Nous ne nous attendions clairement pas à retrouver aussi rapidement Nothing sur le segment du casque audio, après un excellent Headphone (1) en 2025, et le Headphone (a) en mars, l’un des meilleurs rapports qualité-prix actuellement. Le Headphone (1) Pro est à ce titre une belle montée en gamme, sur la forme, encore plus luxueuse, et sur le fond, d’une ambition démesurée. Un produit résolument haut de gamme, mais étonnamment abordable (349 euros) par rapport à ce qu’il propose. Mais parfois, le mieux est l’ennemi du bien.

Magnifique, le casque est proche d'une œuvre d'art © Guillaume Fourcadier pour Clubic
Magnifique, le casque est proche d'une œuvre d'art © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Casque Bluetooth à réduction de bruit active, le Nothing Headphone (1) Pro est porté par une structure mêlant aluminium, titane et verre trempé. Au-delà des améliorations d’usage, comme une meilleure réduction de bruit active et une meilleure qualité en appel, la construction reprend les très bonnes dispositions de son premier casque (mode USB audio, jack, boutons très efficaces, LDAC et multipoint), tout en introduisant une dose de modernité avec l’Auracast. Mais c’est clairement par son architecture acoustique à trois haut-parleurs que le Nothing Headphone (1) Pro compte se distinguer.

8  / 10
Les plus
  • Beaucoup de détails, une certaine polyvalence
  • Réglages sonores particulièrement poussés
  • Construction exceptionnelle
  • Connectivité avancée (USB-C, jack, Auracast)
  • Ergonomie parfaite
  • Très bonne isolation passive
Les moins
  • Aigus très brouillons et accidentés
  • Mode Flat absolument pas équilibré
  • Housse de transport peu convaincante

Ce que disent nos mesures

Premier divulgachage et première douche froide, nos mesures de la réponse en fréquences, ou plutôt des deux réponses en fréquences (mode sonore classique et flat) ne sont pas des plus flatteuses. Nous le verrons, mais au-delà des très belles annonces, il manque une certaine cohérence, en particulier dans les aigus, très accidentés, en tous cas loin de la belle linéarité que nous espérions.

Un produit extrêmement ambitieux, peut-être un peu trop © Guillaume Fourcadier pour Clubic

L’isolation phonique est l’un des nombreux signes d'amélioration. Le casque n’est pas encore au niveau des Sony WH-1000XM6, Apple AirPods Max 2 ou autre Bose QC Ultra Headphone gen 2, mais la très bonne atténuation passive créée par les nouveaux coussinets est associée à une réduction de bruit active performante, sans réelle faiblesse.

Exit la cassette, bonjour le transducteur © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Pour ce qui est de l’autonomie, la puissance de calcul implique un léger retour en arrière par rapport aux deux précédents casques. Nothing annonce ainsi une endurance de 30 h avec ANC, et de 68 h sans ANC.

À l’écoute : Triple haut-parleurs, triple problème ?

Bien que pas réellement unique, le très niche Noble Fokus Artemis prenant une direction semblable, l’architecture du Nothing Headphone (1) Pro dépasse tout ce qui existe parmi les autres casques haut de gamme. La marque s’appuie sur un principe intéressant dans la théorie : mettre plus de haut-parleurs afin d’améliorer la qualité sonore. Nous avons ainsi droit à : un haut-parleur dynamique classique, qui couvre les fréquences de 20 Hz à 10 kHz (ce qui est déjà loin dans les aigus) ; un petit transducteur “Dynamic Precision”, qui semble être un modèle de type planaire (utilisé sur certains écouteurs), couvrant ici les fréquences de 5 kHz à 15 kHz ; un transducteur xMEMS, pour les fréquences allant jusqu’à 40 kHz (afin d’avoir le logo HiRes Audio). Utilisé sur quelques rares écouteurs comme les Creative Aurvana Ace 3, le transducteur xMEMS est dérivé des transducteurs MEMS utilisés comme microphones sur la plupart des casques/écouteurs et smartphones. Nous avons affaire à un mini-dispositif avec une membrane ultra-rigide en silicone, monté sur une suspension piézoélectrique, qui se déforme avec les variations de tension afin de créer le mouvement.

Sur le papier, Nothing a tout pour mettre une raclée à la concurrence. Dans les faits… nous sommes malheureusement beaucoup plus tièdes. En effet, si une chose ressort de notre écoute, c’est que les différents transducteurs ne semblent pas chanter à l’unisson, mais de manière plus chaotique, créant des effets contreproductifs, notamment dans la séparation des instruments. La base technique est certes impressionnante, avec un très bon niveau de détails et une scène sonore ample, mais les aigus sont brouillons.

Réponse en fréquence : nos mesures

Clairement, le casque est trop irrégulier dans les aigus. Notre mesure est pourtant lissée, ce qui montre à quel point les haut-parleurs semblent cohabiter difficilement.

Mesure (compensation harman OE2019) du Nothing Headphone (1) Pro. En vert, le mode classique. En orange, le mode Flat

Deux modes sonores sont disponibles sur le casque. Sous le mode dit Classique, le son est assez puissant dans les basses, relativement équilibré dans les médiums, mais accidenté dans les aigus, avec un mélange de léger voile et de scintillance excessive. Certaines pistes laissent un souffle tant cette accentuation dans les très hautes fréquences (pas forcément visible à la mesure) est prononcée. Tout serait presque banal si la grande majorité des aigus était linéaire, mais cela n’est malheureusement pas le cas. Le son est très démonstratif, mais il lui manque clairement de la maîtrise.

En passant au mode Flat, réglé par les ingés son du Metropolis Studios, les choses sont un peu plus roses mais nous ne pouvons clairement pas parler d’équilibre. En effet, le début des aigus se creuse, ce qui accentue le léger voile et compresse un peu la scène sonore.

Le ho dynamique en gros. Associé à un plus petit modèle mystérieux, et à un encore plus petit modèle xMEMS © Nothing

Une déception ? Oui si l’on prend en compte nos attentes. Sony fait mieux avec son haut de gamme, bien plus aéré, l’AirPods Max 2 délivre un son plus équilibré et bien plus pêchu, plus nuancé dans les graves, et le Sennheiser Momentum 5 délivre une bien plus grande sensation d’unité. Malgré tout, la proposition de Nothing évite certains écueils et parvient à garder une certaine efficacité. Le son n’est pas satisfaisant, mais il reste polyvalent et assez détaillé. Le plus grand défaut sonore du Nothing Headphone (1) Pro est tout simplement d’être moins cohérent que le Nothing Headphone (1), produit à simple haut-parleur et plus abordable. Nous ne sommes pas loin de penser que, même en étant moins technique, le Headphone (a) plaira à davantage de monde, lui aussi de par sa plus grande cohérence sonore.

Le passage du mode normal au Flat change clairement le son, mais l'améliore à peine © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Reste l’arme secrète de Nothing, le très puissant égaliseur paramétrique (uniquement disponible en mode sonore classique), qui ici permet d’ajuster séparément le transducteur dynamique du haut-parleur Precision Dynamic. Nous n’avons à l’heure actuelle que tâtonné cet outil, puisque régler un tel dispositif est complexe, mais cela permet déjà de corriger certaines outrances générales. En étant assez précis, le casque gagne déjà en aération, tout en étant bien moins scintillant. C’est également pour ça que, exceptionnellement, nous mettrons en avant une note sans égalisation, et une note avec. Les profils d’égalisation pouvant être partagés avec la communauté (directement sur l’application), nul doute qu’un utilisateur trouvera un excellent réglage dans peu de temps.

Nos mesures s’effectuent avec une tête dédiée MiniDSP Ear Pro, modèle semi-pro proche du système GRAS 45C. Nous effectuons plusieurs mesures, avec plusieurs écartements de la tête, pour un résultat plus complet.

Pour le moment, nous n’avons jamais réussi à atteindre le niveau des trois adversaires cités plus haut, mais il est possible de légèrement s’en rapprocher, et de constater que, d’un point de vue purement technique, le casque a vraiment quelque chose dans le ventre. Malheureusement, le casque rejoint l'assez longue liste de casques multi-drivers que j’ai pu tester. Et dans ce lot, avec parfois des modèles bien plus chers, aucun n’a jamais été satisfaisant.

Réduction de bruit, transparence, appel : une performance solide

Il y a mieux que le Nothing Headphone (1) Pro en matière d’isolation phonique, c’est un fait. Mais le constructeur a vraiment progressé par rapport à ses autres casques. La réduction de bruit active est encore un peu tardive dans les plus basses fréquences, mais le niveau atteint dans les médiums est plus que satisfaisant. Si les voix ne sont pas encore annihilées, l’appareil se démarque par une atténuation passive grandiose, qui sabre largement les aigus. Les nouveaux coussinets étouffent tous les sons agressifs avec une parfaite efficacité. Un produit qui, là encore, reste un petit cran derrière les ténors, mais qui a largement sa place dans le haut de gamme.

Le mode transparence est quant à lui convaincant d’une manière générale, mais marqué par de légers creux. Largement utilisable, capable de reproduire parfaitement les voix et de transmettre une scène sonore assez naturelle, il atténue un peu trop les très hautes fréquences.

Réduction de bruit : nos mesures

Le casque, sans être parfait, présente déjà une isolation phonique efficace, isolation facilitée par la performance des coussinets.

Mesure de l'isolation par rapport à un bruit témoin normalisé à 0. En violet, avec ANC. En vert, l'isolation passive. En orange, le mode Transparence

Dans la lignée du Headphone (1), le kit mains libres du Nothing Headphone (1) Pro se classe dans une sorte de ventre mou. En milieu calme, la captation est très correcte, mais les timbres de la voix ne sont pas parfaitement respectés. Quelques rares artefacts peuvent d’ailleurs apparaître çà et là. En environnement bruyant, la captation conserve généralement une certaine intelligibilité, mais la voix devient plus caverneuse, plus étouffée. Certains milieux vraiment bruyants peuvent toutefois venir à bout du produit.

Construction et confort : l’ultra luxe maitrisé

On se demande bien comment Nothing arrive à vendre son casque à “seulement” 349 euros. En face de lui, à tarif équivalent, un Bose QC Headphones Gen 2 tout en plastique. Le Headphone (1) Pro affiche quant à lui des coques en aluminium usiné et anodisé, de nouvelles branches en titane, et même un dos en verre trempé 9H Panda (résistant aux chocs). Seul le B&O H100 et ses 1700 euros se sont déjà aventurés sur le terrain du verre. Petit bonus : la certification IP52.

© Guillaume Fourcadier pour Clubic

De notre point de vue, le design est au moins aussi réussi que celui du premier casque de la marque. Nothing troque l’aspect rétro pour une modernité plus sobre, en dévoilant le haut-parleur à travers une vitre. Une esthétique plus sérieuse sans doute, tout aussi réussie, mais qui ne plaira pas forcément à la même cible.

Mis à part pour son absence de structure pliable, le Nothing Headphone (1) Pro dépasse tout ce qui existe à côté, et ridiculise Sony, Bose, Sennheiser, voire le AirPods Max 2, qui est assez commun en comparaison. Seul le Bowers & Wilkins PX8 S2, dans un style encore plus sartorial, peut s'asseoir à sa table.

Encore plus luxueux que la version classique, le Pro n'est pas forcément plus intéressant © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Côté confort, les choses sont également très positives. Le casque présente un bandeau 10 % plus large et 12 % plus rembourré que celui du Headphone (1), mais également des coussinets plus épais, “50% plus doux”, le tout en gardant le poids à un niveau acceptable : 327 g, contre 329 g pour le Headphone (1).

Plus confortable que ce dernier, le Headphone (1) Pro est toujours derrière les Bose à cet exercice. Pourtant, nous pouvons être assez enthousiastes, puisque la tenue est excellente sur la tête, et le bandeau ne génère aucune pression sur le sommet du crâne.

Un bémol ? Probablement la housse de transport. Là aussi, soucieux de se réinventer, Nothing a bazardé son précédent accessoire (très perfectible) pour se rapprocher d’Apple. Le constructeur livre ainsi sa création avec une housse rigide en plastique d’un blanc particulièrement pâle, qui, selon nous, ne s’accorde pas du tout avec le casque. Nothing a voulu, explicitement, rapprocher le Headphone (1) Pro avec sa housse d’un petit sac à main. Mais cette vision est selon nous assez opposée à l’esthétique plus masculine que renvoie le casque. Nous aurions apprécié, soit un meilleur accord de couleurs, soit une fonctionnalité spéciale, comme une batterie intégrée. Oui, Nothing propose mieux qu’Apple, puisque la housse protège vraiment la structure, mais difficile d’être pleinement satisfait.

Expérience utilisateur : le retour de la quasi-perfection

Novatrice, l’ergonomie intégrée des premiers Nothing est ici perpétuée pour notre plus grand plaisir. Rouleau cliquable pour le volume et la navigation ; paddle pour la navigation et certains retours rapides ; boutons de raccourci sur l’extérieur de la coque droite, afin d’appeler une fonction. Ajoutons à cela le bouton d’appairage discrètement placé sur la face interne de la coque droite, et le commutateur (face interne de la coque gauche), permettant de passer du mode sonore classique au mode Flat.

© Guillaume Fourcadier pour Clubic

En pratique, le casque est extrêmement simple d'utilisation, voire presque ludique, et surtout particulièrement complet.

La connectivité est au diapason, avec le retour du mode USB Audio, de l’entrée jack, et d’une puce Bluetooth moderne, ici en 6.1. Compatible LDAC, multipoint, et Fast Pair, elle prend enfin en charge le standard Auracast… mais pas l’Unicast (la connexion classique en LE Audio).

Là encore, Nothing ne fait rien comme tout le monde, puisque l’Auracast fonctionne en réception (le casque peut capter un flux), mais également en émission. Via l'application Nothing X, il est possible de transformer le Nothing Headphone (1) Pro en émetteur, afin de relayer le flux audio à une infinité d’appareils compatibles. Encore un peu balbutiant, ce mode d’émission envoie, selon les tests que nous avons effectués, un flux assez dégradé, clairement de bas bitrate.

Petit retour sur l’application Nothing X. Presque trop complexe tant elle propose de réglages, celle-ci dépasse tout ce qui existe dans l’industrie en matière d’ajustements sonores. Cela permet, en l’occurrence, de largement corriger la personnalité sonore du produit.

Autonomie et usage au long cours

Annoncée à respectivement 30 h et 68 h, l’autonomie du Nothing Headphone (1) Pro est assez bien respectée en pratique. Nous avons mesuré 29 h 30 avec ANC, et près de 65 h sans ANC, à chaque fois avec le mode sonore normal.

30 h d'autonomie, bien suffisant en pratique © Guillaume Fourcadier pour Clubic

À qui s’adressent vraiment le Headphone (1) Pro

Presque parfait, l'appareil s'adresse aux personnes suivantes :

  • Les adeptes de design moderne et luxueux
  • Ceux-qui aiment avoir le maximum de réglages
  • Les utilisateurs voulant une ergonomie efficace et originale

    À l'inverse, nous ne conseillons pas le casque à ceux qui désirent la meilleure isolation du marché, ni à ceux qui préfèrent les signatures vraiment équilibrées
À découvrir
Quels sont les meilleurs casques Bluetooth en 2026 ?
Comparatif

Nothing Headphone (1) Pro : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

Casque design, et porté par une construction indécente, le Nothing Headphone (1) Pro a tout pour lui : un bon confort, une isolation phonique digne du haut de gamme, une ergonomie parfaite, une connectivité des plus modernes, et une autonomie plus que correcte. Tout ?

Malheureusement, son seul défaut, en tous cas le plus marquant, est aussi le point dont Nothing est le plus fier : la qualité audio. S’appuyant sur une architecture complexe et très haut de gamme à trois haut-parleurs par côté, la marque pèche par excès de zèle, et nous délivre un son trop complexe, pas assez cohérent, qui ne parvient tout simplement pas à nous faire oublier le Headphone (1).

Un produit qui avait tout pour faire un sans-fautes, sans-fautes qui peut toutefois pointer le bout de son nez en utilisant l’égaliseur paramétrique dédié, capable de faire certaines prouesses. Difficile, donc, d’émettre un avis définitif.

Les plus
  • Beaucoup de détails, une certaine polyvalence
  • Réglages sonores particulièrement poussés
  • Construction exceptionnelle
  • Connectivité avancée (USB-C, jack, Auracast)
  • Ergonomie parfaite
  • Très bonne isolation passive
Les moins
  • Aigus très brouillons et accidentés
  • Mode Flat absolument pas équilibré
  • Housse de transport peu convaincante
Sous-notes
Construction
10
Confort
9
Ergonomie
10
Fonctions/connectivité
9
Isolation/microphone
8
Autonomie
8
Son (sans égalisation)
6
Son (avec égalisation)
7

Les meilleures alternatives au Nothing Headphone (1) Pro

Plus performant d'un point de vue technique, le Sony est nettement beau et moins bien construit, tout en bénéficiant d'une ergonomie et d'une expérience utilisateur un peu moins complète

Petit frêre un peu moins luxueux et complet, le Headphone (1) classique est également moins cher, et sa signature sonore est plus agréable

Sony WH-1000Xm6
  • Son très puissant mais maitrisé.
  • Isolation phonique et mode transparence exemplaires.
  • Très confortable.
Nothing Headphone (1)
  • Bonne qualité sonore, beaucoup de polyvalence
  • Excellente autonomie
  • Bonne isolation passive
9  / 10