Kickstarter : Debussy Prelude, le 1er casque audio 4G

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Le 08 décembre 2018
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Avec sa société Funky Sound Studio, Arnaud Perret a fondé la marque Debussy, qui fabrique le premier casque pouvant streamer de la musique en haute-fidélité, équipé d'un écran et de la 4G. Révolutionnaire et inédit.

À 32 ans, Arnaud Perret fait partie de ces jeunes français ambitieux dont l'exposition médiatique n'égale pas - encore - le talent et les idées. Le Haut-Savoyard commercialisera en fin d'année 2019 le tout premier casque audio capable de streamer de la musique en très haute qualité, en live et en 4G. Équipé de micros et d'un écran, l'appareil pourra parfaitement se substituer à votre smartphone ou à votre montre connectée, puisqu'il est tout à fait capable d'assurer une fonction téléphonique.

Accompagné d'ambassadeurs de renom et de l'un des anges gardiens des Daft Punk, Antoine Chabert, Arnaud Perret s'apprête à révolutionner le marché des casques audio, un peu plus d'un an après avoir reçu les louages de Stevie Wonder en personne à Las Vegas. Et en plus, le tout est Made in France. Clubic a tenu à en savoir plus sur le destin de ce jeune startuper bien entouré.

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© Debussy



Débutons cette interview en parlant de Funky Sound Studio. Vous êtes passé par la plateforme participative KickStarter via laquelle vous levez des fonds. Et vous avez atteint votre objectif de 44 000 euros récoltés en à peine une heure. À l'heure où nous nous parlons, vous avez recueilli plus de 135 000 €. Comment vous expliquez un tel engouement ?

Arnaud Perret : On a réuni une communauté depuis la création de la société. On s'était fait connaître au dernier CES de Las Vegas grâce à Stevie Wonder, et à partir de là, beaucoup de gens nous ont suivis. On propose le premier casque qui peut streamer de la musique en haute-fidélité, ce qui représente un grand pas en avant dans le monde des casques audio, et c'est ce qui a créé cet engouement.

Le fait que votre entreprise soit française a sans doute aussi joué...

Tout à fait, oui. C'est un produit made in France, issu du manufacturing français qui sera assemblé à Mondeville, près de Caen. La plupart des pièces viennent des industries de mes investisseurs ou de ma famille en Haute-Savoie. Nous avons des groupes sous-traitants de Rolex ou de grandes marques automobiles. Du coup, nous sommes des producteurs de pièces de haute qualité depuis quatre générations. Par exemple, on a racheté une machine à Rolex qui usinait les cadrans de leurs montres pour usiner les coques de nos casques en aluminium. Dans les produits, d'ailleurs, il n'y a pas de plastique, tout est en aluminium ou en cuir, c'est-à-dire avec des matériaux nobles.


Elle est récente cette machine rachetée à Rolex ?

Toute récente ! Elle vaut 1,3 million d'euros, il n'y en a que cinq en France, c'est une machine dernier cri.

Quand vous avez été face à Stevie Wonder à Las Vegas, qu'est-ce que vous vous êtes dit ? « C'est la chance de ma vie » ? « Quand faut y aller, faut y aller » ? Est-ce que vous aviez prévu de le rencontrer ?

C'est un pur hasard. J'étais sur mon stand, j'ai senti de l'agitation dans le salon, il y a des gens qui ont commencé à dire qu'il y avait un guest sur place, on n'en savait pas plus. Puis on l'a vu arriver avec ses gardes du corps, et là je me suis dit « faut absolument qu'il l'essaye ». Du coup, j'ai abordé ses gardes du corps, ils l'ont laissé venir, il a essayé le casque, et ce que je me disais, c'est « pourvu qu'il aime le son ». Et là, il me dit qu'il trouve le son bon.... C'était une très forte émotion dans le sens où ce n'était pas prévu. Le hasard a fait que mon projet n'est pas passé inaperçu, et ça m'a donné un peu d'espoir car au début, tout est très difficile, ça m'a aidé au bon moment. Je lui enverrai quoi qu'il arrive un des casques quand ils seront produits.

« Un mécanisme de double chambre est prévu, derrière l'écran, pour que les ondes n'atteignent pas le cerveau »


Votre casque possède un écran tactile numérique autonome. C'est une belle réussite technologique, qui plus est, connecté 4G / LTE. On imagine que le travail en amont a été énorme ?

Oui, et le produit est encore en cours de conception et de développement. C'est un énorme projet qui implique la coordination d'expertises variées. Notre but, c'est que notre produit ne soit pas nocif pour les gens et que la 4G ne pose aucun problème. On va tout faire pour répondre aux normes en vigueur, on va également procéder à des tests poussés pour s'assurer qu'il n'y a aucun danger. Puis un mécanisme de double chambre est prévu, derrière l'écran, pour que les ondes n'atteignent pas le cerveau. On pense aussi à la solution d'un patch anti-ondes proposé par la compagnie Fazup (une société suisse, ndlr) et à s'entourer d'experts dans le domaine avant de réellement s'assurer qu'il ne soit pas nocif.

Quand est-ce que vous allez commercialiser vos premiers casques ?

Ils arriveront sur le marché entre novembre et Noël 2019.

Donc deux ans après le lancement du projet... Et avant ça, vous aviez des projets à l'esprit ?

Oui, c'est ça. Après, personnellement, ça fait déjà plus de trois ans que je suis dessus à temps plein. Sinon, dans le passé, j'ai participé à de gros projets avec Hexo+ et iBubble Camera, et puis je suis un passionné donc je bosse nuit et jour, corps et âme. Ça fait 8 ans que je prépare mon coup, si on peut dire... 8 années durant lesquelles j'ai acquis la méthodologie lean startup à Grenoble. En amont, j'avais acquis des compétences de hacking, d'achat de trafic et de monétisation dans le dating. J'ai voulu fusionner tout ça, avec la partie industrielle de ma famille, et ça a donné le projet que nous avons là, avec un casque.


« Nous avons fait appel à Antoine Chabert, l'ingénieur son des Daft Punk, qui a remporté 3 Grammy Awards »


Ce casque possède donc son propre écran et sera utilisable via les plates-formes musicales de streaming...

Le casque possède son propre écran, avec un app store qui va permettre de mettre des applications sur le casque et d'engendrer des modèles économiques autres que celui de la vente du produit. Il y aura directement Spotify, Qobuz, Tidal dans le casque. J'insiste bien aussi sur Qobuz puisqu'il s'agit d'un acteur français.

Il faut savoir que grâce à Qobuz et Tidal (la plateforme de Jay Z), on va pouvoir écouter du stream live en haute qualité. Et ça, ça ne se fait pas actuellement. Le casque est à commande vocale. Sur l'écran, juste en passant sa main, on peut changer de musique, monter ou baisser le son. Nous avons aussi fait appel à Antoine Chabert, l'ingénieur son des Daft Punk qui a remporté 3 Grammy Awards sur le mastering de l'album Random Access Memory (en 2014, ndlr). Antoine, son rôle, c'est de masteriser les albums de toutes les stars, avant qu'ils soient hébergés sur les plates-formes de streaming. Donc pour le haut de gamme que nous souhaitions, qui de mieux que lui pour faire nos réglages ?

On a ainsi développé une technologie, Debussy Adaptative, qui est une IA insérée dans le casque qui va capter en temps réel la métadonnée de la chanson que vous êtes en train d'écouter, et qui va ajuster l'acoustique en fonction du style de musique que vous êtes en train d'écouter. C'est du jamais vu à ce niveau-là.

Dites-nous en plus Arnaud sur l'utilité de l'écran sur le casque...

Naturellement, les gens ne peuvent pas toujours bien percevoir l'utilité d'un écran sur un casque quand on leur explique. Mais en réalité, si vous n'avez pas de smartphone ni de montre, vous ne pouvez pas vous connecter à Tidal ou Spotify. Donc il faut qu'il y ait un écran, comme ça l'écran peut être autonome. Si vous partez courir avec le casque sur la tête, c'est mieux de le faire sans téléphone... Ce n'est pas un gadget, c'est un outil très haut de gamme.

J'ai un ami tétraplégique. Avec le casque et grâce à la commande vocale, il pourrait passer des coups de fil très simplement, tout comme il pourrait contrôler ses volets grâce à des applications en collaboration avec Somfy. Ce casque peut, à terme, résoudre beaucoup de problèmes et créer de nombreux nouveaux usages.

Il peut aussi faire traducteur en temps réel, puisqu'on a inséré dans le casque des micros de haute qualité qui captent les sons binauraux. Par exemple, si vous êtes dans la rue et que vous croisez un artiste, vous pouvez enregistrer l'artiste de rue en binaural. Et ses micros servent aussi à téléphoner en haute-qualité, aidé par sa puce 4G.

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Les casques Prélude, de © Debussy

Il existe donc trois modèles différents c'est bien ça ?

Il y a la gamme Prélude composée du Prélude et du prélude Mini, le premier est un circum-aural tandis que le second est un supra-aural. Ensuite, vous avez la gamme Clair de Lune, avec le Clair de Lune et Clair de Lune Mini. Et ensuite vous avez la gamme Nathaniel, avec laquelle on monte encore en grade.

« Entre 650 et 1 000 euros pour la gamme Prélude »


Qu'avez-vous décidé sur les prix ?

Entre 650 et 1 000 euros pour la gamme Prélude.

Vous vous êtes entouré d'ambassadeurs sur les réseaux sociaux, parmi lesquels Kavinsky, Justice, Cut Killer, Julian Perretta ou Brahim Zaibat. C'est du gagnant-gagnant en somme ?

Tout à fait, ça leur permet de se mettre en avant, et nous aussi. Je suis très content de les avoir et je les remercie tous. Les artistes, pour moi, sont les premiers bénéficiaires de ce que j'ai créé, car il s'agit finalement d'un casque qui va leur permettre de diffuser leur musique en live, qu'ils soient à Los Angeles ou à New York, via l'application Debussy Live. Pouvoir écouter, en live, son artiste préféré se trouvant à l'autre bout du monde et surtout en haute qualité, ça va générer un nouveau modèle économique, qui va les rendre encore moins dépendant des maisons de disques avec lesquelles ils travaillent.

Grâce à leurs fans, sur leur communauté Facebook, ils pourront lancer des notifications disant « Tiens, je fais un show » à tel moment, si vous payez trois euros vous avez le live tranquillement chez vous, dans votre salon, par exemple.

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Julian Perretta sur Times Square avec son casque Debussy - Instagram @debussyaudio

Sur l'application Debussy Live, comment fait-on marcher le casque ? Est-ce qu'on aura un bouton d'allumage ? Est-ce que tout sera tactile ?

En fait, vous avez une mémoire interne. Donc si vous voulez, vous pouvez vous passer de la 4G, ne pas utiliser une plateforme de streaming, et vous pouvez stocker votre musique en qualité flac dans le casque. Quand on lance le casque, on se connecte à Tidal ou Qobuz ou une autre plate-forme de streaming (Deezer, Apple Music etc.), ensuite, vous mettez votre casque sur la tête, ou vous le commandez via la commande vocale justement. Vous pouvez lui dire « Mets moi ''8 Mile'' d'Eminen », et le casque va lancer le titre. On peut aussi lui demander de lancer telle ou telle playlist.

La mémoire interne sera de quelle capacité ?

Tout dépend des modèles. Sur le Prélude Mini, elle sera de 16 Go, de 32 Go sur le Prélude, et de 64 Go sur le modèle Lune.

« Avec les opérateurs ? On a déjà commencé à discuter »


Comment avez-vous pu appréhender la 4G sur le casque ? Est-ce que vous avez déjà commencé à discuter avec des opérateurs ?

Oui, on a déjà commencé à discuter. Notre but, c'est que le casque soit ajouté à un abonnement téléphonique pour pas que les gens aient à reprendre un deuxième abonnement. Pour des gens qui ont un abonnement Free en illimité par exemple, vous pourrez streamer en illimité. Ensuite, on ciblera les opérateurs en fonction des zones géographiques. On va essayer de partir avec un gros opérateur par continent, pour ensuite élargir un maximum. Il faut en tout qu'il y ait une collaboration entre les opérateurs, les plates-formes de streaming et notre produit.

Vous ciblez quels marchés principaux ?

Mes priorités, ce sont les États-Unis et l'Europe. La Chine, ce sera dans un second temps. Et je cible aussi le Moyen-Orient pour le modèle Nathaniel, qui sera notre modèle très haut de gamme en référence à Nathaniel Baldwin, qui avait créé les prémices du casque moderne. Et Debussy, c'est évidemment en référence à Claude Debussy, le compositeur qui est né dans la dernière partie du règne de Napoléon 3. D'ailleurs, notre logo, l'abeille royale, c'est celle de Napoléon 3 qu'on a retravaillée. Sur les modèles Nathaniel, il y a du velours de soie napoléonien rouge ou bleu avec des coutures en fil de lin, puisque Napoléon 3 avait relancé l'industrie textile dans le Nord avec les usines de lin. Il y a plein de petits clins d'œil à cette époque du Second Empire. Pour les modèles Prélude et Prélude Mini, à terme, parce qu'il y a Justice et Kavinsky qui ont rejoint la marque, on pense à faire des modèles vraiment exclusifs.

Vous êtes combien à bosser là-dessus au quotidien ?

Actuellement, nous sommes 12 dans l'entreprise. Nous sommes en plein recrutement parce qu'on s'installe à Paris à partir du 1er février. Sur le projet, nous sommes à peu près 250. Le projet était tellement gros... on passe aussi par des prestataires. D'ailleurs, il y a peu de temps, on a publié une vidéo de transformation de l'abeille bionique qui est vraiment très poussée techniquement et qui est à la hauteur de nos ambitions, n'hésitez pas à la regarder.



Qu'allez-vous faire en 2019 jusqu'à la sortie officielle de vos produits ?

Pour le moment, je me concentre sur l'industrialisation des trois gammes, je vais relever des fonds pour pouvoir me déployer, et je vais préparer mon process de distribution.

Combien d'argent vous souhaitez lever ?

Entre 25 et 100 millions de dollars.

« C'est un réel projet de pointe »


On peut parler d'une vraie belle histoire avec Funky Sound Studio et Debussy...

C'est un réel projet de pointe, il y a de la technologie, de l'intelligence artificielle, du logiciel audio à haut niveau, du hardware et du software à haut niveau. On fait un vrai bon marketing, des vidéos dingues.

On va terminer avec un peu de prospective... Est-ce qu'en dehors des casques, vous aimeriez produire autre chose à l'avenir ?

Avec FSS et Debussy, oui, une gamme d'enceintes par exemple. Je pense aussi aux voitures au niveau audio, car il y a un travail à faire au niveau du vitrage. Sur un plan davantage personnel, si je devais lancer un prochain projet plus gros, ce serait une voiture haut de gamme électrique, avec une haute technologie, en quantité limitée. Vu que ma famille et les autres familles autour de moi sont des sous-traitants de marques automobiles, je pense que j'en serai capable.

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Arnaud Perret, CEO et fondateur des casques Debussy

Modifié le 09/12/2018 à 09h25

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