La Chine vient de dévoiler le calendrier de sa conquête lunaire. De quoi relancer la course effrénée face à la NASA, et clairement donner des relents de guerre froide.

La fusée Long March 10B. ©DingYi1122 / Shutterstock
La fusée Long March 10B. ©DingYi1122 / Shutterstock

Ce 24 août, l’Empire du Milieu a annulé au dernier moment la mission robotique Chang’e 7, cruciale pour son programme lunaire, en raison d’une tempête tropicale. Son départ est désormais prévu pour 2027. Un vent d’air frais pour la NASA, son administrateur Jared Isaacman admettant lui-même que ce report avait grandement soulagé l’agence américaine. Un répit qui n’aura pas été de courte durée.

Plusieurs étapes avant la Lune

Car Wang Xiang, concepteur en chef du programme lunaire chinois, vient de présenter le calendrier le plus précis à ce jour. À commencer par 2027 avec un premier test sans équipage de la capsule Mengzhou, qui doit à terme transporter l’équipage de la Terre à l’orbite lunaire. Celle-ci ira s’arrimer à la station spatiale Tiangong en orbite basse.

Le premier étage de la fusée Long March 10A, version allégée de la future fusée lunaire qui propulsera le vaisseau, sera pour sa part attrapé en mer par un système de filet, une technique déjà réussie en juillet avec la Long March 10B, sa version cargo de la 10A. L’année suivante, viendra le tour de l’atterrisseur Lanyue, qui devra descendre jusqu’à la Lune puis en décoller.

Puis en 2029, place à la répétition générale. Deux fusées Long March 10 partiront simultanément, l’une avec Mengzhou, l’autre avec Lanyue, qui ne seront pas habitées. Elles devront s’arrimer en orbite lunaire et, si tout se passe comme prévu, la même manœuvre sera tentée avec des taïkonautes pour un alunissage habité avant 2030. Aucun vol habité autour de la Lune, comme celui d’Artemis II, n’est prévu à ce stade.

La NASA a un an d’avance, pour l’instant…

Et les préparatifs semblent avancer. Fin octobre, des vidéos ont montré un convoi de gros conteneurs à Wenchang, centre de lancement situé sur l’île de Hainan. Beaucoup estiment qu’il s’agit du matériel nécessaire à un vol d’essai.

Pour rappel, la NASA, elle, vise un alunissage habité en 2028. Mais elle s’appuie sur une fusée et une capsule éprouvée, le SLS et Orion, ce n’est pas le cas des atterrisseurs de Blue Origin et SpaceX. Les entreprises doivent mener un test fatidique l’année prochaine lors d’Artemis III, et l’agence a tout fait pour simplifier au maximum le programme.

Mais rien ne garantit qu’elle sera en mesure de tenir son calendrier, d’autant que deux fusées essentielles pour le mener à bien, New Glenn et Starship, ne sont actuellement pas au point. Quand la première est clouée au sol, la seconde n’est toujours pas opérationnelle.