Vidéoprotection contre vidéosurveillance, une e-bavure relance le débat

01 juin 2018 à 15h36
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À nouveau, la vidéosurveillance fait polémique. Depuis le début de semaine, les médias se sont l'écho d'une vidéo publiée sur le réseau social Facebook par un agent de la police des transports, montrant une violente agression dans un bus de nuit de la RATP (Noctilien). Cette foi encore, la question de la formation des agents, du contrôle des images, de leur destination et de leur durée de conservation est en jeu.

Mise en ligne le 17 décembre 2008 sur Facebook (200 millions d'inscrits), la vidéo de l'agression enregistrée le 7 décembre 2008 vers 03H45 dans le XVIIIe arrondissement de Paris, montre quatre adolescents s'acharner sur un jeune homme. Sur ces images, plusieurs autres usagers sont violentés, des insultes racistes sont prononcées et l'on voit certaines personnes tenter de s'interposer en vain. Cette vidéo aurait ensuite été reprise sur les sites de partage de vidéos You Tube et Dailymotion avec des titres tels qu'« Agression d'un blanc dans un bus RATP par des racailles » ou encore « Racailles anti-Français agresse dans un bus », laissant planer le doute sur les intentions des auteurs.

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Copie d'écran de la vidéo incriminée
Suite à ces diffusions, un agent du service régional de la police des transports (SRPT) a été mis en garde à vue, mercredi 8 avril, puis libéré après qu'il ai concédé avoir agi « pour faire voir à (ses) "amis" » ses conditions de travail. Il a alors assuré ne pas être responsable de la publication de ces images sur d'autres sites.

D'après la préfecture de police, les images de la RATP « sont (normalement) transmises sur réquisitions à des policiers qui les placent sous scellés », ces éléments « faisant partie du secret de l'enquête ». La RATP a donc porté plainte et une enquête judiciaire a été ouverte.

Dans cette affaire, certains ne voudraient retenir que le fait que trois des quatre agresseurs ont, après identification, été retrouvés et arrêtés. Reste que, comme le précisait Alex Türk, président de la Cnil, le 7 avril dernier dans une interview accordée au quotidien Les Échos, « certaines études parlent d'un abaissement de la délinquance de 30% à 40% dans les zones placées sous surveillance vidéo, mais personne ne nous dit s'il s'agit d'un abaissement ou d'un déplacement de la délinquance ». Il avait pour l'occasion dénoncé « le flou juridique qui règne sur le régime applicable et la question du contrôle » de ces systèmes.

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Alex Türk
Lors du même entretien, Alex Türk est même allé plus loin en évoquant, l'idée d'un financement de l'organisme de contrôle numérique par les acteurs de l'informatique, les collectivités locales et les entreprises. Car pour lui, « notre société est fascinée par la technologie et nous ne sommes pas capables de résister à cette tentation ». En parlant des nanotechnologies : « dans une dizaine d'années, on disposera de systèmes d'information si petits qu'ils ne seront plus visibles, même avec un microscope classique. Le risque, c'est que nous n'aurons jamais plus la garantie d'être seul ». Et à propos d'Internet, « on est devant un troc. Je donne des informations qui nourrissent le système qui à son tour me donne la structure pour partager. Jusque-là, tout va bien. Mais si le système veut garder les informations et les utiliser, la relation devient unilatérale ». Au contact du Net, l'expression « vidéoprotection » perdrait-elle son sens sans un contrôle efficace des systèmes?
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