HAMR : TDK se dit prêt, cap sur des disques durs de 40 To en 2020

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Le 04 octobre 2013
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En développement depuis plus de dix ans, la technologie HAMR, ou enregistrement assisté par la chaleur d'un laser, serait enfin aboutie selon TDK. Elle permettra selon lui d'augmenter significativement la capacité des disques durs.

On pouvait finir par penser que le HAMR, pour Heat Assisted Magnetic Recording (soit enregistrement magnétique assisté par chaleur), tenait un peu de l'arlésienne tant cette technologie visant à augmenter la densité du stockage sur les plateaux qui composent nos disques durs a été promise, annoncée et retardée. Il semblerait toutefois que son développement finisse par aboutir : au Ceatec de Tokyo, le japonais TDK, qui fournit notamment des têtes de lecture aux grands noms du disque dur, se dit en effet en mesure d'attaquer la production de masse des équipements nécessaires d'ici quelques mois. Les premiers disques durs HAMR pourraient donc voir le jour d'ici 2014 ou 2015.

Au fait, de quoi parle-t-on ? En développement depuis 2002, chez Seagate notamment, le HAMR (également appelé TAMR, avec un T pour Thermal) vise à augmenter de façon substantielle la quantité de données qu'est susceptible de stocker un plateau magnétique, alors que la densité a tendance, aujourd'hui, à stagner. Pour mettre plus de données sur la surface d'un plateau, il faut parvenir à diminuer l'espace nécessaire au stockage de chacun des bits (les 0 et les 1) qui composent l'information.

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Le problème des plateaux magnétiques actuels est qu'ils ne permettent plus vraiment la réduction de cet espace. Au delà de ce qui est pratiqué aujourd'hui, la charge magnétique inscrite à la surface du disque devient instable, ce qui signifie que l'inscription de données sur une zone donnée peut entraîner le changement d'état des zones qui l'entourent. L'intégrité des données s'en trouve compromise.

Très tôt, les spécialistes du secteur ont toutefois identifié un procédé qui permettrait de s'affranchir de cette barrière : en chauffant la zone ciblée, il est possible de circonscrire le changement d'état à une portion de disque jusqu'à vingt fois plus réduite qu'avec une tête d'écriture traditionnelle. En théorie, on peut donc envisager de multiplier par vingt la densité de stockage à plateaux équivalents. Reste à trouver comment parvenir à effectuer cette montée en température de façon aussi précise puisqu'on parle d'échelles de l'ordre de 15 nanomètres. Pour ce faire, une seule solution : le laser.

Pour passer de la théorie à la pratique, il est donc nécessaire de mettre au point un dispositif d'écriture associant un laser de précision et une tête magnétique, capables de travailler étroitement de concert. C'est en grande partie parce que ce défi n'a rien de trivial que le HAMR est pendant dix ans resté une promesse théorique. Cette fois, il semblerait toutefois que le pari ait été remporté par TDK, qui présentait au Ceatec des disques durs, fournis par Seagate, munis de ces têtes hybrides tant convoitées. Les capacités ne sont pas encore supérieures à celles des disques durs reposant sur l'enregistrement magnétique perpendiculaire (PMR), mais le procédé serait suffisamment maîtrisé pour que la production de masse et l'intégration dans des produits commerciaux soit envisageable à court terme.

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La tête de lecture développée par TDK

D'après TDK, la technologie serait d'autant plus intéressante que les performances des disques HAMR seraient globalement comparables à celles des disques PMR du moment. La montée en capacité ne se ferait donc pas au détriment des taux de transferts. D'après le japonais, les disques HAMR ne se destinent de toute façon pas particulièrement à de la donnée « chaude », fréquemment accédée, mais plutôt à du stockage « froid », notamment en entreprise, où la capacité, la longévité et surtout le coût de possession priment sur les débits.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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