Demain, vos objets pourront stocker leurs données... ou les vôtres, à la manière de l'ADN

15 décembre 2019 à 12h00
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ADN

Des scientifiques ont mis au point un procédé qui permet de stocker des données dans n'importe quel objet. Pour cela, ils utilisent de l'ADN de synthèse, capable de transporter d'énormes quantités d'informations sur un tout petit volume. Cette découverte ouvre la voie à de nombreuses applications, notamment dans les secteurs de l'industrie ou de la médecine.

La découverte a été réalisée par des chercheurs de l'École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse) et de l'Université de Columbia (États-Unis). Plus exactement, il s'agit du mariage de deux innovations précédemment élaborées.

La mémoire de l'ADN de synthèse

La première est l'œuvre de Robert Grass, chercheur en chimie et en biosciences appliquées. Celui-ci a mis au point un système de « code-barres », intégré dans de l'ADN de synthèse, lui-même pouvant être contenu dans de minuscules billes de verre. La technologie peut ainsi être utilisée à des fins de traçabilité, par exemple dans des produits alimentaires haut de gamme.

La seconde consiste en une méthode, créée par l'informaticien Yaniv Erlich, offrant théoriquement la possibilité d'entreposer jusqu'à 215 000 To de données dans un seul gramme d'ADN de synthèse. Les deux scientifiques ont donc joint leurs efforts, pour donner naissance à une nouvelle forme de stockage, qu'ils ont baptisée « l'ADN des objets », en référence à l'Internet des objets (IoT).

Le stockage de données sous toutes ses formes

Les chercheurs ont testé leur invention sur l'impression 3D d'un lapin en plastique. Un des avantages de l'ADN de synthèse réside dans sa capacité à prendre de nombreuses formes : ils ont donc pu l'insérer directement dans le matériau servant à la manufacture additive. De cette façon, le lapin imprimé contenait une centaine de kilo octets de données, comprenant les instructions de production de l'objet.

De plus, une propriété remarquable de l'innovation consiste en sa reproductibilité. En effet, les scientifiques ont réussi à prélever un échantillon du lapin, à extraire l'ADN intégré dans le plastique et ainsi à récupérer les consignes d'impression, de sorte à fabriquer un nouvel objet identique. Ils sont même parvenus à reproduire le procédé cinq fois, sans perte de données.

La technologie pourrait ainsi servir à dissimuler des informations au sein d'un objet : les chercheurs ont stocké une vidéo de 1,4 Mo dans des verres de lunettes ordinaires. Néanmoins les applications iraient bien au-delà. Par exemple, la peinture utilisée dans un bâtiment pourrait embarquer les plans d'origine de la construction, ou encore un dispositif médical personnalisé pourrait contenir les informations relatives à la santé d'un patient...

Il faudra, pour cela, franchir quelques barrières, dont celle du coût : l'expérience réalisée par les scientifiques nécessiterait, à elle seule, 2 000 francs suisses (environ 1 830 euros).

Source : ScienceDaily
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