoché 80 000 dollars en pariant sur l'intervention au Venezuela grâce au Pizza Index. Derrière, tout un écosystème complet s'est développé, avec un token crypto $PPW et des tableaux de bord interactifs qui croisent les commandes de pizzas et marchés prédictifs. Le projet pizzint.watch se professionnalise même avec une API en préparation pour les développeurs.

Donald Trump le martèle dans sa déclaration du 28 janvier, l'Iran doit accepter un accord (un « deal ») sans nucléaire, sinon la riposte dépassera l'opération Midnight Hammer, menée contre le pays l'été dernier. Il est difficile d'ignorer un indicateur qui a vu juste à plusieurs reprises, certes, mais n'est-ce pas trop gros, ici, pour être vrai ? Les faits le diront.