Face à Uber, les chauffeurs créent un syndicat

Thomas Pontiroli
13 octobre 2015 à 12h52
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Mobilisés contre une baisse de prix, les chauffeurs français d'Uber créent leur syndicat. En toile de fond, la justice américaine décidera si certains d'entre eux peuvent être salariés.

Les chauffeurs de VTC ont beau être des indépendants, face à Uber, ils viennent de montrer qu'ils pouvaient s'unir. Mobilisés contre la baisse des tarifs des courses de 20 % décrétée le 8 octobre, ils ont protesté devant le siège de la société à Paris, rapporte France Info. Mais le symbole de cette union nouvelle est ailleurs. Car ces chauffeurs viennent de créer un syndicat : le Syndicat des exploitants de transport des personnes et VTC.

Le porte-parole de la nouvelle organisation, Mohammed Rabi, a dénoncé auprès de France Info le « quasi-monopole » dont jouit Uber, lui permettant de « jouer avec les prix (...) sans tenir compte de l'avis de ses chauffeurs », pour qui « les charges ne baissent pas ». Si le bras de fer se poursuit et qu'Uber ne recule pas sur les tarifs, le syndicat devrait appeler au boycott de l'application. Voire à la création d'une alternative.

Sur la baisse des prix, Uber a déjà donné sa réponse. La société assure qu'elle garantit le maintien du chiffre d'affaires des conducteurs pendant six semaines, comptant absorber à elle seule la réduction tarifaire. Un manque à gagner que l'entreprise comblera, selon elle, avec l'augmentation du nombre de courses induite par la baisse tarifaire. Une mécanique qui, après la période de six semaines, profiterait aussi aux chauffeurs.


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En parallèle des événements français, le tribunal de commerce de Bruxelles a suspendu UberPOP - Crédit : Uber.

Contexte bouillonnant



Cet effet de rattrapage, il s'est déjà produit à New York, a expliqué Uber pour rassurer les conducteurs. Mais eux dénoncent tant la baisse des prix, que la façon dont elle a été décidée : de façon unilatérale. Le climat est tendu pour Uber en France, où le service de VTC entre particuliers UberPOP a été interdit par le Conseil constitutionnel, alors que les taxis G7 et Taxis Bleus accordent des réductions pour séduire les jeunes.

Aux États-Unis, le cœur même d'Uber est remis en cause par une action collective, dont l'objet est que les chauffeurs aient le statut de salarié. Une épée de Damoclès qui menace de mettre à genoux son modèle.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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