AOL : retour sur les enjeux du portail historique

09 décembre 2011 à 15h44
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A l'occasion du sommet LeWeb 2011, nous avons rencontré Eric van Miltenburg vice-président des divisions Business Operations et Consumer Applications chez AOL, l'occasion de revenir sur les enjeux de la société qui a quitté l'Hexagone voici deux ans.

De quelle manière la scission avec Time Warner a-t-elle affecté votre stratégie ?

Eric van Miltenburg : La relation entre Time Warner avait un fort impact sur AOL et notre stratégie. Je crois que la scission a été une bonne chose puisque cela nous a permis de concentrer nos efforts sans pour autant devoir gérer la lourdeur administrative. Notre PDG Tim Armstrong est venu nous voir peu avant la scission et il nous a dit de nous concentrer sur la production de contenus medias. Nous sommes spécialisés dans les médias et le web local. Je crois que la scission nous a vraiment permis de nous focaliser sur ce qu'il y avait de mieux pour AOL sans devoir rendre de comptes financiers à un établissement plus important.

Après la fermeture de plusieurs bureaux en Europe, dont la France, que représente aujourd'hui ces régions pour AOL en terme d'utilisateurs et de stratégies ?

EVM : Je n'ai pas le nombre d'utilisateurs en tête. Il y a deux ans nous avions effectivement décidé de nous recentrer sur les Etats-Unis. A l'époque de Time Warner il y avait beaucoup d'expansions et pour être franc, certaines ne faisaient aucun sens. Depuis quelques temps nous souhaitons à nouveau nous internationaliser. Il y a à peu près deux mois, nous avons signé un accord avec Le Monde pour le déploiement de l'Huffington Post en France avec l'HuffPo. C'est vrai qu'actuellement il n'y a pas beaucoup d'initiatives de ce genre mais maintenant que nous avons de solides stratégies dans le domaines des médias, nous sommes prêts à multiplier ce type de partenariats.

L'année dernière vous avez lancé un nouveau webmail baptisé Phoenix. Où en est ce projet qui semble avoir été abandonné ?

EVM : AOL Mail est une marque très importante. Nous avons été l'un des pionniers dans le domaine du courrier électronique. Nous connaissons très bien la technologie des webmails et pour être francs, ce secteur n'a pas vraiment évolué depuis le début. Bien sûr, il y a eu de nouveaux acteurs comme Google, mais finalement le produit en lui-même n'a pas véritablement évolué. Avec Phoenix nous avons tenté de repenser cela en repoussant au maximum les limites. Nous avons lancé une bêta limitée en début d'année. Au travers de leurs retours d'expériences les utilisateurs expliquaient aimer ce produit mais ne trouvaient pas forcément qu'il allait révolutionner le marché en lui-même. Phoenix n'était pas assez innovant pour changer véritablement la donne.

Cependant nous n'avons pas abandonné cette idée. Nous travaillons sur autre chose qui implémente les bases fondatrices de Phoenix et qui cette fois tente de repousser encore plus loin les limites. Dans le courant du premier semestre 2012 nous dévoilerons alors une nouvelle version d'AOL Mail totalement repensée.

Il y a quelques mois vous lanciez AOL A/V. Qu'adviendra-t-il de ce projet ?

EVM : AOL A/V est la première étape visant à repenser cette fois une autre marque très importante : AOL Instant Messenger. Nous avons demandé à l'un de nos collaborateurs de conceptualiser l'usage de la messagerie instantanée en prenant en compte la dimension communautaire et l'adoption massive de la vidéo. A/V permet d'effectuer des conversations audio et vidéo très simplement, sans devoir se connecter. Les fonctionnalités de A/V ont été implémentées au sein de la version Preview d'AIM.

Au sein de Phoenix comme au sein d'AIM Preview, vous avez remplacé la publicité par un dispositif encourageant les utilisateurs à consulter les articles de votre réseau. Est-ce là votre nouveau modèle économique ?

EVM : Oui tout à fait. Il se trouve que le courrier électronique comme la messagerie instantanée disposent tous les deux d'une très large base d'utilisateurs. Par ailleurs il s'agit d'internautes revenant très régulièrement sur ces produits. Nous souhaitons faire cela d'une manière qui ne soit ni imposée ni intrusive. Et puis nous en savons un petit peu sur vous également. Nous connaissons votre code postal par exemple donc nous sommes en mesure de vous proposer du contenu plus personnalisé.

Vous avez beaucoup investi au sein du web local avec Patch.org. Comment se porte ce secteur et à quand une initiative similaire à l'international ?

EVM : Le web local est un secteur très passionnant. Nous avons plus 800 sites déjà établis lesquels permettent de prendre véritablement connaissance des actualités relatives à l'administration d'un bâtiment scolaire, au conseil régional ou encore à l'état financier d'une société locale par exemple. Pour les membres c'est vraiment le moyen de connaitre tout ce qui se passe autour d'eux. Nous continuerons à investir dans ce domaine.

Sur le plan international, nous avons déjà lancé un programme en Inde pour les universités. Nous avons légèrement modifié le modèle pour l'appliquer aux campus. Nous avons donc des éditeurs qui sont des étudiants dans 200 universités et qui rapportent des informations relatives aux équipes sportives locales ou à la vie du campus en général. Je pense qu'à terme un modèle similaire à Patch devrait être déployé à l'international.

Après la revente de Bebo, où en est AOL dans le web communautaire ?

EVM : Le web social est un aspect très important des produits d'AOL et d'autant plus avec l'acquisition de l'Huffington Post qui complète notre partie média. L'infrastructure et le gestionnaire de contenus de l'Huffington Post accordent une place très importante au web social. Nous ne tentons pas de re-créer un nouveau Bebo. Nous ne souhaitons pas remplacer Facebook. Nous souhaitons vraiment créer des médias de très bonne qualité en y plaçant un aspect social important.

Donc finalement, de quelle manière votre stratégie se différencie-t-elle de celle de Yahoo! ?

EVM : Il est vrai que nos stratégies sont similaires. Nous sommes tous les deux des portails. Mais nous avons vraiment investi au sein des médias avec l'Huffington Post et avec le nombre de rédacteurs que nous avons embauchés pour Patch. Yahoo a d'autre défis actuellement. Nous sommes un peu plus petits et j'aime à penser que nous sommes également plus réactifs. Mais notre axe de développement autour des médias est très fort.

Vous commercialisez toujours des souscriptions Internet bas débit. Pour quelles raisons ?

EVM : Parce qu'il y a toujours des gens qui en ont besoin. Historiquement nous avons fourni un accès à Internet à des millions de gens. Il y a toujours des personnes aux Etats-Unis qui choisisssent AOL comme le point principal d'accès. Cela génère encore beaucoup d'argent.

Je vous remercie.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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