10 ans que la prestigieuse gamme WH-1000X de Sony a vu le jour. Adepte des célébrations, Sony n’a pas manqué l’occasion de marquer le coup, avec une version premiumisée de son vaisseau amiral WH-1000XM6. Le 1000X The Collexion est un appareil plus luxueux et plus dispendieux (629,99 euros) que son modèle, mais pas foncièrement plus avancé technologiquement. Un choix qui risque fort de diviser.

Casque Bluetooth à réduction de bruit active très haut de gamme, le Sony 1000X The Collexion se place, par sa forme luxueuse, en confrontation frontale avec les Apple AirPods Max 2 et Bowers & Wilkins PX8 S2. Ce modèle a tout pour lui, puisqu’il s’appuie sur les plus prestigieux composants de la marque, sur une connectivité avancée, et sur la science sonore de Sony, le tout enrobé d’une élégance plus sartoriale.

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- Son puissant, ample, et détaillé
- Connectivité poussée (LDAC, multipoint, LE Audio)
- Couple isolation/transparence solide
- Très confortable
- Construction premium
- Signature sonore discutable, aigus trop en retrait
- Isolation phonique moins bonne que sur le WH-1000XM6
- Autonomie très moyenne, en régression
- Toujours pas d'USB-Audio, plus de mode passif
- Virtualisation 3D Upmix inefficace
- Non pliable
Ce que disent nos mesures : excellent, mais…
Il est peu concevable d’imaginer que les WH-1000XM6 et 1000X The Collexion puissent présenter un écart significatif dans les mesures. Pourtant nous avons, dans les trois tests classiques (isolation, réponse en fréquence, autonomie), constaté des variations, et pas forcément dans le sens que nous espérions.
La signature sonore du petit nouveau, pas si éloignée des habitudes du haut de gamme Sony, adopte le même profil descendant des basses aux médiums. Mais si les haut-médiums s’assagissent légèrement entre le 1000Xm6 et le 1000X The Collexion, les aigus sont sensiblement en retrait sur ce dernier, retrait qui rappelle un peu les choix de l’AirPods Max 2. Ce dernier ayant toutefois bien plus d’équilibre basses-médiums, l’impact sur l’équilibre général n’est pas le même. Sony opte donc pour un côté plus doux, qui sur le papier permet d’éviter toute forme d’agressivité, mais risque d’entraver (nous le verrons plus tard), l’aération et la précision.
Les ingénieurs de Sony étaient assez cash lors de la présentation du casque : le WH-1000XM6 reste le roi en matière d’isolation phonique. Comprenez par là que la forme plus travaillée du The Collexion implique quelques sacrifices. De fait, et malgré de légers artefacts de mesures dans les basses (comme en atteste le léger rebond dans les bas-médiums), l’appareil lâche quelques dB par rapport à son devancier dans les médiums. L’isolation demeure impressionnante, mais pas aussi fabuleuse qu’avant.
Enfin, difficile de ne pas être déçu par l’autonomie, annoncée à 24 h avec ANC, soit 6 h de moins que sur le WH-1000XM6. Dans les faits, le Sony 1000X The Collexion fait un peu mieux que promis, mais nous assistons à une échelle plus raisonnable à un triomphe de la forme sur le fond façon Apple AirPods Max sur ce point.
À l’écoute : ce que ça donne en conditions réelles (titre pimpable, mais garder "à l'écoute)
Sur le papier, ce casque Bluetooth a tout pour hausser encore le niveau par rapport au WH-1000XM6. Ce dernier affiche un haut niveau technique, et une signature efficace bien qu’encore perfectible, notamment dans le registre bas-médium, un peu trop présent. La marque opte avec le 1000X The Collexion pour un transducteur de 30 mm très proche de son aîné, mais qui se démarque par sa membrane en fibre de carbone encore plus haut de gamme, du moins sur le papier. Le modèle a été réglé en s’appuyant sur des retours de divers prestigieux ingé son.
Réponse en fréquence : nos mesures
Pas si éloigné du précédent 1000XM6, le casque adopte un profil descendant qui n’est pas délirant, mais dont la baisse dans les aigus est tout sauf pertinente. Le casque distille un son encore plus protéiné, quand bien même une cure d’amincissement s’imposait.
N’y allons pas par quatre chemins, nous sommes un peu déçus par ce que propose Sony. Non pas par le résultat général, mais parce que nous avons sur les oreilles une occasion manquée pour Sony, l’occasion de mettre tout le monde d’accord.
D’un point de vue technique, le transducteur conserve voire accentue (par exemple dans les très basses fréquences) les extraordinaires prédispositions de son aîné. Le son est détaillé, puissant, réactif, porté surtout par une scène sonore d’une ampleur colossale. Seuls quelques rares produits comme l’AirPods Max 2 peuvent rivaliser avec Sony sur cet aspect.
Mais alors qu’une marque comme Sennheiser a réussi avec son HDB630 à corriger presque totalement les excès du Momentum 4, le 1000X The Collexion accentue des traits de caractère qui auraient gagné à être muselés.
Le Sony WH-1000XM6 affiche un profil descendant, avec des basses mais surtout des bas-médiums en avant ? Il parvient à compenser en partie ce déséquilibre en conservant des aigus suffisamment équilibrés (d’une manière globale) et quelques pics de clarté, notamment dans les haut-médiums. Ici, Sony conserve ce caractère très descendant sans l’apaiser, mais atténue les quelques pointes des haut-médiums (ce qui en temps normal serait une bonne chose), et présente à présent des creux dans les très hautes fréquences. Le son, sans être fondamentalement différent de son aîné, est moins pertinent. Plus lourd, laissant une sensation de fin voile sur de nombreuses pistes, le casque sombre dans la facilité au détriment de l’équilibre.
De fait, il conserve toute sa puissance, son impressionnante technicité dans les basses, mais ce registre paraît ressortir davantage. Cette sensation vient évidemment du haut du spectre (autour des 4 kHz - 10 kHz), gamme plus creusée que d’habitude, qui n’assure plus son rôle de contrepouvoir. De fait, si le 1000X The Collexion ne manque clairement pas de détails, des éléments comme la séparation des instruments sont légèrement moins marqués que sur le WH-1000XM6.
Nos mesures s’effectuent avec une tête dédiée MiniDSP Ear Pro, modèle semi-pro proche du système GRAS 45C. Nous effectuons plusieurs mesures, avec plusieurs écartements de la tête, pour un résultat plus complet.
Entendons-nous bien, le Sony 1000X The Collexion est un casque exceptionnel, mais nous nous attendions tout simplement à mieux, et surtout pas à une régression, surtout en se reposant sur un tel transducteur, peut-être le meilleur du marché sur un produit purement nomade.
Au lieu de s’appuyer sur les retours d’utilisateurs/testeurs capables d’identifier des éléments objectifs à optimiser et corriger, d’opter pour une démarche “d’ingénieur”, Sony place sa communication dans des ingés son désirant manifestement un casque très doux, en tous cas jamais agressif.
Le constat est simple : le 1000X The Collexion régresse par rapport à un casque vendu environ 250 euros de moins à l’heure où nous écrivons ces lignes. Sony avait un boulevard pour battre l’AirPods Max 2, moins efficace que le WH-1000XM6 dans les aigus, le 1000X The Collexion est parvenu à lui rendre cet avantage.
Inutile de parler longuement du mode 3D Upmix, qui ici présente de nouveaux profils. Comme toujours, Sony privilégie sa solution maison à des technologies plus efficaces (type Dolby), pour un résultat anecdotique. Quelques pistes audio et vidéo peuvent bénéficier positivement de ce traitement sonore, mais au prix de réglages trop caricaturaux (beaucoup trop de basses et d’aigus).
Énième grigri introduit avec le 1000X The Collexion, le traitement DSEE Ultimate, habituellement réservé aux baladeurs très haut de gamme. Censé récupérer des fréquences/harmoniques effacées par les codecs compressifs, tout en optimisant la dynamique, ce mode n’apporte en pratique pas d’amélioration probante.
Réduction de bruit, transparence et kit mains-libres : un (léger) retour en arrière
Base d’un bon casque nomade, l’isolation phonique du Sony 1000X The Collexion ne déçoit clairement pas, mais Sony annonce, à mots couverts, quelques compromis par rapport au précédent casque. Les coques sont plus fines, les coussinets retravaillés, ce qui suffit à altérer cette atténuation.
De fait, l’appareil est effectivement un peu moins efficace face à certains bruits, notamment dans les voix. La différence est légère, mais pas inexistante, surtout pour qui désire ce qui se fait de mieux. Sony se positionne toujours dans les meilleurs casques nomades du marché, mais il laisse quelques décibels à son prédécesseur, ainsi qu’à ses adversaires directs. Nous revenons davantage à une performance proche d’un WH-1000Xm4 ou un WH-1000Xm5.
Le mode Transparence est lui aussi différent, mais pas forcément dans le mauvais sens du terme. En effet, le rendu est assez naturel, avec un espace sonore parfaitement retranscrit, et des aigus pratiquement pas atténués. Seul un soupçon de linéarité lui permettrait d’atteindre la perfection.
Réduction de bruit : nos mesures
EN matière d’isolation phonique, le casque propose un excellent résultat, mais un brin derrière son prédécesseur, en partie à cause d’une atténuation passive moins marquée.
Enfin, le kit mains-libres, qui se base sur la même topologie microphonique que le WH-1000XM6, est en léger progrès. En milieu calme, la captation est de bonne qualité, naturelle et sans artefact marqué. Apple fait un peu mieux en la matière, mais Sony s’est largement amélioré depuis quelques années. En environnement bruyant, la voix n’est jamais trop hachée, mais nous aurions aimé une atténuation encore plus marquée des bruits les plus forts. En l’état, Sony a visiblement revu ses algorithmes et sa puissance de calcul, notamment grâce à la nouvelle puce V3, seule réelle nouveauté technique du casque.
Construction, et confort : le passage au premium, sans trop de contraintes
Cœur de la communication Sony, la forme du Sony 1000X The Collexion est effectivement plus travaillée que celle du WH-1000XM6. Au revoir le 100 % plastique, le nouveau modèle s’appuie sur des matériaux plus nobles, inox en tête, et sur un design plus stylisé. Le casque est plus élégant, ses coques plus plates, et son toucher plus agréable.
Sony en fait sans doute un peu trop en rappelant d’une part que l’inox des branches a été poli à la main, et que le revêtement en similicuir des coques a nécessité deux ans de développement, mais le fait que l’exécution soit tout à fait réussie, plus audacieuse qu’Apple et son AirPods Max 2, au moins aussi luxueux mais plus classique. Le réglage de la hauteur, avec l’arceau venant s’enficher dans la griffe formée par les branches, fait partie de ses petits plus fort agréables.
L’impression de solidité est là, et le similicuir est surprenant de robustesse. Nous avons tenté les tests classiques, comme les rayures à l’ongle, sans que sa surface ne soit jamais altérée. Bien sûr, quelques semaines de tests ne nous permettent pas de donner un avis définitif sur la durabilité.
Tout n’est pas rose évidemment, puisque ce basculement premium implique deux revers : le retour à un format non-pliable, et un poids plus important : 312 g.
Le casque est ainsi un peu plus lourd, ce qui peut se ressentir sur les longues sessions, quoique nous soyons loin des 386 g d’Apple. Mais Sony introduit une nouveauté intéressante, à savoir un repose-tête rembourré s’aplatissant sur la largeur. Cet élément répartit bien mieux le poids sur le sommet du crâne, la sensation de pression est ainsi encore plus contenue que sur le WH-1000XM6, ce qui offre un confort excellent. Une idée à conserver pour les prochaines générations.
Autre bon point, la housse de transport. Véritable housse rigide (coucou Apple), celle-ci adopte un format avec poignée ajourée, à la fois élégante et pratique. Là encore Sony a eu une bonne idée, qu’il serait bon de conserver pour le WH-1000XM7.
Expérience utilisateur : connectivité avancée, une absence, et un adieu
On prend les mêmes et on recommence concernant l’expérience utilisateur ? Pratiquement. Pour commencer, les commandes sont identiques, mêlant tactile et bouton dans un principe simple mais complet. De même, l’application Sound Connect, toujours un peu usine à gaz, permet de faire le tour des nombreuses fonctions du produit.
Sony ajoute toutefois un bouton sur la tranche gauche, bouton uniquement dédié à basculer d’un mode 3D à l’autre. Nous avons déjà dit à quel point ce mode était dispensable, ce bouton l’est donc en pratique puisque non réassignable.
Côté connectivité, tout est là, excepté un codec Lossless. Le 1000X The Collexion intègre du LE Audio, le Fast Pair/Swift Pair, le multipoint, etc…
Côté filaire, le constructeur ne paraît toujours pas avoir compris l’intérêt de l’USB Audio. Oui, un mode jack 3,5 mm reste présent, mais là-aussi Sony a réussi l’exploit de régresser, en retirant le mode passif (fonctionnement casque éteint).
Autonomie et usage au long cours
Avec ses coques plus fines, le Sony 1000X The Collexion amène un compromis majeur : la difficulté de loger une batterie de taille décente. La marque a déployé un trésor d’ingéniosité et de complexité, puisque ladite batterie est séparée en deux demi-batteries, placées respectivement en haut et en bas dans la coque. Mais cette ingéniosité ne fait pas tout, puisque l’autonomie est à présent annoncée à 24 h avec ANC, contre 30 h pour le WH-1000XM6.
Dans la pratique, nous avons atteint environ 25 h avec réduction de bruit active, sous codec AAC. Certes nous sommes clairement au-dessus des 18 h 30 que nous avions mesurées sur le casque Apple, mais cette performance n’en est pas moins moyenne, voire décevante.
À qui s’adresse vraiment le Sony 1000X The Collexion ?
Certes clivant, le casque a toutefois un public.
- Les adeptes de finitions premium, déçus par la gamme WH-1000X
- Ceux qui n’ont pas envie de faire (trop) de concessions entre style et technologie
- Les amoureux de son très puissant et doux
À l’inverse, on ne recommande pas le casque pour ceux qui cherchent le meilleur rapport qualité-prix, ni les purs technophiles
Sony 1000X The Collexion : l’avis de Clubic
Très bon casque ? Immanquablement. Casque qui réussit sa mue premium ? En grande partie oui. Mais pour le reste, et à l’exception de quelques détails, le Sony 1000X The Collexion ne devance le WH-1000XM6 sur aucun aspect sonore ou technologique (ANC, batterie) majeur, voire se laisse distancer.
Le 1000X The Collexion s’adresse ouvertement aux amateurs de beaux objets, il s’éloigne donc du jusqu’au-boutisme technophile des habituels vaisseaux amiraux de la marque. Un choix assumé, mais qui laissera de marbre de nombreux utilisateurs, prêts à mettre une telle somme, mais pour le casque nomade ultime, pas pour un casque plus premium.
- Son puissant, ample, et détaillé
- Connectivité poussée (LDAC, multipoint, LE Audio)
- Couple isolation/transparence solide
- Très confortable
- Construction premium
- Signature sonore discutable, aigus trop en retrait
- Isolation phonique moins bonne que sur le WH-1000XM6
- Autonomie très moyenne, en régression
- Toujours pas d'USB-Audio, plus de mode passif
- Virtualisation 3D Upmix inefficace
- Non pliable
Les meilleures alternatives au Sony 1000X The Collexion
Modèle premium au prix très proche, l'AirPods Max 2 est lui-aussi un casque qui, malgré ses côté technologiques, donne l’impression de pouvoir faire mieux avec un peu de bonne volonté. Un produit impressionnant, premium, moins complet que le Sony en matière de réglages et de commandes, moins confortable, mais plus adapté aux utilisateurs Apple, et mieux réglé
- Excellente performance audio, scène sonore ample
- Isolation phonique au top
- Mode transparence parfait
Entre le côté 100 % plastique du WH-1000XM6, et l’approche plus métallique du 1000X The Collexion, le Bose QC Ultra Headphones gen 2 est un produit certes moins personnalisable que ses adversaires, mais à la sonorité plus judicieuse, et au confort royal.
- Son puissant.
- Bon équilibre tonal
- Isolation active au sommet