Facebook : le fact-checking contre les fausses infos ?

16 décembre 2016 à 10h43
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Accusé d'avoir notamment influencé la campagne présidentielle américaine à cause des fausses informations partagées sur le réseau social, Facebook a annoncé prendre des mesures : une nouvelle fonctionnalité va mettre en garde les utilisateurs lors du partage d'informations douteuses.

Pas question pour Facebook de jouer les censeurs et d'interdire des articles de circuler sur le réseau social, au risque de voir des pertes de revenus et une explosion de critiques. Mais il va faire appel à des sites pour vérifier les informations d'un article signalé par les utilisateurs.

Un fact-checking en trois temps basé sur la vigilance des internautes

La fonctionnalité, révélée par Adam Mosseri, vice-président du News Feed de Facebook, va fonctionner en trois temps. Elle est actuellement en test auprès d'un groupe limité de personnes, avant d'être déployée pour l'ensemble des utilisateurs.

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Premier temps : le signalement. Facebook va permettre aux utilisateurs de signaler une information comme « indésirable » ou « ennuyeux », ce qui la mettra dans les radars du groupe. Mais Facebook annonce également qu'il va prendre en compte d'autres « signaux » non mieux définis.
Deuxième temps : la vérification indépendante. Lorsqu'une information est considérée par Facebook comme pouvant être fausse, elle va la transmettre à des sites indépendants qui la vérifieront sur la base du fact-checking. Facebook devrait se baser sur la liste de 43 sites (aucun français) de l'institut Poynter.
Troisième temps : confirmation ou infirmation. Une fois le travail de vérification effectué par le site indépendant, Facebook saura si l'information est vraie ou fausse. Dans ce dernier cas, le réseau social prendra des mesures.

Une technique qui pourrait avoir l'effet contraire

Si une information est identifiée comme fausse, Facebook lui appliquera un bandeau d'alerte, notamment un triangle rouge avec un point d'exclamation. La mention « contesté par des vérificateurs indépendants » sera également ajoutée et un message d'alerte apparaîtra pour l'utilisateur qui veut partager l'article.

Facebook interdira également les sites de faire de la publicité pour cette information mais n'interdira pas le partage de l'information, ce qui pourrait laisser un doute sur l'efficacité de la méthode : les personnes susceptibles de croire les fausses informations vont-elles faire confiance à Facebook pour leur dire si une information est vraie ou fausse ?

Les complotistes estimeront que Facebook est de mèche avec le pouvoir, ce qui pourrait avoir l'effet inverse de celui escompté : si Facebook signale qu'une information est fausse, c'est qu'elle doit être vraie et que le pouvoir veut censurer la vérité (et ce même si l'information a été vérifiée par un institut indépendant car il est, bien évidemment, également de mèche)...


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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