L'iconique marque britannique, passée récemment sous giron suédois, n'a pas fini de nous surprendre. Placé entre le petit Major et le casque circum-auriculaire Monitor III, le nouveau Milton A.N.C comble le vide laissé depuis longtemps par la disparition du M.I.D (2018).

Casque nomade supra-auriculaire (coussinets reposant sur les oreilles) avec réduction de bruit active, le Milton A.N.C est donc une suite spirituelle de l’ancien M.I.D, modèle dont il s’émancipe toutefois assez largement. Se classant dans le milieu de gamme (199 euros), ce casque design et très moderne s'adresse avant tout aux amoureux des produits de petit format, trop souvent oubliés par les constructeurs casqués.
- Son puissant, tranchant, et assez détaillé
- Connectivité idéale (USB-C, LE Audio/Auracast, LDAC)
- Casque compact et premium
- Autonomie excellente, et batterie remplaçable
- Son 3D assez intéressant
- Son rapidement agressif, signature en V marquée
- Isolation très moyenne des voix
- Pas adapté aux porteurs de lunettes
Nos mesures : il y a bien mieux, mais il faut changer de format
Difficile de savoir à quoi s’attendre avec un casque supra-auriculaire. Le Milton A.N.C se démarque assez positivement, puisque l’appareil ne déçoit pas sur les trois fondamentaux technologiques (son, réduction de bruit/microphones, et autonomie), bien qu’il soit loin d’être parfait.
La réponse en fréquences est ainsi correcte, affichant un son plutôt en V (basses et aigus en avant) mais pas déraisonnablement typé. Marshall opte pour une balance tonale assez typique de Marshall, oscillant entre le Major et le Monitor. Une telle signature serait assez discutable pour une référence circum-auriculaire, elle devient plus défendable pour un tel format.
Nos remarques sont un peu identiques concernant l’isolation phonique. Celle-ci n’est pas mauvaise, mais affiche des lacunes dans les médiums. Le son est bien atténué dans les basses et dans les aigus, mais l’absence d’encerclement de l’oreille se ressent sur des sons tels que les voix.
À l’inverse, difficile de trouver des adversaires crédibles au Milton A.N.C sur le terrain de l’autonomie. 50 h avec ANC, 80 h sans, ces chiffres ne sont battus que par quelques rares champions comme le Nothing Headphone(a).
À l'écoute : de l’énergie, et un peu de débordements
Rien de surprenant venant d’un modèle Marshall, le son délivré par les petits transducteurs du Milton A.N.C est puissant et assez tranchant. Le casque présente en effet un net boost dans les basses, boost qui ne déborde toutefois pas trop dans les médiums, ce qui confère une certaine propreté au produit. Le bas du spectre est très loin de posséder l’ampleur et la nuance d’un Sony WH-1000XM6 ou d’un Apple Airpods Max 2, mais il reste percutant, sans écueil marquant. Cela permet de libérer suffisamment les médiums, gamme qui affiche une assez bonne linéarité générale en dépit d’un profil montant, notamment sur les voix féminines.
C’est ce profil montant, en tous cas assez oscillant, qui prédomine dans les aigus. Le son n’est pas d’une agressivité folle, mais il n’en est pas moins tranchant. Si notre tête de mesure a tendance à accentuer les pics et les creux (les oreilles en silicone n’ayant pas exactement la même texture/densité qu’une vraie oreille), pics et creux existent bien.
Réponse en fréquence : nos mesures
Le casque est clairement typé, avec un pic dans les basses, et une mise en avant assez nette dans les aigus. Le son peut être corrigé partiellement via l'application, mais difficile de faire des miracles.
Le son est piquant et un peu scintillant, ce qui confère une certaine vie mais n’est franchement pas agréable à volume élevé. Quoiqu’il en soit, le Marshall Milton A.N.C est plus cohérent que nous pourrions le penser. Il ne s’adresse définitivement pas à tout le monde, mais son énergie n’est pas en roue libre. Le niveau de détails est dans la moyenne, la séparation des instruments correcte, et la scène sonore est suffisamment large et profonde pour un casque supra, bien qu’à mille lieux d’un Sony 1000X The Collexion.
Nos mesures s’effectuent avec une tête dédiée MiniDSP Ear Pro, modèle semi-pro proche du système GRAS 45C. Nous effectuons plusieurs mesures, avec plusieurs écartements de la tête, pour un résultat plus complet.
Enfin, mettons un bon point au mode 3D, sorte de spatialisation maison réglable en intensité. Ce mode n’est pas révolutionnaire, mais étonnamment pertinent, car jamais inutilement emphatique. Marshall a su saisir un bon équilibre. Apple reste le roi dans le genre, la solution Dolby peut faire mieux selon les conditions, mais le Marshall bat l’immense majorité des autres solutions propriétaires, Sony en tête.
Isolation correcte, une transparence de politicien
Le format supra n’est pas idyllique pour la réduction phonique, puisque le concept de chambre acoustique maitrisée est plus complexe. Marshall ne fait de facto aucune prouesse, mais se classe parmi les rares élèves plutôt convaincants. L’atténuation des sons de basse fréquence est bien prononcée, les aigus sont assez bien sabrés, seuls les haut-médiums et le début des aigus présentent de véritables creux dans la raquette. En pratique, il ne faut pas espérer se plonger dans une bulle silencieuse.
Le mode transparence est un peu plus décevant, puisque si celui-ci suit un certain équilibre dans les basses et les médiums, la récupération des aigus est ratée. Cette gamme de fréquences est trop en retrait, d’où une représentation très voilée et peu naturelle de l’environnement sonore.
Réduction de bruit : nos mesures
Marshall ne fait pas de miracle, malgré une bonne performance pour un casque supra-auriculaire. Nous pouvons ainsi noter une très bonne isolation dans les basses et les bas-médiums, mais cette atténuation s'étiole en arrivant sur les haut-médiums (voix). De même, le mode transparence est un peu décevant, puisque les aigus ne sont pas suffisamment récupérés par ce mode.
Enfin, la partie microphonique est globalement maîtrisée, malgré quelques accidents. La captation est en effet très intelligible, même en plein milieu de la circulation. Des artefacts et quelques coupures apparaissent çà et là, la voix est rapidement altérée, mais le Milton A.N.C fait le job.
Construction et confort : le max au petit format
orté par le savoir-faire Marshall, le Milton A.N.C ne nous déçoit évidemment pas sur la forme. Le design tout d'abord, qui ne trahit définitivement pas sa rockeuse de famille nombreuse. L'appareil hésite entre le Major et le Monitor, mariant courbes et revêtement texturé avec un certain brio.
Que dire de la qualité de fabrication, qui combine assemblage impeccable et choix pertinent dans les matériaux. Outre l'immanquable vinyle texturé, qui applique un aspect bien plus premium que la moyenne des casques (qui en tous cas fait bien illusion), nous avons droit à quelques touches métalliques, notamment pour les branches et leur système de réglage de la hauteur.
L'avantage du format supra se retrouve dans l'encombrement du Milton, plus que minimal, particulièrement une fois replié. Seul manque un système accroche entre les deux branches (comme sur le Monitor V), qui aurait permis à l’appareil de dessiner un cercle resserré. Contrairement au Monitor III avec sa housse rigide en forme d'œuf, le Marshall Milton A.N.C se contente d'une pochette souple particulièrement triste.
Exercice plus acrobatique pour un casque supra, le confort souffle le chaud et le froid. Marshall ne peut éviter deux défauts inhérents au format : la pression sur les oreilles, qui finit toujours par apparaitre, et la très difficile cohabitation avec les porteurs de lunettes. Malgré tout, les coussinets du Milton A.N.C sont relativement doux et bien rembourrés, et l’équilibrage limite assez bien ce phénomène de pression, tout en offrant une excellente stabilité du port. De plus, la légèreté du modèle (200 g) limite au maximum la sensation de pression sur le sommet du crâne Le Marshall Milton est loin de pouvoir rivaliser avec un casque Bose en matière de confort, mais il se comporte comme un très bon supra.
Ergonomie et connectivité : l’ultra modernité
S'il n'est sans doute pas (prenons des pincettes) l'inventeur du stick multifonction, Marshall lui a littéralement donné ses lettres de noblesse. Ce simple petit appendice placé derrière la coque droite couvre la navigation, le volume, l'allumage/extinction/appairage, et le basculement entre les modes ANC, cela de manière parfaitement intuitive.
Au joystick s'ajoute un second classique du constructeur, le bouton programmable M. Pas indispensable, il appelle une fonction assignable à l'avance dans l'application. Nous pouvons donc passer d’un mode de réduction de bruit à l’autre (réglage par défaut), mais également de basculer entre les égaliseurs, passer au mode sonore Soundstage, ou appeler l’assistant vocal par défaut. Enfin, un double appui sur ce bouton déclenche le Spotify Tap.
Particulièrement moderne en matière de connectivité, le Marshall Milton A.N.C ridiculise Apple sur la partie Bluetooth, et Sony sur la partie filaire. L’appareil est en effet compatible Multipoint, LDAC, mais également LE Audio, y compris avec la norme Auracast (gestion des flux via l’application), et son port USB prend en charge l’audio.
L’application Marshall Bluetooth apporte un petit plus, puisque celle-ci apporte tout de même un degré de personnalisation, que ce soit sur un plan sonore (égaliseur graphique 5 bandes), isolant (réglage des modes par intensité), ou ergonomique. Citons par exemple la prise en charge du casque par l’application Localiser de Google.
Autonomie : un monstre d’efficacité, et de durabilité
Annoncée à 50 h avec ANC et à plus de 80 h sans ANC, l’autonomie du Marshall Milton semble le placer parmi l’élite à cet exercice.
En pratique, les chiffres sont parfaitement respectés, puisque nous avons atteint environ 54 h avec ANC, et 82 h sans ANC. Un véritable dromadaire… dont la bosse est amovible.
En effet, la batterie n’est ici pas soudée. Il est donc possible, avec évidemment un peu d’huile de coude de remplacer soi-même ce composant, qui devrait être en vente prochainement sur le site de la marque.
À qui s’adressent vraiment le Marshall Milton A.N.C ?
Pas énormément de concurrence pour le Milton, qui s'adressent aux utilisateurs suivants
- Ceux qui recherchent un maximum de compacité
- Un produit extrêmement endurant, et durable
- Un casque Bluetooth moderne, à l'ergonomie intuitive
À l'inverse, nous vous conseillons de partir sur un format circum-auriculaire si le confort est une priorité, et d'éviter le Milton A.N.C si vous recherchez un véritable équilibre sonore.
Marshall Milton A.N.C : l’avis de Clubic
Non, le casque Bluetooth Marshall Milton A.N.C n’est pas l’enfant de la prophétie rebattant les cartes du milieu de gamme. Oui, il se confronte difficilement aux bons produits circum-auriculaire de tarif équivalent. Mais pour qui recherche un casque ultracompact, si possible dans le trop oublié format supra-auriculaire, ce modèle est tout à fait recommandable.
Bien conçu, assez confortable (avec des réserves), extrêmement endurant, et porté par une expérience utilisateur parfaitement soignée, le Milton A.N.C est un casque mature, qui n’a pas de défaut vraiment rédhibitoire. En revanche, il faut accepter son caractère sonore fougueux (mais assumé), ainsi que ses quelques défauts objectifs, comme son isolation très moyenne dans les médiums, ainsi que son mode transparence médiocre.
- Son puissant, tranchant, et assez détaillé
- Connectivité idéale (USB-C, LE Audio/Auracast, LDAC)
- Casque compact et premium
- Autonomie excellente, et batterie remplaçable
- Son 3D assez intéressant
- Son rapidement agressif, signature en V marquée
- Isolation très moyenne des voix
- Pas adapté aux porteurs de lunettes
Les meilleures alternatives au Marshall Milton A.N.C
Modèle circum-auriculaire (coussinets entourant les oreilles), mais très petit circum, le Sennheiser est un modèle proche en termes de compacité, moins premium et un peu moins moderne (puce Bluetooth plus ancienne). Mais cet élève affiche un son plus équilibré et reste plus universel pour ce qui du confort.
Entre le genre supra et le genre circum (suivant la morphologie du porteur), le casque de CMF est infiniment moins raffiné que son adversaire, mais son prix plus faible et son impressionante base technique en font un meilleur rapport qualité-prix.
- Son étonnamment équilibré
- Isolation phonique globalement efficace
- Autonomie titanesque
