MegaUpload : les candidats à la présidentielle critiquent l'appel au renforcement de l'Hadopi

01 juin 2018 à 15h36
0
Outre la réaction immédiate de Nicolas Sarkozy, plusieurs candidats déclarés à l'élection présidentielle ont réagi à la fermeture des sites de la « galaxie Mega ». Eva Joly, Corinne Lepage, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan mais également le Parti socialiste souhaitent revoir en profondeur le système français de lutte contre la violation du droit d'auteur.

00FA000003626654-photo-capture-megaupload.jpg
Peu de temps après l'annonce de la fermeture du site MegaUpload, le chef de l'Etat a salué l'opération menée conjointement par le département américain de la justice et le FBI. Sur le thème de la lutte contre le streaming illégal, Nicolas Sarkozy a ajouté que : « le moment est donc venu d'une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d'arrêt à leur développement ». Il a également exprimé le souhait que la France renforce sa législation contre « les sites qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres ».

La réaction de l'opposition ne s'est pas fait attendre. Le parti socialiste a rappelé l'idée de remplacer la loi instituant l'Hadopi par un « Acte 2 de l'exception culturelle à la française » destiné à protéger la création tout en prenant en compte les attentes des internautes. Interrogée sur France Inter, la députée Aurélie Filipetti a expliqué que la volonté du parti à la rose était de favoriser l'offre légale en créant de nouvelles ressources grâce à des prélèvements « envers les FAI mais également les éditeurs de matériel, les plateformes de type Google ou Amazon ».

De son côté, Eva Joly, la candidate d'Europe-Ecologie-Les Verts a critiqué le manque de vision à long terme du parti au pouvoir. Sur son blog de campagne, elle explique : « Faute de stratégie publique intelligente, et de réflexion internationale indépendante des lobbies, on continuera à assister à une guerre de l'industrie du copyright face aux créatures qu'elle a engendrées ».

Elle considère donc que l'Hadopi est le symbole de l'échec mené par les derniers gouvernements. « Il est urgent de changer les termes de la discussion : ne plus opposer une riposte graduée à de prétendus pirates du partage, mais soutenir la création en libérant les internautes. Nous souhaitons poser les termes d'un nouveau contrat social qui allie des droits et des devoirs et qui repose sur deux mesures politiques précises : la légalisation du partage entre individus associée à la constitution d'une contribution à la création ».

Vers une Hadopi 3 ou une licence globale

La réaction est également très vive du côté du Front National. Marine Le Pen estime que la fermeture de MegaUpload « a de quoi laisser songeur ». Elle ajoute : « Nicolas Sarkozy se fait l'ami des majors et des multinationales qui font des marges hallucinantes sur le dos des artistes et des consommateurs, et n'encourage absolument pas la créativité. L'Etat a vocation à garantir aux citoyens français un accès équitable et libre à la Culture, pas à les ponctionner et les sanctionner ». Pour tenter de freiner le téléchargement illégal, elle propose l'instauration d'une licence globale « pour les échanges privés sur Internet, qui doivent rester libres sans que cela ne prenne en otage les ayants droit, producteurs, auteurs-compositeurs et interprètes ».

Même son de cloche du côté de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République). Le candidat estime que la politique du chef de l'Etat n'a pas réellement porté ses fruits jusqu'à présent. Sur le blog de son parti, il invite à réfléchir sur l'idée d'une licence globale qui satisferait à la fois les auteurs et les internautes. Il ironise même sur l'éventualité de la mise sur pied d'une Hadopi 3 « encore plus restrictive des libertés sur le net » et considère que le véritable enjeu de la lutte contre le téléchargement illégal doit se porter sur le terrain de la liberté d'expression sur Internet.

Enfin, le porte-parole chargé des nouvelles technologies du parti de Corinne Lepage a critiqué le manque de vision à long terme du chef de l'Etat. Dans un communiqué, il considère que « l'industrie du divertissement a été incapable de s'adapter au numérique et qu'elle essaye, avec le soutien des gouvernements et au détriment des libertés, d'imposer sa loi en menant une véritable guerre contre Internet ». Pierrick Prévert regrette la brutalité de la décision et s'interroge notamment sur la possibilité pour les clients de bonne foi de récupérer leurs données.
Soyez toujours courtois dans vos commentaires.
Respectez le réglement de la communauté.
0
0

Actualités du moment

Le portage de Chromium OS débute pour le Raspberry Pi
HTC One A9 : le faux jumeau de l'iPhone 6
Le créateur du Bitcoin n’est finalement pas celui que l’on croyait
On Refait le Mac : premières impressions sur l'iPhone 6
Infos US de la nuit : incertitudes sur la date de lancement de l'iPhone 6
Alimentation de 850 W pour le multi-GPU chez Corsair
De Facebook... à Sexebook, réseau social coquin ?
Netflix perdra Starz fin février 2012
Test Internet Explorer 8 : le dernier IE avant la refonte
Test Internet Explorer 9 : un navigateur en net progrès
Haut de page