Se déconnecter totalement du travail, l'idée fait son chemin

16 septembre 2015 à 09h05
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Avec les tablettes et smartphones, les entreprises constatent que ces outils sont utilisés par les salariés en dehors des horaires de bureau. Face aux risques créés par cette relation quasi-permanente au travail, les principes d'un droit à la déconnexion se dessinent.

Depuis l'arrivée des postes portables, des smartphones et autres tablettes, le temps de travail effectif devient une donnée floue pour les travailleurs. Principale conséquence, l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée se trouve difficile à maintenir. Un constat que soulève le rapport Mettling, remis ce mardi auprès du ministère du Travail.

Le document (.pdf) tente de comprendre l'organisation du travail et ses mutations alors que les entreprises sont désormais engagées dans un processus de transformation numérique de leur activité. Ce mouvement doit en principe permettre aux entreprises, via les outils numériques, d'exercer leurs activités dans des conditions comparables à celles de la concurrence ou de conserver un niveau de performance leur évitant d'être mises de côté.

Cette stratégie a toutefois des conséquences, notamment du point de vue social. Le cadre de travail s'étend à présent au domicile ouvrant la porte à un besoin : celui d'encadrer cette évolution. Dans cette optique, le rapport Mettling (du nom de l'actuel directeur exécutif des RH d'Orange) propose la mise en place d'un droit à la déconnexion de chaque salarié.

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Se déconnecter du travail quotidien : qui est responsable ?

Le droit à la déconnexion signifie qu'il est possible d'instaurer une forme d'obligation de ne pas se connecter à son outil de travail, même à distance. L'objectif de la mesure est de prévenir tout abus d'un employeur qui chargerait ses collaborateurs en dehors des heures de travail, en particulier ceux ne disposant pas d'un contrat horaire (les cadres par exemple).

Le principe de ce droit a déjà été dessiné par un collectif de syndicats en avril 2014. Le rapport Mettling le met à nouveau en avant et précise : « savoir se déconnecter au domicile est une compétence qui se construit également à un niveau individuel (des rapports au temps, longs à construire et plutôt stables) mais qui a besoin d'être soutenue au niveau de l'entreprise. Le droit à la déconnexion est donc bien une coresponsabilité du salarié et de l'employeur qui implique également un devoir de déconnexion. »

Si ces termes reprennent en substance le principe du droit à la déconnexion, il instaure cependant une notion de coresponsabilité entre l'employeur et son salarié. Un point que conteste Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de l'UGICT-CGT. « L'employeur est le seul responsable, il n'y a pas de coresponsabilité avec le salarié. Nous ne sommes donc pas en faveur de l'application de ce droit comme il l'est décrit dans ce rapport », nous déclare la responsable.

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Sophie Binet (à droite), secrétaire générale adjointe de l'UGICT-CGT.

L'UGICT-CGT (représentant les ingénieurs, cadres et techniciens) évoque un risque sanitaire si les propositions ne sont pas suivies d'effets. Sophie Binet affirme : « Nous sommes sur une question de santé publique sur la question du temps de repos. Le rapport va dans le bon sens mais il doit être accompagné de mesures fortes ».

Coupez les serveurs d'e-mails

En France, le principe visant à empêcher les salariés de se connecter en dehors des heures de travail n'en est qu'à ses balbutiements. En Allemagne, certaines entreprises ont opéré un choix catégorique, celui de ne plus permettre à leurs salariés de se connecter à certains outils comme l'e-mail ou la messagerie.

L'été dernier, le groupe allemand Daimler-Benz a ainsi proposé à 100 000 de ses employés de participer à une opération baptisé « Mail on Holiday ». Les e-mails envoyés à ces personnes alors en congés étaient suivis d'une réponse automatique redirigeant l'interlocuteur vers des contacts disponibles ou l'invitant à réexpédier son message au retour de l'intéressé. Un principe jusqu'à présent classique sauf qu'une option de suppression automatique de ces mêmes messages était activée, évitant toute surcharge du collaborateur à son retour (ou l'empêchant de consulter ses messages, y compris en vacances, pour éviter l'encombrement).

Le syndicat souhaite que cette « trêve de mails » soit mise en place sur notre territoire. Il invite également les entreprises à mieux contrôler le temps de travail effectif de leurs collaborateurs, notamment par le biais de bornes. L'idée est alors de pouvoir faire remonter tout dépassement du seuil maximal de temps de travail.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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