Faut-il interdire d’envoyer des e-mails professionnels le week-end ou après 20 heures ?

Entre les postes portables, les smartphones et autres tablettes, le temps de travail effectif devient une donnée floue pour les travailleurs. Entre flexibilité et responsabilité de chacun, les professionnels réfléchissent à un moyen d'introduire une forme de déconnexion au travail.

Les outils de collaboration tels que la messagerie instantanée, les e-mails mais également les postes portables ou les smartphones sont bien implantés dans le milieu professionnel. Avec eux, des habitudes se créent et la notion de temps de travail peut apparaître floue. Ces outils, censés permettre une meilleure flexibilité, réactivité et productivité du collaborateur peuvent, chez certains, être ressentis comme des éléments de gêne ou de stress.

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Le débat de la « déconnexion au travail » s'est invité à l'occasion des Techdays organisés par Microsoft. Les intervenants ont ainsi fait le choix de comprendre comment certaines entreprises réagissent face aux demandes de leurs salariés et quelles règles elles mettent en place.

Selon Nathalie Wright, directrice de la division grandes entreprises et alliances au sein de Microsoft France, chaque entreprise doit entamer dès à présent une réflexion. « Le fait qu'il n'existe plus aucune notion de temps dans l'entreprise, par exemple lorsqu'elle possède des clients de par le monde, change la donne. On pense naturellement aux cadres, qui grâce à des outils permettant de travailler hors du travail, peuvent être joints à tout moment », indique la responsable.

Le constat est donc clair pour les entreprises qui se sont engagées dans un processus de transformation numérique ou qui équipent leurs collaborateurs avec des terminaux mobiles. Si elles doivent prendre en compte les attentes des travailleurs, la mise en application de règles claires peut s'avérer compliquée.

Dominique Tessaro, directeur des systèmes d'information chez Vinci Energies explique : « Je suis contre la politique de Volkswagen d'interdire les e-mails à partir d'une certaine heure. J'en appelle plutôt à la responsabilité du collaborateur mais il faut que la direction soit bienveillante et n'oblige pas à en faire trop ». Le responsable ajoute : « certaines habitudes sont à proscrire. Le fait de consulter une dernière fois ses e-mails avant de se coucher n'est pas sain. Chaque collaborateur devrait également modifier son message d'absence sur son téléphone lors des vacances pour pouvoir réellement décompresser ».

Les syndicats militent pour un droit à la déconnexion

En avril dernier, un premier pas a été fait dans la mise en place d'une forme de droit à la déconnexion de chacun face à la charge de travail. Plusieurs organisations syndicales comme la CFDT, la CGC, CINOV ou même le Syntec ont proposé aux cadres (ceux personnes rémunérées sur la base d'un nombre de jours travaillés annuellement) et à leurs employeurs de signer une convention individuelle voire collective.

L'idée était d'instaurer une « obligation de déconnexion des outils de communication à distance » et de permettre à ceux qui ne disposent pas d'un contrat horaire de pouvoir déconnecter plus facilement. L'objectif de la mesure était de prévenir tout abus d'un employeur qui chargerait ses collaborateurs en dehors des heures de travail.

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De son côté, l'Ugict, la CGT des Ingénieurs, Cadres et Techs demande à ce que ce droit à la déconnexion soit reconnu par les autorités. Damien Ramage, conseiller communication du syndicat précise : « l'enjeu est de société. Mais la question que chacun doit se poser est à partir de quand la pression collective contribue à faire son travail moins bien ».

L'organisme a donc demandé aux pouvoirs publics de se saisir de la question, en particulier le ministère du Travail ainsi que le Conseil économique et social. Si l'idée n'est pas de rejeter les outils numériques en entreprise, l'Ugict demande à ce que chaque branche réfléchisse à prendre en compte non plus le temps exact de travail légal, mais le temps quotidien consacré au travail (incluant les temps de transports par exemple).

Afin de lutter contre certaines mauvaises pratiques, l'organisation va poursuivre ses travaux auprès des professionnels et rencontrer les entreprises pour dresser un nouveau bilan avant la fin de l'année.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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