Laurence Abeille : "mettre en place le principe de sobriété par rapport aux ondes"

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Une nouvelle proposition de loi visant à mieux informer le public sur l'exposition aux ondes électromagnétiques est en discussion. Si la première version du texte a été repoussée par le gouvernement l'an dernier, la député écologiste (EELV) Laurence Abeille revient sur les points principaux du nouveau texte. L'ambition de celui-ci n'est ainsi plus d'imposer des seuils d'exposition mais de renforcer la « transparence et l'information auprès du public ».

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La première mouture du texte évoquait clairement les seuils d'exposition aux ondes. Pourquoi ce n'est désormais plus le cas dans cette deuxième version ?

Laurence Abeille : Cette version n'aborde en effet plus les seuils d'exposition mais pour contourner cette question des seuils, nous avons préféré travailler sur la question des points atypiques. Suite aux travaux menés par le COPIC (proposant de réduire l'exposition sans dégradation en implantant de nouvelles antennes-relais, ndr), nous avons donc fait le choix de faire le point sur ces zones en particulier en lien avec l'ANFR, l'Agence nationale des fréquences.

Dès lors, comment a été organisé ce changement ?

L.A : L'idée est désormais de caractériser ces données recueillies sur le territoire afin que les utilisateurs puissent être mieux informés. Le gouvernement a donc nommé trois rapporteurs afin de travailler sur l'application du principe de sobriété. Leur recommandation était alors de mettre en place le principe de sobriété par rapport à l'exposition aux ondes par des moyens comme la transparence ou la concertation. En ce sens, l'information est importante car elle permet d'établir des recommandations sur les usages.

Outre le fait de donner davantage de pouvoirs aux maires, comment comptez-vous apporter davantage de transparence sur les méthodes des opérateurs ?

L.A : A ce jour, il y a un manque de transparence et de concertation sur le sujet. Cela entraîne des difficultés importantes sur les territoires avec certains opérateurs qui, parfois, se comportent mal, en implantant des antennes tout en les masquant du regard des riverains. Ce qu'il faut toutefois comprendre c'est que si le déploiement des réseaux en France est une chose, il doit se faire en suivant un principe de modération.

La proposition de loi souhaite également créer des campagnes concernant les terminaux mobiles. Quels en sont les contours ?

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L.A : Concernant les box Internet et autres Femtocell, l'idée est que chaque dispositif indique par un bouton ou un voyant si le WiFi est activé ou non. Pour les smartphones, il y a un besoin de communication sur les bons usages à respecter comme le fait d'utiliser un kit main-libre c'est-à-dire de téléphoner avec un appareil tenu loin de la tête. On peut également imaginer d'interdire des publicités dans lesquelles on verrait des gens tenant un appareil à l'oreille.

Quelles sont les prochaines échéances pour cette proposition de loi ?

L.A : Quelques points d'achoppement subsistent encore comme la question de l'interdiction du WiFi dans certaines zones accueillant des enfants en bas âge. Si par exemple le cas des crèches semble entendu, celui des maternelles n'a pas encore reçu l'aval de l'Education nationale.

En attendant, les débats en séance publique vont débuter le 23 janvier prochain.
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