Test The Pearl Akoya : la perle des enceintes connectées ?

Johan Gautreau
Expert objets connectés
12 mars 2020 à 17h10
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Fin 2018 la marque bretonne Cabasse dévoilait une magnifique enceinte multiroom avec sa Pearl. Un an après, la succession arrive avec The Pearl Akoya. La promesse ? Un design plus compact, un prix plus attractif et surtout un son toujours aussi maîtrise. Clubic a eu l'occasion de tester ce petit bijou de la Hifi durant plusieurs jours. Voici venu le moment de livrer notre verdict.

Difficile de ne pas voir un pied de nez à Devialet et sa Phantom Reactor 900. Cabasse talonne son principal concurrent français en miniaturisant à son tour l'une de ses meilleures enceintes.

Dotée d'un haut-parleur tri-coaxial breveté par la marque bretonne, la Pearl Akoya reprend les grandes lignes de son aînée en visant un plus large public. Avec un prix officiel de 1409€, la belle vise clairement la Reactor 900 qui nage dans les mêmes eaux.

Mais entre les belles promesses sur le papier et la réalité, il y a souvent un gros fossé, voire un gouffre... Il est donc temps pour nous de vérifier dans les faits la qualité de cette enceinte connectée Pearl Akoya.

Un design compact et séduisant

Prenez une enceinte Pearl, réduisez-là et vous obtenez la Pearl Akoya. Nommée d'après le bijou qui orne bon nombre de colliers de femmes, cette superbe enceinte surprend par son format très compact. Ses dimensions sont à peine plus grandes que celles de l'Echo Studio, soit 220 x 220 x 220 mm pour un poids de 6 kg.

Pearl Akoya - Design

La coque est conçue en fibre composite. Elle est recouverte de plusieurs couches de laque afin de donner un aspect satiné à l'ensemble. Un dissipateur en aluminium placé au centre de la coque vient casser les courbes de cette jolie perle, préservant malgré tout son élégante rondeur.

A l'avant, on trouve une grille ornée du logo Cabasse. Celle-ci est aimantée et peut se retirer facilement pour assurer l'entretien de l'enceinte.

Pearl Akoya - Grille protection

L'arrière laisse entrevoir une large aération pour le haut-parleur tri-coaxial. Un anneau en plastique chromé ceinture le tout. Il semble néanmoins très fragile, c'est le petit point noir de la partie design...

Pearl Akoya - Event arrière

Histoire de faire les choses en grand, Cabasse fournit aussi une sacoche de transport adaptée aux formes rondes de son enceinte. Fermée par un zip et un bouton pression, elle renferme même une seconde sacoche pour transporter le câble d'alimentation ainsi que les adaptateurs USB et RCA fournis. On sent ici toute l'attention portée à la qualité du matériel et des accessoires.

Pearl Akoya - Sacoche

La Pearl Akoya siègera donc dans n'importe quelle pièce de votre maison grâce à sa taille réduite. Vous pourrez même l'emporter sans trop de difficultés chez des proches pour une fête improvisée. Disponible en noir métallisé ou blanc satiné, cette enceinte élégante devrait séduire un large public, en particulier les personnes rebutées par le look “alien” de la Phantom Reactor 900.

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Une connectique pour tous les usages

Malgré son rétrécissement, la Pearl Akoya présente une connectique très complète. L'arrière de l'enceinte accueille ainsi les connecteurs suivants : port d'alimentation secteur, bouton d'alimentation, prise Ethernet RJ45, entrée optique SPDIF, entrée analogue RCA, port micro-USB. On trouve aussi un bouton destiné à l'appairage avec l'application ou une source Bluetooth externe.

Pour la connectivité sans-fil, Cabasse opte pour du Wi-Fi 802.11 a/b/g/n/ac et du Bluetooth 4.2. L'enceinte bretonne est compatible avec la plupart des services de streaming audio comme Spotify, Deezer, Napster, mais aussi Qobuz et Tidal. Vous pouvez donc profiter pleinement des abonnements hifi proposés par ces deux dernières plateformes. Les amateurs de radio ne sont pas oubliés avec une large sélection de webradios accessibles via l'application StreamCONTROL.

Pearl Akoya - Connectique

Si vous préférez stocker vos musiques en local, aucun problème non plus : la Pearl Akoya gère le protocole DLNA. Cabasse semble toutefois délaisser AirPlay. Quant au Bluetooth, il ne gère pas les codecs AptX HD ou LDAC. Rien de vraiment étonnant à cela sur une enceinte de cet acabit, ces codecs ne rendent pas vraiment honneur aux morceaux les plus qualitatifs. Au besoin, une simple clé USB fera l'affaire, un adaptateur étant inclus dans la boite.

Tout comme sur la première Pearl, une télécommande Bluetooth sert à contrôler la musique. Celle-ci regroupe les boutons play/pause, morceau suivant et précédent ainsi qu'un bouton de sélection de la source audio. Le volume se gère avec une couronne rotative. Tout comme l'enceinte, cette télécommande profite d'un revêtement anti-dérapant sur sa partie inférieure. Aussi pratique soit-elle, cette commande ne fait pas oublier le fait qu'il manque des boutons sur l'enceinte. Si vous venez à la casser ou l'égarer, vous en serez quittes pour utiliser le smartphone pour contrôler la lecture.

Pearl Akoya - Télécommande

Si jamais vous en avez l'envie - et surtout le budget - sachez qu'il est possible d'appairer deux Pearl Akoya pour obtenir un son stéréo. Dans ce cas, une seule télécommande est nécessaire. Et si vous possédez d'autres enceintes Cabasse chez vous, quelques secondes suffisent pour créer un ensemble multirom.

Une application un tantinet austère, mais complète

En 2014, Cabasse est racheté par AwoX, une entreprise française spécialisée dans les objets connectés. Une influence qui se fait sentir au travers de l'application StreamCONTROL. Indispensable pour configurer l'enceinte, celle-ci fait aussi office de centre de contrôle au quotidien.

La première installation se fait “à l'ancienne”. Nous avons opté pour un usage en Wi-Fi. Il faut dès lors appuyer sur le bouton d'appairage, se connecter au hotspot créé par l'enceinte pour lui communiquer le réseau à utiliser. On a vu plus moderne, mais ça fonctionne bien. Au final, comptez moins de cinq minutes pour la première configuration.

Pearl Akoya - Config 1
Pearl Akoya - Config 2

Une fois fait, il faudra connecter vos comptes de streaming si vous en utilisez. Un menu latéral regroupe toutes les options de la Pearl Akoya. Pour ce test, nous avons connecté un compte Tidal Hifi. L'interface dédiée est beaucoup moins agréable que celle de l'application originale, mais reste exploitable pour peu qu'on ait la patience de l'appréhender. La bonne nouvelle, c'est que vous pouvez non seulement retrouver vos mix et favoris, mais aussi ajouter de nouveaux morceaux à votre compte Tidal directement depuis l'application Cabasse.

Pearl Akoya - Lecture Tidal

La gestion des favoris est d'ailleurs assez poussée, puisque vous pouvez enregistrer jusqu'à cinq présélections pour chaque enceinte. Libre à vous de mixer les sources, vous aurez un accès rapide à vos albums et playlists préférés en quelques secondes. Le basculement entre chaque enceinte se fait via un menu dédié en haut de l'interface. C'est ici aussi que vous pourrez définir le fonctionnement stéréo ou multirom de vos appareils.

Pearl Akoya - Gestion stéréo

Au niveau des réglages, ça reste assez basique. Vous pouvez définir la qualité audio, lancer une calibration automatique ou régler la latence pour un usage sur une TV par exemple. On regrettera vivement l'absence d'égaliseur. Pour compenser, Cabasse intègre une réglette de paramétrage du spectre audio. En gros, vous avez le choix entre cinq réglages de tonalité allant de très bas à très haut.

Pearl Akoya - Tonalité

Voyons maintenant le contrôle vocal. Nous n'allons pas y aller par quatre chemins : il est carrément raté. L'enceinte n'intègre pas d'assistant vocal par défaut. Il faut donc utiliser le smartphone ou une enceinte connectée de style Google Home pour gérer les musiques à la voix. En lançant la commande “OK Google, parler avec Cabasse” vous établissez la liaison avec la Pearl Akoya. Sauf qu'une fois le lien créé, les ordres restent inefficaces : Google se borne à répéter qu'il ne comprend pas les instructions. Il semble au final que seuls Deezer et Spotify soient fonctionnels avec ce contrôle vocal. Mais son utilisation est tellement contre-intuitive qu'on oubliera vite qu'il existe...

Pearl Akoya - Contrôle vocal

En dehors de la gestion vocale catastrophique, l'application StreamCONTROL de Cabasse se révèle plutôt complète. Elle est cependant assez austère et pas toujours très intuitive. Dans tous les cas, elle surpasse largement ce que nous avions vu chez Devialet avec la Phantom Reactor 900. Heureusement que la qualité audio de la Pearl Akoya rattrape largement les petits défauts constatés jusqu'ici !

Une puissance et un son exceptionnels !

Si la partie applicative se montre assez mitigée, la qualité audio de l'enceinte connectée bretonne fait vite oublier le reste. Il faut dire qu'elle embarque un équipement d'excellente qualité, à commencer par un DAC Asahi Kasei AK4490. Cette puce se retrouve dans nombre de DAC sédentaires et DAP réputés parmi les meilleurs du marché. Elle permet de gérer les fichiers PCM jusqu'en 24 bits/192 kHz.

MP3, FLAC, WAC, ALAC, WMA, AIFF : aucun format audio ne lui résiste. Ou presque. En effet, nous n'avons pas réussi à lui faire lire de musiques en DSD. Ce n'est pas vraiment grave, ce format n'étant pas le plus répandu actuellement. Malgré tout, nous attendions une prise en charge plus complète de la part d'une enceinte hifi à ce prix...

Mais passons sur ce détail loin d'être rédhibitoire pour nous concentrer sur les qualités sonores de la Pearl Akoya. Car la petite en a dans le ventre. Malgré son format très compact, elle est capable de produire une puissance sonore en crête de 115 dB. Inutile de préciser que vous pourrez sonoriser n'importe quelle pièce de la maison sans problème.

La belle embarque en son sein la technologie tri-coaxiale propre à Cabasse. Trois haut-parleurs opèrent en synergie pour produire un son digne d'un orchestre symphonique. Le woofer de 17 cm accompagne ainsi le tweeter et le medium coaxiaux de 13 cm.

Pearl Akoya - Vue coupe

Chacun est alimenté séparément : 300W pour le tweeter, 300W pour le medium et 450W pour le woofer. On obtient au total une puissance de 1050W RMS, avec une montée en crête à 2100W. C'est assez bluffant compte tenu de la taille de l'ensemble.

La qualité sonore s'en ressent : les basses sont puissantes, mais restent parfaitement maîtrisées. Elles ne descendent pas trop profond et évitent ainsi le piège de vibrations désagréables. Même à fort volume, la tenue en puissance est exemplaire. Vous aurez mal aux tympans avant de pouvoir vraiment ressentir une réelle distorsion.

De leur côté les mediums sont aussi très bien rendus. Les voix bénéficient d'une reproduction très naturelle. On déplorera juste un petit retrait par rapport aux basses, mais rien de dramatique. On reste loin des signatures en V abusives des enceintes entrée de gamme.

Pearl Akoya - Vue ensemble

Quant aux aigus, ils sont eux aussi de très belle qualité. Nous n'avons pas noté de sibilance même sur les morceaux les plus exigeants. L'écoute de musique classique est un vrai plaisir avec la Pearl Akoya. Il vous faudra juste prendre le temps de bien calibrer l'engin pour bénéficier de la meilleure acoustique possible. Évitez ensuite de bouger l'enceinte sous peine d'obtenir des résultats mitigés.

Pearl Akoya - Calibration

Pour ce test, nous avons eu la chance de profiter d'une paire d'enceinte que nous avons configurée en stéréo. La gestion stéréo et multirom depuis l'application Cabasse est d'ailleurs exemplaire de par sa simplicité.

Le son produit en stéréo est aussi à la hauteur du reste. La scène sonore se révèle très large et profonde à la fois. Chaque instrument est parfaitement placé et reconnaissable parmi les autres. Nos oreilles ont ainsi pu profiter de beaux moments d'émotions, en particulier sur les classiques de Beethoven. Du pur bonheur audio !

La Pearl Akoya est-elle donc totalement parfaite ? Non, malheureusement. Nous avons constaté l'apparition d'un souffle parfois audible après une écoute prolongée. Le phénomène semble se produire lors de l'usage sur Tidal, ce qui laisse supposer que le problème pourrait provenir de notre connexion Wi-Fi ou de la plateforme de streaming elle-même...

Cabasse The Pearl Akoya : le verdict de Clubic

Sans maitrise, la puissance n'est rien. Ça tombe bien, Cabasse maîtrise à la perfection la grosse puissance délivrée par son enceinte connectée. La Pearl Akoya porte parfaitement son nom : c'est une vraie petite perle dans le monde de l'audio Hifi.

Avec plus de 1000W dans un format très contenu, la dernière production du breton Cabasse est un vrai bonheur pour les oreilles. L'application dédiée, bien qu'un peu austère et pas toujours intuitive, permet de contrôler dans son intégralité la Pearl Akoya. Que vous passiez par votre NAS personnel ou un service de streaming hifi, vous aurez de quoi faire palpiter vos tympans avec vos morceaux préférés.

On regrettera néanmoins le contrôle vocal quasiment inopérant à l'heure de notre test. Une fioriture qu'on oubliera bien vite pour passer par la télécommande Bluetooth dédiée ou le smartphone.

En dehors de ça, vous pouvez foncer les yeux fermés sur la Pearl Akoya. C'est une vraie réussite qui ne demande qu'à exprimer sa pleine puissance dans votre salon. Si votre budget le permet - 3000€ quand même - investissez carrément dans une paire pour profiter d'un son stéréo aux petits oignons. Le top du top !

The Pearl Akoya

9

Les plus

  • La Pearl, format réduit
  • Conception de qualité
  • Puissance impressionnante
  • Son de grande qualité
  • Compatible avec de nombreux services de streaming

Les moins

  • Contrôle vocal pas au point
  • Pas de codecs Bluetooth HD
  • Application austère et pas toujours intuitive
  • Arceau en plastique fragile

Design9

Connectique8

Qualité audio9

Application7


Acheter Cabasse The Pearl Akoya sur Son-Video
Modifié le 19/03/2020 à 16h11
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