Standardisation, sécurité : les freins à l’adoption des objets connectés par les professionnels

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Le 13 mars 2014
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Alors que le nombre de machines communicantes augmente et que les objets connectés tentent de se faire une place au soleil, des obstacles subsistent à la croissance du marché de « l'Internet des objets ». Les coûts relatifs à la sécurité de tels dispositifs ou encore les implications sur la vie privée apparaissent comme des freins majeurs.

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Smart City, paiement, transports, les domaines dans lesquels les objets connectés sont présents sont désormais larges. Le public a accès à une multitude d'outils permettant d'interagir avec des objets connectés à Internet. De leur utilisation sont tirées des données et leur analyse permet de dresser des profils plus ou moins précis des utilisateurs.

Réunis à l'occasion d'un rendez-vous organisé par le Club de la presse Informatique B2B, plusieurs professionnels ont tenté de s'entendre sur une définition commune de l'Internet des objets et de définir les moyens de mieux intégrer ce mouvement chez les professionnels de l'IT. L'Internet des objets n'est certes pas nouveau, toutefois, la mobilité et le BYOD entre autres, poussent certains métiers à proposer des objets connectés à leurs collaborateurs ou clients.

Pour éviter de tomber dans l'effet mode que suscitent les objets connectés, l'idée est donc de se poser des questions simples. Fiamma Ferrero, directrice des activités Smart et du développement chez Econocom explique : « les objets connectés doivent permettre de réaliser des usages qui n'étaient pas permis auparavant. Le service doit permettre de générer de la valeur ajoutée à votre activité, sinon il est inutile de distribuer un élément doté d'un capteur et de le relier à un système de communication ».

Plusieurs éléments permettent donc de savoir si un tel dispositif sera ou non pertinent. « Les objets connectés permettent de dégager une donnée importante sur un client. Sur une période de temps définie, il est possible de déterminer ce qui a un sens commercial et ce qui n'en a pas », précise Jean-Marie Pierron, responsable de l'activité technologies chez Accenture. A l'instar des compteurs d'énergie « intelligents » ou des connecteurs disséminés dans les automobiles, ils permettent de mieux connaître les habitudes des consommateurs. Après analyse des comportements, l'idée est ensuite de proposer d'autres services à un même client afin qu'il demeure éventuellement fidèle à une marque.

La sécurité des données personnelles au centre des interrogations

Le panorama peut donc se révéler alléchant pour qui souhaite disposer de davantage d'informations sur ses clients. Toutefois, l'industrie n'a pas encore répondu à toutes les questions pouvant permettre l'utilisation massive ou systématique de ce type de dispositif. « La question des informations personnelles est cruciale, en particulier dans le domaine de la santé. Il est donc nécessaire que la sécurité soit présente via l'implémentation de dispositifs dédiés et d'une standardisation poussée », explique Eric Bezille, Directeur de la technologie chez Oracle Systèmes.

Le simple consentement des utilisateurs à l'analyse de leurs données personnelles ne suffit donc pas à garantir une confiance suffisante dans les objets connectés. La plupart de ces dispositifs contiennent en effet des informations personnalisées sur une personne (localisation, déplacements, paiements effectués, santé générale...). En conséquence, les mesures de sécurité qu'ils embarqueront à l'avenir doivent être plus difficiles à contourner.

Jean-Marie Pierron (Accenture) précise : « l'industrie tente actuellement de définir des standards pour que certains protocoles de communication soient davantage utilisés que d'autres mais du travail reste à accomplir ». A ce jour, les normes sur le sujet restent difficiles à mettre en œuvre et à maintenir. En outre, le coût de leur implémentation peut se révéler décourageant...

C'est pourquoi certains professionnels acceptent de dire du bout des lèvres que la sécurité doit encore être renforcée pour que l'Internet des objets puisse être totalement démocratisé. En attendant, certaines régions comme les Etats-Unis, moins à cheval sur le traitement des données personnelles, devraient connaître un croissance plus rapide qu'en Europe dans ce secteur.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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