Thunderbird : 5 alternatives au client email Mozilla

20 août 2016 à 09h20
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Si les messageries en ligne évoluent en permanence, les clients mail se dotent eux aussi de nouvelles fonctionnalités. Le plus connu d'entre eux reste probablement Thunderbird, mais d'autres éditeurs tentent de se démarquer.

En lançant le projet Thunderbird, Mozilla souhaitait initialement offrir un outil alternatif aux messageries Outlook et Outlook Express de Microsoft. Le client est développé dans la philosophie de la fondation : il est open source et peut accueillir plusieurs extensions.

Mais depuis quelque temps, Mozilla boude ce projet pour se concentrer sur Firefox. La fondation s'est désengagée du développement et cherche actuellement à s'en délester. Certes, la communauté continuera probablement à maintenir Thunderbird, mais c'est également l'occasion de voir ce qu'il se fait chez la concurrence.


A l'heure des connexions haut débit et des applications web toujours plus riches, pourquoi vouloir utiliser un client mail local ? Outre une meilleure intégration aux systèmes d'exploitation, il permet de consulter ses messages en mode déconnecté. Le moteur de recherche s'avère généralement plus rapide et les règles des filtres sont souvent plus évoluées. Par ailleurs, la possibilité d'effectuer une sauvegarde de ses messages en local n'est pas négligeable en cas de panne du serveur. Le client local est quasi incontournable pour l'envoi de courriers chiffrés. Enfin, nous n'y retrouvons pas de publicité, alors qu'elle est souvent apposée sur les webmails.

A l'instar des applications en ligne, plusieurs clients mail ont su s'adapter aux usages d'aujourd'hui et ont souhaité remettre le logiciel au goût du jour. Voici donc une petite sélection.


1. PostBox : Thunderbird, premium

PostBox a été fondé par Scott McGregor et Sherman Dickman, auparavant respectivement ingénieur principal sur Thunderbird et directeur de produit chez Mozilla. Logiquement, l'application se base sur le code source de Thunderbird, mais celle-ci n'est pas open source.

De fait, PostBox dispose de tout un écosystème d'extensions. Ces dernières permettront d'intégrer des services de stockage en ligne comme OneDrive, Dropbox ou Box, de retrouver le calendrier de Lightning, de rédiger les emails en Markdown, de synchroniser les données du smartphone Android ou encore de chiffrer les emails sortants et de programmer l'envoi d'un message.

D'emblée, l'interface est relativement classique, en trois volets, avec un panneau de prévisualisation en bas ou à droite. PostBox est particulièrement efficace avec un compte de type Gmail. D'une part, il sera possible de créer des libellés à la volée, d'autre part, les messages avec étoile seront d'emblée transformés en tâches et regroupés au sein de PostBox. Notons la présence d'une fonctionnalité d'archivage et d'ajout d'un email comme évènement du calendrier.

Pour chaque dossier, on peut retrouver une liste des fichiers et une galerie des photos reçues en pièces jointes. Ceux-ci seront d'ailleurs disponibles directement depuis la fenêtre de composition. A l'instar de Thunderbird, les messages ou le calendrier peuvent s'ouvrir dans un onglet dédié.

Parmi les autres fonctionnalités, nous retrouvons des réponses pré-configurées ou la mise en évidence de la désinscription aux newsletters. L'application présente aussi de nombreux raccourcis. Par exemple, pour un message, il suffira de taper « V » pour le déplacer dans un dossier ou « T » pour lui ajouter un libellé. En pressant « G », l'internaute passera d'un libellé/dossier à un autre.

PostBox colle aux usages professionnels et propose de configurer un domain fencing pour restreindre l'envoi des messages aux adresses email rattachées à un ou plusieurs domaines spécifiques.

Disponible sur Windows et OS X, PostBox se présente donc un peu comme une édition premium et moderne de Thunderbird dotée d'un support garanti. Mais cela a un prix. PostBox est gratuit durant 30 jours, après quoi il faudra s'acquitter d'une licence de 18 euros valable pour toute la durée d'une version principale (actuellement 4.x) avec toutefois un remboursement garanti de 60 jours. Au passage, PostBox 5 est en bêta pour le moment et sera bientôt disponible.





2. Mailbird : des apps tierces à gogo

Plus qu'un client email, Mailbird souhaite devenir votre principal centre de communication. L'interface est résolument moderne et minimaliste et suit parfaitement les codes de design de Modern UI par Microsoft. D'ailleurs, Mailbird n'est disponible que sur Windows 7, 8.x et 10 et offre une prise en charge des écrans tactiles pour les appareils hybrides tels que Surface.

Mailbird cible les particuliers en leur apportant différentes options de personnalisation, qu'il s'agisse de plusieurs types d'agencement de la boite mail ou des thèmes colorés calqués sur ceux offerts par Microsoft au sein de Windows 8.x et 10.

Là ou le logiciel se différencie, c'est sur l'intégration d'une visionneuse HTML, lui permettant de proposer des plugins qui pointeront simplement vers des applications web tierces ouvertes directement dans Mailbird. Aux côtés des emails, il sera par exemple possible d'y greffer ses conversations WhatsApp et Slack ou encore d'y configurer son compte Twitter, Dropbox, Wunderlist, Google Calendar/Documents ou Sunrise. De fait, Mailbird affiche une sorte de tableau de bord relativement flexible, même si la disparité de chacun de ces services se traduit par une ergonomie un peu décousue.

En plus d'arborer des interfaces utilisateur différentes, les applications web tierces ne sont que rarement intégrées nativement au sein de Mailbird via des interfaces de programmation. Ainsi, l'internaute sera en mesure de consulter ses tâches de Todoist, mais ne pourra pas y intégrer directement un email. La seule exception concerne Dropbox dont les API sont implémentées au sein de la fenêtre de composition pour ajouter des pièces jointes.

Les applications tierces sont présentées soit dans leurs version desktop à droite de la liste des dossiers, soit dans leur édition mobile à droite de la liste des messages.

Dans l'application, il est possible réduire au maximum le volet de gauche pour ne faire apparaître que des icônes des différentes sections, dossiers et applications ou au contraire, d'avoir un agencement plus classique. La gestion des emails est assez basique. Contrairement à Postbox, il n'est pas possible de créer des règles de tri. Ces dernières devront être réalisées au niveau du webmail configuré. Néanmoins, une option permettra de mettre un message en attente pour le remonter plus tard.

Mailbird est disponible en version gratuite, mais pour disposer de l'option Snooze ou d'une boite unifiée si plusieurs comptes sont configurés, il faudra payer une licence de 12 dollars valable pour toute la durée de la version majeure (actuellement 2.0). La souscription apportera aussi la prise en charge des interfaces tactiles.




3. Inky : pour les mordus de tags

Inky offre une gestion assez particulière des messages, laquelle repose sur l'usage intensif de libellés. La prise en main peut dérouter rapidement au début. En effet, le tag permettra non seulement de catégoriser les messages, mais aussi de créer des filtres complexes, à la volée. Chacune des requêtes personnalisées pourra être sauvegardée pour former une nouvelle boite pré-filtrée par les tags.

Les tags s'appliqueront aussi bien au contenu des messages, aux expéditeurs ou encore à la présence de pièces jointes. Chaque ensemble de critères correspond donc à une requête de type booléenne que l'on peut personnaliser via une couleur et une icône spécifiques. Inky permettra ainsi de retrouver facilement les échanges sur différents projets.

Pour les comptes configurés via Exchange, Inky présente un calendrier assez basique ; la société explique être en train de plancher sur le support pour les autres types de comptes.

Mais la grosse mise à jour prévue est la prise en charge des emails sécurisés et signés. Elle promet de simplifier l'ensemble des paramètres au maximum pour les utilisateurs de Inky. On pourra malgré tout extraire sa clé publique afin de la partager avec les destinataires utilisant un autre client qui prend en charge PGP. Pour davantage d'informations techniques sur cette couche de chiffrement, consultez cette page (PDF).

Les options sont assez nombreuses, avec la possibilité par exemple de définir des alias pour l'envoi des emails, de déterminer la période de synchronisation ou encore d'ajuster la liste des messages pour un affichage plus ou moins condensé.

Les pièces jointes ou les photos reçues par email ne sont pas mises en avant sous forme de galeries, mais elles bénéficient de simples filtres dans le moteur de recherche.... via des tags, bien sûr. Le client inclut d'ailleurs un ensemble de tags prédéfinis pour créer de nouvelles boites filtrées. Tous les messages que l'internaute s'enverra lui-même sont ainsi classés dans la catégories Notes. Mais il est à noter une analyse un peu plus fine des emails : tous les courriers disposant d'une adresse postale seront regroupés et intègreront une carte à agrandir via l'implémentation des interfaces de programmation de MapQuest. Inky repère aussi toutes les informations de suivi de colis.

Développé pour Windows et OS X, Inky est disponible gratuitement pour la configuration des messageries de type Gmail, iCloud et Outlook.com. Il faudra en revanche payer 5 euros par mois pour y paramétrer Microsoft Exchange, Google Apps, Office 365 ou des comptes IMAP génériques. A l'installation, Inky demandera la création d'un compte utilisateur ce qui permettra de synchroniser les paramètres de ses boites mail rapidement sur plusieurs machines, ainsi que sur l'application pour Android.




4. Mailpile : la solution hybride web / locale

Mailpile offre une solution singulière, que l'on qualifierait de hybride. Ce projet open source se présente comme une application web, mais cette dernière se dote tout de même d'un installeur dédié. En effet, la messagerie fonctionne en local au travers du navigateur configuré par défaut.

Cela permet donc de tirer parti de la flexibilité des langages HTML/CSS/JavaScript, tout en proposant un chiffrement des messages effectué par le navigateur.

Car c'est bel et bien la sécurité qui est mise en avant par Mailpile avec une implémentation d'OpenPGP. En théorie, il est possible de chiffrer et de signer des messages sortants. En pratique, le dispositif n'est pas vraiment fonctionnel, le logiciel ne permet pas encore d'importer des clés publiques et ne semble pas vouloir se connecter à des répertoires listant ces dernières. Il faut dire que Mailpile est toujours en version Preview.

Le service est disponible pour Windows et Linux, l'édition OS X étant actuellement en phase de développement. On peut également l'installer sur une clé USB.

La gestion des emails est effectuée via des libellés. Ces derniers pourront arborer une couleur et une icône. Par défaut, nous retrouvons deux catégories listant tous les messages avec une image et tous ceux dotés d'un document en pièce jointes.

Pour le reste, Mailpile est encore assez basique. Hormis la gestion des libellés, il n'y a pas d'option à configurer, ni aucune intégration de services tiers. Reste que le projet, dont le code source est publié sur Github, mérite d'être suivi, ne serait-ce que par l'originalité de son approche.




5. Alto : l'agrégateur en ligne

Voici une petite exception à cette sélection : Alto. Il s'agit plus précisément d'un agrégateur en ligne compatible avec les comptes POP/IMAP, qui propose également des paramètres pré-configurés pour Google, Yahoo, Outlook.com, iCloud et AOL. Alto est développé par une petite équipe chez AOL et reste volontairement décloisonné du webmail de la société. Alto est donc une solution en ligne universelle.

Alto est donc à mi-chemin entre le webmail et le client mail, et possède aussi une application mobile pour iOS et Android. Avec Alto, les mots d'ordre sont : tri automatique et interface moderne. Le service a particulièrement évolué depuis son lancement en octobre 2012.

L'agencement rappelle celui de Mailbird avec une barre latérale à gauche répertoriant, via des icônes, les différentes sections du service ; cependant, il ne pourra être étendu pour un affichage plus classique. Seuls les dossiers sont affichés sous la forme de liens texte dans un volet dynamique. A l'usage, on aurait apprécié pouvoir au moins épingler cet affichage.

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D'emblée, Alto procède à un tri au sein des messages, lequel n'est pas sans rappeler celui opéré par les principaux services en ligne. En plus des favoris, nous retrouvons ainsi les catégories Voyages, Shopping, Finance, Réseaux Sociaux et Personnel. Par ailleurs, Alto est capable d'extraire très rapidement toutes les images et toutes les pièces jointes pour les présenter sous la forme de deux galeries distinctes.

L'analyse des messages permet à Alto de repérer les informations pertinentes au sein du texte pour créer des cartes mettant en relief les billets de transports, les factures ou les suivis de colis. Toutes ces cartes sont par ailleurs rassemblées dans un tableau de bord, lequel affiche aussi les informations météorologiques ainsi que le nombre de messages non lus.

A l'heure actuelle, l'application mobile est un peu plus évoluée. Celle-ci arbore une interface particulièrement réussie et offre la possibilité de créer ses propres catégories, en fonction des expéditeurs (lesquelles ne sont toutefois pas encore synchronisées avec la web app) ainsi qu'une option de rappel pour faire remonter ultérieurement un message. Bien entendu, nous y retrouvons aussi des gestuelles configurables pour la gestion des emails.



Modifié le 04/04/2019 à 15h27
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