L'Hadopi PURifie la diffusion de contenus à partir de juin

le 07 juin 2011 à 10h43
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Hadopi avait invité la presse hier soir pour un point sur sa future campagne de communication, et la labellisation en cours des offres légales qui en font la demande. La campagne coûte 3 millions d'euros, et doit donner une image plus positive de la haute autorité.

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L'Hadopi mise sur la jeunesse, le positif, la création. Petite nouveauté de communication : à l'occasion de la présentation de sa campagne de publicité, l'Hadopi invite les journalistes et partenaires à se déplacer avec leurs enfants. Un concert doit suivre et faire vibrer la jeunesse, mais peine perdue, on comptait à peine deux mineurs dans la salle sur une quarantaine de présents.

Pourtant, l'Hadopi enfonce le clou : la jeunesse est l'avenir de la création. D'ailleurs, s'il n'y a pas d'enfants dans la salle, il y en a sur les écrans de télévision. Ils sont mis au centre de la campagne de publicité de l'agence H. Commandée par l'Hadopi, elle sera lancée le 3 juin, et met en scène sur des affiches, dans des pubs vidéo et radio, ou des bannières web, des jeunes de 12 ou 15 ans. Avec un message simple : sans Hadopi, ils ne deviendront jamais des créateurs.

La campagne sera diffusée sur les médias grand public, comme la radio, la télévision, ainsi que la presse quotidienne régionale et nationale. Pour les bannières web, des espaces vont être achetés. L'Hadopi cite les portails SFR, Orange, et Yahoo. Coût total de la campagne : 3 millions d'euros. Marc Rees, de PC Inpact, soulève la question du budget 2011, qui aurait prévu 1,47 millions d'euros seulement pour la publicité. Eric Walter explique brièvement que la campagne actuelle repose sur plusieurs postes dans le budget, et propose de détailler ultérieurement la ventilation.

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Evidemment, sur le trottoir devant l'Espace Cardin, on ne se fait pas trop d'illusions. Une dizaine de militants de La Quadrature du Net, l'association de défense des libertés en ligne, tracte et affiche sur ses t-shirts le « Même pas peur » que leur inspire l'Hadopi. Ils pourront bientôt changer de slogan pour un « Même pas PUR », puisque c'est bien là la volonté de la Haute autorité. Marie-Françoise Marais, la présidente de l'Hadopi, a beau rappeler que son organisation n'est pas « la mère fouettarde du Net », la nouvelle campagne est accueillie avec circonspection dans la salle.

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Les militants de la Quadrature du Net seront invités à aller voir le concert, mais pas la conférence.
Mais avant, "vous enlevez les t-shirts", les prévient-on.


Fabrice Epelboin, qui se présente encore comme rédacteur pour Read Write Web France (apparemment inactif depuis l'annonce de la fermeture des éditions européennes à la fin du mois de mars), s'étonne du message des spots diffusés : « C'est cette création que l'on veut protéger ? », apostrophe-t-il la présidente de l'Hadopi. Les spots publicitaires montrent des oeuvres fictives très inspirées de la culture nord-américaine. Acculturation ? Pas de réponse claire, sinon que l'agence serait partie des rêves des jeunes, et que les créateurs français s'inspirent aussi des codes américains.

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Au final, PUR - pour Promotion des usages responsables - sera mis en place en même temps que la campagne de publicité. Il s'agit d'un label bleu, qui sera apposé sur les sites autorisés par l'Hadopi. Eric Walter, le secrétaire général de l'Hadopi, prévient : « L'absence de label ne signifie pas que l'offre est illégale. » Ce qui est sûr, c'est que chaque service labellisé le sera, légal. Comment faire la distinction entre légal et PUR, dans ce cas ? Y aura-t-il une démarche pédagogique de la part de la Haute autorité ? « Ce n'est pas à nous d'expliquer plus, » tacle Marie-Françoise Marais. Comprendre que c'est aux médias de bien expliquer la distinction, puisque la communication autour de la campagne de communication, « nous sommes justement en train de la faire. »

Pour l'Hadopi, c'est donc « aux utilisateurs de choisir » s'ils veulent « défendre aujourd'hui la création de demain. » Le label PUR sera accordé ou refusé dans un délai de quatre semaines, et sera renouvelable chaque année. Trois services seraient en cours de labellisation, dont Deezer et Vidéo à volonté. Côté licences libres, Jamendo aurait notamment fait une demande. L'Hadopi vise 35 à 40 plateformes labellisées à la fin du mois de juillet.

Voici pour information les trois spots vidéo qui seront diffusés :





Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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