Un "soleil artificiel" chinois 6 fois plus chaud que le vrai Soleil

le 18 novembre 2018
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EAST réacteur nucléaire Chine
© Hefei Institutes of Physical Science, Chinese Academy of Sciences

Des scientifiques chinois ont réussi à augmenter la température du cœur d'un réacteur à fusion nucléaire, jusqu'à atteindre la température de 100 millions de degrés Celsius. C'est plus de six fois celle du cœur du Soleil ! Un record qui permet d'envisager de nouvelles perspectives dans la production d'énergie propre.

L'Experimental Advanced Superconducting Tokamak (EAST) est un mini-réacteur de onze mètres de haut et 400 tonnes, conçu en 2006 par le Hefei Institutes of Physical Science, Chinese Academy of Sciences. Surnommé « soleil artificiel », il a récemment atteint une température qui ferait passer le vrai Soleil pour une soupe tiède.

Le réacteur qui valait 100 millions de degrés


L'EAST est le siège d'expérimentations liées à la fusion nucléaire. Le principe de ce processus est de faire s'assembler deux noyaux (en l'occurrence d'hydrogène) pour créer un noyau plus lourd, produisant au passage une grande quantité d'énergie. C'est de cette façon que fonctionne le Soleil pour émettre sa lumière et sa chaleur. Mais si notre étoile peut se permettre de réaliser cette opération à « seulement » 15 millions de degrés Celsius, on estime que pour reproduire la fusion nucléaire sur Terre, il faut atteindre environ 100 millions de degrés. C'est le niveau qu'a réussi à atteindre l'EAST.

Pour cela, les scientifiques chinois ont réussi à chauffer du plasma en l'introduisant dans une cuve de métal. Une méthode déjà connue mais qui présente de nombreux défis, à commencer par la difficulté à contrôler le mouvement du plasma. Les chercheurs y sont parvenus en exploitant les champs magnétiques produits par le nuage de particules, tout en augmentant sensiblement la température du dispositif, jusqu'à atteindre le seuil espéré.

Une nouvelle source d'énergie


À quoi bon atteindre de telles températures ? L'objectif est limpide : produire de l'énergie propre. En effet, contrairement à la fission nucléaire (décomposition de grands atomes en éléments plus petits), qui crée des déchets radioactifs, la fusion à hydrogène rejette essentiellement de l'hélium. Maîtriser ce processus permettrait donc d'avoir accès à une source d'énergie colossale et écologique.

Mais le chemin est encore long et il reste quelques obstacles à surmonter, comme l'approvisionnement du réacteur. On pourrait croire que n'importe quel hydrogène ferait l'affaire, mais en réalité, le dispositif requiert un isotope particulier : le tritium. Et il n'est pas présent en abondance sur Terre.

Le résultat obtenu constitue tout de même un nouveau pas vers la production d'énergie propre, qui en appelle d'autres. Après tout, le Soleil ne s'est pas fait en un jour.

Source : ScienceAlert
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