Test du Sony KD-65AG9 : l’OLED magnifié par les technologies Sony

30 septembre 2019 à 16h55
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La note de la rédac
Aux côtés du nouvel écran 8K de la gamme, Sony poursuit le développement de ses téléviseurs haut de gamme 4K/UHD, aussi bien en LCD qu'en OLED. Cette année, la série AG9 inclus le meilleur des technologies du constructeur japonais derrière une dalle émissive OLED. Nous l'avons testé dans sa version 65'', sous la référence KD-65AG9, un excellent compromis pour faire entrer le cinéma dans son salon. Il fait partie de la Master Series partagée avec les LCD ZF9.

On aurait pu croire que la technologie OLED allait rapidement supplanter le LCD grâce à des qualités jamais vues jusqu'alors. Pour l'instant, il n'en est rien. L'OLED coûte encore cher. De plus, il est réservé aux écrans de grande taille, 55'' et au-dessus. Les téléviseurs OLED sont donc les haut de gamme de chaque fabricant de téléviseurs. Nous ne trahirons aucun secret en vous disant que les dalles OLED sont toutes fabriquées par LG. Sony se fourni donc chez l'un de ses concurrents pour pouvoir fabriquer son 65AG9.

Pour autant, tous les téléviseurs OLED ne sont pas identiques. Les différences, et elles existent, sont le résultat du traitement de l'image et donc du travail du processeur intégré. Pour l'AG9, Sony utilise toujours son X1, ici dans sa version Ultimate. Il offre une palette de traitements et de réglages associés destinés à tirer le meilleur des sources vidéo avant de les afficher.

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Master Series : le maître des téléviseurs

Chez Sony, Master rime avec sobriété. Le 65AG9 fait savoir qu'il est un téléviseur haut de gamme à travers une présentation dénuée de toute fioriture ou effet de style. Le cadre noir est ultra fin. Le pied est réduit au minimum : une plaque aux angles arrondies sur laquelle vient s'enficher l'écran. Il apparaît alors comme posé sur le meuble à moins d'un centimètre au-dessus de celui-ci.

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La question de la barre de son ne se pose pas : c'est impossible, dans tous les cas elle cachera l'image. Alors Sony a parfaitement réfléchi à ce problème avec la technologie Acoustic Surface Audio+. L'écran vibre entièrement grâce à quatre exciteurs pour reproduire le son. Dans le cas d'un système home cinema, il est possible de transformer l'Acoustic Surface en voie centrale. A l'arrière un bornier haut-parleur est dédié à cette fonction.

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La reste de la connectique est plus classique avec quatre entrées HDMI HDCP2.3, dont une eARC, trois antennes, trois ports USB, une sortie casque, une sortie optique. Le WiFi ac est secondé par un port Ethernet. Et il y a aussi du Bluetooth. De multiples caches plastique se clipsent sur la face arrière afin de venir recouvrir l'intégralité des prises pour une présentation parfaite. Il est également possible de fixer le 65AG9 au mur.

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Le processeur X1 Ultimate dans sa meilleure forme

Pas d'éclairage venant des bords ou de multiples zones derrière la dalle, l'OLED étant émissif, chaque pixel s'éclaire et s'éteint seul. C'est la force de cette technologie permettant d'offrir des noirs complètement noirs quand c'est le cas à l'image. Quand l'image possède des zones éclairées et d'autres noires, il faut pouvoir gérer correctement le contraste intra-image. Sony le magnifie grâce au Pixel Contrast Booster avec encore plus de couleurs et de luminosité dans les zones claires.

Le processeur X1 Ultimate analyse chaque détail de l'image et le défini en tant qu'objet pour lui appliquer un réglage dédié. Quant au Triluminos, il étend la palette de couleurs pour des images encore plus pimpantes. Toutes ces technologies se traduisent dans les menus par de multiples réglages aux intitulés clairs et appliqués aux noirs, au contraste, aux couleurs.

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Le 65AG9 est Dolby Vision. Ce HDR dynamique prend tout son sens avec l'OLED en renforçant les zones lumineuses de l'écran sans venir perturber les zones sombres. Cet écran dispose également du Netflix Calibrated Mode : des réglages automatiques qui se mettent en route dès que l'on lance l'application Netflix.


Android TV pour un téléviseur quasiment autonome

Dans sa version 8, Android TV donne un accès à de multiples applications audio et vidéo : Netflix, Prime Video, Rakuten, myCanal, Molotov, OCS... Elles y sont toutes. Il y a aussi Spotify et Tidal pour la musique. Plex ou VLC pour lire vos fichiers vidéo. Le paramétrage complet du 65AG9 passe par le menu Android TV. Un bandeau bas pour un accès rapide aux réglages basiques peut être appelé directement par une touche de la télécommande.

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Android TV facilite l'installation si vous possédez un compte Google : vous pouvez transférer tous vos réglages vers le téléviseur. Chromecast intégré recevra les flux audio ou vidéo provenant d'un smartphone ou d'une tablette. Le 65AG9 est compatible Google Assistant (intégré) et Amazon Alexa. Le téléviseur est pilotable à la voix grâce au micro intégré à la télécommande. Celle-ci est plus cossue que celle des modèles inférieurs avec une finition type aluminium. Le nombre de touches est limité à l'essentiel. Peut-être un peu trop. Il manque une touche stop, ce qui empêche d'arrêter un disque Blu-ray en cours de lecture à travers le HDMI CEC. La télécommande de la 49XG9005 possède bien cette touche.

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Une image dure et froide par défaut

Afin d'attirer l'œil, Sony fait comme tous ses concurrents. Il monte tous les curseurs à fond pour afficher une image éclatante à tout point de vue. Le mode image « Intense » appliqué par défaut est impressionnant mais peu naturel. Les images sont à la limite d'être cramées. Le 65AG9 propose d'appliquer le mode automatiquement en fonction du programme tel qu'il le reconnaît. Nous avons finalement choisi manuellement le mode Cinema, c'est le plus réaliste.

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C'est ce que nous vérifions en prenant quelques mesures. Le mode Cinema s'approche le plus du D65, c'est-à-dire du blanc de référence à 6500K pour la vidéo. Les autres modes en sont trop éloignés.

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Il reste toutefois un peu au-dessus avec des images tirant sur le bleu, ce que nous confirme les mesures de température de couleur et d'échelle de gris avec un deltaE à corriger.

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Le 65AG9 bénéficie de réglages d'image très complets qui permettront de corriger ces différents décalages. Il existe par ailleurs un mode de calibration intégré via une application Android à télécharger sur le téléviseur. Elle est développée par CalMAN, spécialiste du domaine, et nécessite l'achat d'une sonde X-rite.

Comment lire les courbes ?

Nous effectuons les mesures de base sur les téléviseurs ou vidéoprojecteurs sans avoir appliqué de réglages spécifiques. Cela permet de nous rendre compte des possibilités de l'appareil tel qu'il a été réglé en sortie d'usine par le fabricant. Nous activons uniquement le mode vidéo qui nous semble d'expérience le plus proche de la réalité, les appareils étant souvent réglés par défaut sur un mode "démonstratif" à éviter.
  • Diagramme CIE
    Cette représentation de la fidélité des couleurs indique les décalages. Le blanc, c'est-à-dire le croisement de toutes les couleurs, doit être idéalement placé sur D65. Les mesures individuelles de couleur (les petits ronds) doivent être les plus proches possible ou dans les cases de référence.
  • Température de couleur
    Cette courbe permet de vérifier un décalage avec le D65 (température de 6500K). Au-dessus, l'image sera trop froide, en-dessous elle sera trop chaude.
  • Echelle de gris et deltaE
    Cette dernière courbe indique les décalages éventuels de chaque couleur primaire rouge/verte/bleue. La courbe jaune correspond au deltaE, la mesure globale des écarts entre les couleurs deux à deux. Les trois courbes rouge/verte/bleue doivent être superposée autour de 100% ; la courbe deltaE doit être plate et idéalement autour de 2.
Ces courbes informatives permettent d'appréhender les qualités en sortie de carton. Avec les outils nécessaires (sonde, mires et logiciel), un professionnel pourra corriger dans une certaine limite les écarts et décalages relevés pour tirer le meilleur du téléviseur ou du vidéoprojecteur. Si vous êtes passionné et que vous possédez un appareil premium ou haut de gamme, cet investissement est recommandé.

OLED et Dolby Vision, la combinaison gagnante

Nous avons effectué les réglages minimums nécessaires : baisser la luminosité et le contraste pour déboucher les ombres et retoucher légèrement les couleurs. Nous avons aussi vérifié l'overscan et, pour une fois, il manque deux colonnes de pixels à gauche et deux lignes en bas. Ce n'est pas grave en soi mais cela reste étonnant pour un téléviseur de ce calibre. La dernière Sony 49XG9005 passée entre nos mains était parfaite sur ce point. Elle coûte pourtant trois fois moins cher. En revanche, la régularité de l'éclairage est parfaite, c'est normal pour un écran OLED. Quel plaisir de ne pas avoir de baisse de luminosité dans les angles.

L'image délivrée en Ultra HD sur nos disques de test est incroyablement fouillée. Elle nous donne une impression de profondeur dans l'image. Elle est très poussée ici avec des arrière-plans bénéficiant d'un flou vivant et détaillé, aussi réaliste que si nous regardions une photo prise avec un objectif haut de gamme. Sur les gros plans, la précision du grain de peau est réellement superbe.

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Le Dolby Vision combiné au contraste infini de l'OLED nous offre des images d'un réalisme palpable. Les phares des voitures nous éclairent avec force tout en étant lisibles, sans aucun effet de halo. Tandis que le reste de l'image reste totalement dans le noir. Si bien qu'une fois la lumière éteinte, nous ne distinguons plus les contours du téléviseur. Cependant, le 65AG9, comme tous les OLED, est forcément moins à l'aise dans une pièce très éclairée.

Cet écran Sony est aussi très fort sur la compensation de mouvements. Il ne faut pas en abuser afin de ne pas dénaturer l'œuvre d'origine. Mais un ou deux crans suffisent à calmer les saccades naturelles sans faire apparaître l'effet « soap opera ». Les différents réglages d'amélioration des couleurs, des noirs et du contraste ont tous leur mot à dire. Ils magnifient l'image sans jamais la travestir. Nous sommes plus réservés sur l'amélioration de la définition à partir de sources HD ou Full HD. Le travail est bien fait, sans aucun artefact. Mais nous trouvons que le résultat est moins poussé que sur les écrans LCD de la marque. C'est vraiment le seul point faible que nous lui avons trouvé : il faut des sources de qualité pour tirer le meilleur du 65AG9.

La restitution sonore profite de l'Arctoustic Surface. Le son provient clairement de tout l'écran, mais sans dépasser les limites de celui-ci. Les médium/aigu sont reproduits avec finesse, tandis qu'il y a une amorce de haut grave plutôt sympa. C'est acceptable dans la plupart des cas d'utilisation. Mais le 65AG9 mérite un système son à la hauteur de sa qualité d'image. Nous avons donc utilisé l'Acoustic Surface en mode voie centrale, amplifiée par la sortie idoine de notre amplificateur AV. Cette solution rend service en l'absence de réelle enceinte centrale. Mais il faudra faire des concessions sur la précision, les voix sont aussi larges que l'écran, et l'assise, les voix graves manquent de coffre.

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Le meilleur de l'OLED au service du cinéma

L'OLED a beaucoup d'avantages et peu d'inconvénients. Sony le prouve une fois de plus avec sa gamme 2019 et plus particulièrement ce 65AG9. C'est la dimension idéale pour un salon, avec 3 mètres de recul environ. Sur des sources de qualité, que ce soit des services de vidéo en streaming ou des Blu-ray UHD, il excelle dans toutes les caractéristiques de l'image. Par défaut, ses réglages sont bien trop démonstratifs. Ils cherchent à prouver tous les avantages de l'OLED. Après une petite séance de réglages, au minimum pour passer sur le mode vidéo Cinema, tout se rééquilibre.

En dehors des caractéristiques générales de la technologie OLED que nous retrouvons ici, le 65AG9 se différencie grâce à son traitement de l'image. Les possibilités offertes améliorent juste ce qu'il faut de chaque détail de l'image sans jamais dénaturer l'original. Même la compensation de mouvements est acceptable réglée sur le cran le plus bas. Le 65A9G nous a particulièrement impressionné sur la stabilité de l'image et la profondeur de champ.

Côté équipement, il y a tout ce qu'il faut grâce à Android TV dans sa version 8. La navigation dans les menus est fluide, les apps se lancent rapidement. Le son avec l'Acoustic Surface utilisant toute la dalle en vibration est intéressant, tout comme la possibilité de l'utiliser en voie centrale avec un amplificateur AV. Le 65AG9 n'est pas à la portée de toutes les bourses, mais pour qui souhaite aujourd'hui l'une des meilleures images cinéma possible avec un téléviseur, ce Sony est une pièce de choix.

Sony KD-65AG9

Les plus
+ Profondeur de l'image
+ Contraste & noirs absolus
+ HDR Dolby Vision
+ Acoustic Surface
+ Android TV
Les moins
- Nécessite des sources qualitatives
- Pas de HDR10+
- Prix élevé
Vidéo
Audio
Design
Ergonomie
4.5

23 réponses
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