Tout juste annoncé, le casque Beats 360 est probablement le plus intrigant de la marque depuis le début de l’ère Apple. La promesse d’un produit design et sportif qui ne lésine pas sur la technologie, compatible à la fois avec les écosystèmes Apple et Android, a de quoi plaire. J’ai pu l’avoir en main pendant plus d’une semaine, pour un petit essai en conditions réelles.

Pour rappel, le Beats 360 est le nouveau vaisseau amiral de Beats. Un casque Bluetooth IPX4 à réduction de bruit active qui se distingue par la présence de coussinets amovibles et d’un repose-tête remplaçable avec revêtement tissé, ouvrant la voie à une personnalisation poussée, mais surtout à la pratique sportive. Le tout s’accompagne d’une réduction de bruit active, et de fonctions avancées à la fois côté iOS et côté Android. Ce modèle ne remplace pas les Beats Studio, il inaugure tout simplement une nouvelle série.
- Son puissant mais bien réglé
- Globalement confortable, tenue parfaite
- Aspect modulable (coussinets, arceau, batterie)
- Double compatibilité iOS/Android
- IPX4
- Isolation phonique correcte, sans plus
- Pas d'entrée flaire (ni jack ni USB-C Audio)
- Expérience utilisateur (connectivité, réglages) assez pauvre
Avec la tête froide : une expérience haut de gamme un peu chère payée
Si nous devions en faire un test classique, le Beats 360 ne se classerait clairement pas parmi les meilleurs représentants du haut de gamme. Sans verser dans une litanie, nous pouvons relever les divers aspects technologiques.
La qualité sonore est un bon point, car Beats a réussi à concilier un certain équilibre et une certaine technicité. Dès la première note, il a été clair pour moi que le casque ne proposait ni un tabassage en règle comme les Beats pré-Apple, ni la neutralité basseuse presque caricaturale des récents Studio et Solo. Le son est énergique, avec ce qu’il faut d’accentuation dans les basses, et des aigus suffisamment bien réglés pour ne pas me vriller les tympans en montant un peu le volume. Cependant, si le niveau technique n’est pas mauvais du tout, le casque n’a tout de même pas l’ampleur d’un Sony WH-1000XM6 ou d’un Sennheiser Momentum 5 Wireless ni leur niveau de détails. Il y a de la qualité, de la polyvalence, mais pas de quoi nous impressionner au vu des 350 euros demandés.
Les choses sont un peu plus cruelles en s’attaquant à la réduction de bruit active. Ici une comparaison directe avec les champions habituels montre que le Beats 360 démarre un peu tardivement (capacité moyenne sur les sons très basses fréquences), et qu’il rend quelques dB, voire 10-15 dB sur les pires fréquences, à ses concurrents. Nous avons clairement vu pire, d’autant qu’il n’y a pas d’accident dans cette isolation phonique, mais tout de même.
Là-aussi placée dans une sorte d’entre-deux, la qualité en appel est assez bonne, mais pas dans ce qui se fait de mieux. Ma voix est certes bien captée, mais avec quelques petits accidents çà et là. J’ai pu essayer les appels dans la rue, ainsi que dans un café animé, le retour de mes interlocuteurs était relativement mitigé. En étant honnête, peu de casques ou d'écouteurs ne soulèvent pas ce genre de remarques. Les gens sont sans doute oisifs, et pensent que la qualité d’un Bose Headphones 700 ou d'un Jabra Elite3 85 est une norme. Le Beats 360 n’est pas magique, mais il est toujours utilisable.
L’aspect le plus frustrant vient peut-être du manque de réglages avancés. L’ergonomie est parfaite sur le papier, puisque le casque est compatible avec l’écosystème Apple, y compris sur des fonctions avancées, ainsi qu’avec des fonctions Android, comme la localisation du casque. Malheureusement, la marque ne va pas au bout des choses. L’application Beats pour Android ne met par exemple en avant ni égalisation, ni de véritable plus ergonomique. J’ai surtout eu la mauvaise surprise d’expérimenter plusieurs bugs dans ladite application, le plus courant étant la disparition régulière du niveau de batterie.
Pour la connectivité, tout est assez frustrant. Oui le multipoint est pratique, mais l’absence de compatibilité LE Audio/Auracast (certes pas du tout surprenante pour un produit Apple/Beats) est dommageable. Plus encore, l’impasse faite sur une interface USB-C audio est assez incompréhensible. Je n’allais évidemment pas utiliser le Beats 360 en tant que modèle gaming, et la notion de lossless est surtout marketing, mais l’impossibilité d’avoir une connexion fiable et basse-latence est un problème assez concret.
Concernant l’autonomie, que j’ai pu mesurer à environ 33 h avec ANC, Beats se place une énième fois dans une certaine moyenne. Beaucoup de casques font mieux, beaucoup font moins bien, vous commencez à comprendre le schéma avec ce casque.
En regroupant froidement les différents points, nous pouvons tout simplement faire une synthèse : le Beats 360 n’est le meilleur nulle part, mais n’a pas de défaut rédhibitoire, n’est pas désagréable, mais manque d’un petit quelque chose. Un produit qui, s’il n’avait pas la griffe Beats, tomberait probablement dans un certain anonymat.
Sur le terrain : plaisant au-delà des mesures
Nous pourrions continuer d’évoquer les mesures d’ANC et de réponse en fréquence, de parler de la technicité pure du casque, de son autonomie, etc. Tous ces aspects sont certes importants, mais n’atténuent pas mon constat après plus d’une semaine de test : le Beats 360 pourrait bien devenir l’un de mes casques préférés au quotidien.
Si l’appareil ne m’a pas livré de sensations premium, il donne l’impression d’avoir été parfaitement étudié, solide, tout en dégageant une beauté presque universelle. Moins impressionnant et atypique qu’un Nothing Headphone (1), il dégage une forme d’élégance assez unique. Inutile donc de me voiler la face, les gens ne se sont pas retournés sur moi à cause de mon immense charisme mais à cause de ce casque.
Une fois sur la tête, puisque j’ai pu expérimenter l’appareil à travers quelques séances de running, il faut reconnaitre au Beats 360 tient prodigieusement bien. Pas de ballottements (ce qui est le pire ennemi du coureur), et une assez bonne répartition du poids. En revanche, le casque serre plus que la moyenne, et si les coussinets maillés permettent de conserver une bonne aération, le serrage peut devenir un peu fatigant. Votre serviteur ayant une tête assez fine, cette problématique est restée superficielle. Mais pour les grandes/grosses têtes, je ne peux rien garantir. Difficile toutefois de ne pas le classer comme le plus confortable des casques sportifs, mon précédent essai du genre remonte au Adidas RPT-02 SOL, création supra qui écrasait littéralement les oreilles après 30 min.
Bien que pas spécialement adepte de la salle de sport, je suis retourné dans ce lieu de perdition pour éprouver le Beats 360. Les exercices classiques, y compris en étant allongé (type développé couché ou développé incliné), ne lui posent évidemment aucun souci, le casque ne glissant pas non plus en balançant la tête sur les côtés ou vers l’avant.
Difficile également de savoir, pour le moment, si Beats 360 résistera vraiment à une pratique sportive régulière, en particulier les mousses de ses coussinets. Ces éléments sont clairement robustes, et n’ont pas été altérés sur un aussi court laps de temps, mais je laisse cela en suspens, quitte à revenir sur mon avis dans quelques mois. L’une des meilleures solutions est sans doute d’opter pour un jeu de coussinets dédié au sport, et un jeu pour le reste, le changement de coussinets est si facile que l’opération n’est jamais une contrainte.
Enfin, et cela fait tout, ce casque permet de rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’être le meilleur sur les points clés pour être parfaitement utilisable. Oui, la réduction de bruit active et la transparence ne sont pas les meilleures, mais sont toutes suffisamment efficaces pour l’usage ciblé par le casque.
Dans notre cas, la transparence fonctionne très bien dans les lieux calmes, et la réduction de bruit active permet, à défaut de se couper totalement du monde, de s’en extraire assez pour rester concentré, de ne pas être dérangé par les passionnantes conversations autour de mesquineries de bureau de mes voisins travaillant leurs biceps. Même constat pour la qualité sonore, qui n’est pas Hifi mais qui ne laisse jamais une impression de manque. Le fait pour ce casque de ne pas avoir de défauts rédhibitoires n’a l’air de rien, mais change tout en pratique. Je n’ai pas eu peur, en le portant, de manquer trop rapidement de batterie, d’être dérangé par le bruit, gêné par une signature exubérante, de ne pas pouvoir passer d’appel en pleine rue, ou qu’il tombe pendant une séance de sport. En somme, si le Beats 360 est à des années lumières du casque parfait, il est probablement l’un des plus polyvalents, l’un des plus rassurants.
À qui s'adresse vraiment le Beats 360
- Aux sportifs préférant les casques aux écouteurs
- A ceux qui sont autant adeptes Apple que Google
- A ceux qui privilégient la réparabilité et la personnalisation
Casque le plus convaincant de la marque, le Beats 360 réussit très bien son pari : être le meilleur casque du marché pour un usage sportif. Si l’on observe le modèle à la loupe, rien n’est jamais très impressionnant. Les fondamentaux sont sérieux, mais pas au-dessus de ce qui se fait sur les meilleurs appareils à réduction de bruit.
Pourtant, en s’extrayant des simples aspects techniques, le Beats 360 est un appareil extrêmement agréable au quotidien, polyvalent, particulièrement stable et aéré, qui évite de s’effondrer sur un point précis.
- Son puissant mais bien réglé
- Globalement confortable, tenue parfaite
- Aspect modulable (coussinets, arceau, batterie)
- Double compatibilité iOS/Android
- IPX4
- Isolation phonique correcte, sans plus
- Pas d'entrée flaire (ni jack ni USB-C Audio)
- Expérience utilisateur (connectivité, réglages) assez pauvre